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Messes.info

Année liturgique A (2016/2017)

 

32ème dimanche du temps ordinaire
12 novembre 2017

Frères et sœurs, voilà 10 jeunes filles. Elles attendent la réalisation d’une promesse qui met en émoi les jeunes filles : pour elles, l’avenir n’est pas préoccupant puisqu’il est beau d’une promesse : l’époux va venir. Et effectivement, parce sa venue est un don de Dieu, l’époux vient même si les jeunes filles dorment… Dorment-elles par manque d’intérêt ? J’aime à penser plutôt qu’elles dorment sur leurs deux oreilles peut-être parce qu’elles sont sûres que l’époux va venir selon sa promesse. Mais l’époux tarde ; il faut l’attendre et toute attente est longue. Nous aussi notre avenir est beau de cette promesse : Jésus a affirmé « oui, je viens bientôt » et nous chantons : « nous attendons ta venue dans la gloire ». Mais il tarde au-delà du prévisible : quand vient-il ? et que faire en attendant ?
            Attendre le Seigneur, c’est, d’après la parabole, chercher le carburant qui permet à la lampe de la foi, de l’espérance et de la charité, de rester allumée. Et ce carburant, c’est ce que la 1ère lecture appelle « la Sagesse de Dieu ». Si les chrétiens ne s’appuient que sur les choses de la terre et sur les références mondaines, la foi va s’éteindre (tous les gens matérialistes le démontrent), l’espérance va être laminée par les mauvaises nouvelles, et la charité va passer pour l’attitude la plus ringarde. En revanche, si nous ouvrons notre porte à la sagesse de Dieu qui est assise à notre porte, le carburant de notre lampe va s’augmenter de la foi de ceux qui écoutent la sagesse, de l’espérance de ceux qui regardent le monde en se souvenant de la promesse de Dieu, de la charité de ceux qui réalisent dès maintenant la promesse.
            Comprenez ce que je viens de dire : le Seigneur tarde tant à venir, que l’huile de notre lampe pourrait s’épuiser et nous ne pourrions pas persévérer dans la foi, l’espérance et la charité, sans rencontrer régulièrement la communauté avec laquelle on lit la Parole de Dieu.
            C’est que s’impose à tous la nécessité de persévérer. De même que les 10 jeunes filles ont commencé leur attente, toutes ayant une lampe, de même nous avons tous commencé notre attente du Seigneur avec la lumière du cierge de baptême, la lumière de la Parole et de la communauté ; au départ, tous peuvent briller et il n’est pas question de distinguer les insensés et les sages, les mauvais ou les bons. La différence entre sages et insensés se fait sur la question de la persévérance… Certains gèrent le mariage avec Dieu, comme le mariage avec un conjoint, je veux dire dans la durée ; ils prennent la précaution d’alimenter la lampe de leur foi, de leur espérance et de leur charité auprès de la communauté ; et d’autres qui ne gèrent pas la foi dans la durée ne prennent pas cette précaution ; ils pensent que les choses terrestres suffisent à les faire vivre ; hélas, ils se trompent.
            Alors, on entend des gens qui disent « vous avez de la chance de croire ». Ils ressemblent aux 5 demoiselles d’honneur qui demandent de l’huile ; ils voudraient qu’on leur donne la foi comme on donne un objet. Or nous ne sommes pas propriétaires de la lumière de notre foi, de la sagesse de notre espérance et des tisons de charité qui nous brûlent. Nous n’en sommes que les gérants, car c’est Dieu qui les a déposées à notre porte, comme la sagesse. Nous pouvons faire deux choses seulement : la première chose consiste à dire dans la nuit matérialiste : « voici l’époux qui vient », c’est à dire « l’amour vient chez vous, l’amour est à votre porte, ouvrez-lui » ; la seconde chose consiste à indiquer l’endroit où nous rechargeons nos lampes : c’est l’Eglise, c’est la communauté qui célèbre.
            Un tout dernier mot : cette parabole est placée par st Matthieu juste avant le récit de Gethsémani où les disciples s’endorment comme les jeunes filles se sont endormies. A Gethsémani, Pierre ne comptait que sur ses forces et il a renié : il n’avait plus d’huile dans sa lampe. En venant à la messe, nous venons dire que nous comptons sur le Seigneur : c’est la bonne manière d’avoir de l’huile dans nos lampes, la bonne manière de tenir dans la fidélité.

