Homélie de Mgr Denis Jachiet pour le matin de Pâques

Il peut arriver qu’un même évènement soit perçu de façon radicalement différente par deux personnes qui y ont pris part. Replaçons-nous en ce petit matin du premier jour de la semaine, le lendemain de la fête de la Pâques, la ville de Jérusalem est paisible, rien n’apparait différent des autres jours. Deux disciples reviennent du lieu où Jésus a été inhumé. L’un croit l’autre pas. Pierre est intrigué par ce qu’il a constaté, Jean croit à la résurrection de Jésus à partir de ce qu’il a vu. Pour Pierre rien ne semble changé, pour Jean tout est nouveau !

Regardons comment croire en la résurrection, rencontrer le Ressuscité et vivre de Lui.

1 – Entrer dans Foi vivante

C’est Marie-Madeleine qui aperçoit le premier signe de cette transformation : la lourde pierre qui fermait le tombeau où on avait placé le corps de Jésus a été roulée.

Pierre est entré le premier dans le tombeau. En entrant dans le tombeau maintenant ouvert, que voient les premiers témoins ? Seulement des linges posés, bien disposés même, mais sans le corps qu’ils enveloppaient. Pierre les voit avec les yeux de l’enquêteur, du membre d’une famille dont la tombe a été profanée. Sa question n’est pas de l’ordre de la foi mais de l’inquiétude d’un responsable devant un nouvel outrage infligé à Jésus. Il y en a eu tant depuis son arrestation… Il se demande qui a pu faire cela.

Mais pour l’autre disciple c’est différent. Il voit les linges avec les yeux du disciple en espérance de la réalisation des promesses et il comprend avec l’intelligence du cœur. Ce n’est pas seulement la porte du sépulcre qui a été ouverte mais la porte de la Vie. Le sépulcre n’a pas retenu Jésus captif dans la mort. Les verrous de la prison ont été brisés. Le tombeau de Jésus n’est plus le cachot de la mort ; il est devenu l’antichambre de la Vie. Jean le premier est entré dans l’antichambre de la Vie, dans le lieu du passage et de la résurrection. Comment est-il entré ? Il vit et il crut. Croire en Jésus ressuscité c’est entrer dans sa Vie de ressuscité !

2 – Rencontrer le Ressuscité

Le Christ ressuscité s’est ensuite rendu visible à ceux qui l’avaient accompagné. Il n’a pas été vu de tous. Il ne s’est pas exhibé. Il s’est fait reconnaitre de ceux qui avaient mis leur confiance en lui afin qu’ils deviennent ses témoins.

Aujourd’hui, on ne peut plus simplement croiser Jésus, l’observer par curiosité ou défiance comme il était possible au temps de sa vie publique. Mais nous pouvons faire la rencontre de sa personne vivante dans son Eglise par sa Parole et ses sacrements. Désormais le seul accès au Christ c’est la foi. Il tient à nous de choisir de croire en lui et de vivre en sa Présence.

3 – La vie chrétienne est une vie de ressuscité.

La lumière de Pâques illumine le cœur des chrétiens, à commencer par les adultes qui ont été baptisés de cette nuit pascale et les deux enfants qui le seront dans quelques instants.

Pour nous baptisés et croyants notre vie est tout autre. Avec Jésus ressuscité, nous sommes désormais, dit St Paul, « comme des vivants revenus de la mort ». En lui notre mort est derrière nous, puisqu’il nous ouvre la voie à la vie sans fin, dans notre âme et notre corps. Nous avons déjà vaincu la mort en Jésus, pourquoi nous tiendrait-elle dans la peur ?

Dès à présent, notre vie n’est plus limitée par la mort mais promise à l’éternité. « Vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut » nous dit l’Apôtre. Notre vie est avec Jésus vivant qui est vainqueur de la mort. Notre vie est ouverte sur l’éternité avec lui.

A nous de choisir d’entrer dans la foi au Ressuscité. Ne faisons pas des constats mais des actes de foi intérieurs qui nous mettront en présence du Christ vivant à nos côtés.

Devenons témoins du Christ ressuscité, transmettons la foi de notre Baptême, devenons à notre tour des signes du Ressuscité. Si les apparences de ce monde demeurent identiques, depuis la résurrection du Christ tout est profondément renouvelé : un horizon nouveau s’est ouvert à l’humanité entière ! Christ est ressuscité, Alléluia !

La fête de Pâques est la plus importante pour les chrétiens. Elle célèbre la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. Elle est la fête chrétienne la plus ancienne et la fête centrale de l’année liturgique.

La célébration de la fête de Pâques est l’occasion pour les chrétiens de renouveler leur profession de foi baptismale. C’est la raison pour laquelle les adultes demandant le baptême (les catéchumènes) sont baptisés dans leurs paroisses pendant la Vigile pascale. Le cierge pascal, symbole de la présence du Christ, est alors allumé et brillera du dimanche de Pâques à celui de la Pentecôte.