 

 

31ème dimanche du temps ordinaire
05 novembre 2017

Le Christ ressuscité nous a fait venir ici pour avoir avec nous une conversation. Il est avec nous plein de douceur, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Il parle à notre cœur, il nous prend pour ses confidents. Et moi, il m’a donné pour mission d’amplifier sa confidence, pour qu’elle trouve davantage d’écho en chacun.
            Entendez la confidence du Seigneur : par Paul, il dit sa joie de constater que nous accueillons sa parole. Je répète « vous avez reçu la parole pour ce qu’elle est vraiment, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants ». Oui, nous avons fait la joie de Dieu : nous lui avons ouvert la porte de notre cœur ; nous avons trouvé que sa loi d’amour était la meilleure pour nous et pour la société ; et puis nous avons été bouleversés en entendant mille fois « mon corps livré pour vous ».
Pour remercier, disons ensemble

     Merci, Seigneur, ta parole de vie est à l’œuvre en nous
     Bon berger, tes brebis se réjouissent d’entendre ta voix

 
            Le Seigneur nous a dit autre chose : il a exprimé sa plainte de nous voir cassés : une part de nous-mêmes est en effet en accord avec Dieu (et c’est vrai : quand nous parlons de la foi, nous disons de belles choses, parce que nous y croyons) mais une part de nous-mêmes refuse d’aller jusqu’au bout et nous agissons en contradiction avec notre foi… Cette cassure existait chez les pharisiens, mais elle existe aussi chez nous.
Si vous le voulez, dites après moi :

     Seigneur Jésus, tu sais que je ne suis pas tout à toi
 Seigneur Jésus, dis seulement une parole et je serai guéri

           
            Le Seigneur, comme un médecin, diagnostique chez ses disciples un double jeu. Avec délicatesse, il dit à chacun : tu dis de belles choses et tu ne les fais pas ; tu as la bouche pleine de mots bien choisis, bien conformes au catéchisme, mais tes actes ne sont pas en conformité avec tes paroles. Il a raison : nous sommes poussière, toujours fluctuants, fréquemment inconstants, souvent déloyaux… Le Seigneur, lui, n’est pas fluctuant ; il ne promet pas sa fidélité un jour et ne se révèle pas infidèle le lendemain ; il est le « oui, je vous aime » que le Père dit aux hommes de manière définitive.
Disons-lui en confidence

            Seigneur, tu es le maître loyal,
            Sur la croix tu révèles l’amour le plus fidèle
    Seigneur, aide-nous à ôter nos masques et à être vrais.


            La confidence de Jésus comporte aussi cette phrase : « le plus grand sera votre serviteur » Que cette parole descende jusqu’au plus profond ! C’est la parole de celui qui a pris la dernière place en ne cherchant jamais à paraître, en ne cherchant pas d’autre titre que celui de serviteur. Devant le Christ Serviteur, nous pouvons nous interroger : ce que nous faisons pour l’église, ou pour tel groupe… le faisons-nous pour offrir de l’amour ou pour nous faire applaudir, pour qu’on dise du bien de nous ? Est-ce que notre service de Dieu et des autres est chimiquement pur de toute volonté d’être mis en valeur, d’être admiré… ou d’avoir un pouvoir ? Parce que notre service n’est pas toujours pur, parce que notre pente nous conduit à nous prendre pour des « maîtres », et parce que nous désirons être sauvés de cette prétention tout à fait stupide, mettons sur nos lèvres quelques phrases du psaume qui sont parfaitement vraies dans la bouche de notre Maître :

            « Je n’ai pas le cœur fier ».
            « je n’ai pas le regard ambitieux »
            « je tiens mon âme égale et silencieuse ».