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. » (Luc 24)

Les évangiles font le récit des événements du dimanche matin qui a suivi la mort de Jésus, lorsque les disciples de Jésus (les apôtres et les saintes femmes) ont trouvé son tombeau vide. Ils racontent aussi que Jésus leur est apparu à de nombreuses reprises dans des circonstances diverses pendant 40 jours jusqu’à une dernière apparition, lorsqu’ils l’ont vu monter au Ciel.

Dimanche de Pâques – Rêver la fraternité universelle

À la dernière Assemblée Plénière des évêques à Lourdes en novembre 2021, les évêques ont choisi d’écouter la parole de personnes en situation de précarité en France, en réponse à l’Évangile et aux appels du pape François, de se mettre à l’écoute “tant de la clameur de la terre que de la clameur des pauvres”. Convaincus que l’écoute des personnes en précarité peut évangéliser chacun de nous, quatre vidéos ont été réalisées, une par jour du jeudi Saint au dimanche de Pâques.

Prédication du père Louis Groslambert pour le quatrième dimanche de Carême

Frères et sœurs, je me suis demandé si notre chant des alléluias n’était pas une manifestation d’inconscience voire une offense envers tant de personnes qui souffrent de faim, de violence, de devoir quitter leur pays… Mais nous ne voulons offenser personne ; nous voulons dire la Belle et Bonne Nouvelle selon laquelle la mort n’a plus le dernier mot ; la violence a été vaincue par le Christ plein de douceur, la vengeance a été vaincue par le Christ qui prie pour ses bourreaux, l’injustice a été vaincue par le Christ qui ne fait pas de distinction entre les personnes, la condamnation des fautifs a été vaincue par la miséricorde du juge… Nous chantons alléluia, parce que nous voudrions que tous sachent qu’avec Jésus qui donne sa vie, l’horizon n’est plus bouché par le mal que font les hommes. En chantant alléluia, nous voudrions que tous les hommes sachent que Dieu – amour ouvre un passage dans la mort, cette impasse dont on ne sortait pas. Nous aimerions que tous sachent que Dieu descelle les tombeaux, qu’il y a une issue heureuse pour tous les hommes en souffrance… Alléluia, la mort a définitivement perdu la partie ; l’amour règnera pour toujours.

Telle est notre foi. Mais nous sommes comme les femmes qui ont découvert que le tombeau est ouvert ; quand elles font leur rapport aux apôtres, ceux-ci trouvent leurs propos délirants. Et à notre époque, l’annonce de la résurrection suscite des réactions de grande perplexité. Heureusement Pierre et Jean ont donné suite et sont allés au tombeau ; saint Luc dit que, voyant que le tombeau est vide, Pierre s’étonne, mais il ne dit pas qu’il croit. Je veux dire par là qu’en annonçant la résurrection à nos contemporains, nous ne devons pas nous étonner qu’ils n’adhèrent pas d’emblée et que le message soit d’abord une question, une énigme.

Comment passer de l’énigme à la foi ? Il n’y a qu’un moyen : fréquenter Jésus, non comme un être du passé, mais comme celui qui nous parle aujourd’hui, qui invite à suivre ses pas, à faire que ses manières deviennent nos manières. Les manières de Jésus de Nazareth visaient à faire triompher la vie (pour cela il guérissait, il redonnait courage, il combattait le mensonge et l’hypocrisie) : il était plus fort que le mal. Aujourd’hui, nous pouvons contempler le Christ vivant en admirant les gestes de solidarité tout à fait déterminants dans la société individualiste, en admirant comment le respect opère dans ce monde où l’on méprise, en admirant que la fidélité fleurit dans ce monde où l’on trahit. Si des personnes innombrables agissent à la manière de Jésus, c’est que Jésus est vivant en elles ; si des personne innombrables se sentent appelés à payer de leur personne pour aider les autres à vivre, c’est que Jésus est vivant en elles.


Alors, pour annoncer la grâce de la résurrection, nous ne pouvons pas nous contenter de chanter « alléluia » ; il nous faut ouvrir un passage devant les gens qui buttent contre une rancune, un découragement, une solitude, une injustice, une trahison… toutes sortes de réalités qui enferment comme un tombeau ! De même que le Christ ressuscité ouvre pour nous un passage de sorte que nous avons de l’espérance, de même notre style de vie doit consister à ouvrir des passages, par exemple en tendant la main, en payant de soi-même, en permettant une espérance. Bref, notre règle de vie c’est d’être les collaborateurs du Ressuscité, c’est d’aider les autres à traverser leurs zones difficiles… au nom de Jésus qui a traversé la mort.
            Frères et sœurs, puisse chacun s’apercevoir que le Christ est là tout près de lui… puisse chacun avoir la joie d’être un collaborateur du Christ ressuscité ; cette joie le confortera dans la foi en la résurrection

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