            « Créé en moi un cœur pur, ô mon Dieu »

 

Commémoration des défunts
02 novembre 2017

            Vous savez qu’est présent parmi nous le Christ qui a franchi la mort. C’est pourquoi nous avons chanté « celui qui aime a déjà franchi la mort ». Et vous avez entendu ce que Jésus affirme : « celui qui écoute ma parole [par laquelle je vous supplie d’aimer] est déjà passé de la mort à la vie ». Cela veut dire frères et sœurs, qu’il nous est donné, en écoutant la Parole de Jésus, aujourd’hui, de passer de la mort à la vie. « Celui qui aime a déjà franchi la mort ».
            Alors puisque nous avons l’esprit occupé par le souvenir de nos défunts, et puisque nous savons qu’ils ont entendu la Parole qui les invitait à aimer, nous disons qu’ils ont déjà franchi la mort. Nos défunts, ces mamans, ces papas, ces amis, ces enfants… nous les avons vus en train de se dépenser pour les autres, en train de pardonner, en train de chercher la paix Nous avons donc constaté que la Parole de Jésus Christ s’était imprimée dans leur cœur et qu’en la mettant en pratique, ils étaient déjà plus forts que la mort, plus forts que l’égoïsme ou la rancune ; et l’Eglise dit : eux qui aimaient, ils franchissaient déjà la mort… comme le Seigneur l’a franchie à Pâques. Voyez que nous avons une chance énorme : au lieu de penser aux défunts en étant accablés par la douleur, nous pensons à eux sereinement ; car tandis que nous avons la mort devant nous et qu’il nous faudra l’affronter, eux ils ont la mort derrière eux et ils n’auront plus à l’affronter. Ils ont déjà franchi la mort. Celui qui aime a déjà franchi la mort.
            Nos défunts, leur cercueil est trop étroit pour contenir les fidélités qu’ils ont accumulées pendant des décennies, les générosités qu’ils ont dressées devant l’égoïsme pendant des décennies, les persévérances qu’ils ont entretenues pendant des décennies. Alors, la mort qui n’a pas pu garder Jésus, celui qui aime parfaitement, ne peut pas garder nos défunts…
            Alors, si celui qui aime a déjà franchi la mort, plutôt que nous demander si nous serons vivants après la mort, ne convient-il pas de nous demander déjà si nous aurons été vraiment vivants avant la mort… si nous nous serons exercés à franchir la mort en aimant ? Regardons comment Jésus, n’a pas attendu Pâques pour être plus fort que la mort ; il l’a été chaque fois qu’il a aimé, regardé quelqu’un avec estime, aidé quelqu’un à vivre,… Pour franchir la mort, il suffit que nous fassions l’offrande de notre vie, que nous disons en nous levant « je vais donner ma vie pour les autres ».
            Frères et sœurs, la défaite de la mort nous paraît utopique ; la mort semble régner partout, invincible. Et saint Paul le dit aussi en ces termes : « la création entière dit sa souffrance » de voir la mort avoir le dernier mot ; mais saint Paul ajoute que ces souffrances ne sont pas des souffrances d’anéantissement, mais des souffrances d’enfantement… un monde nouveau naît chaque fois que quelqu’un paie de sa personne pour les autres. Et cela est très fréquent : sachant qu’il y a 7 milliards 200 millions d’humains, ils sont innombrables ceux qui, chaque jour, paient de leur personne pour les autres, soit en partageant, soit en encourageant, soit en offrant un service… Vraiment, comme dit saint Paul, le monde a commencé à recevoir le saint Esprit qui injecte l’amour dans les cœurs. C’est pourquoi la création garde l’espérance d’être libérée de la mort.
            Nous allons citer les noms de nos défunts ; une foule de gens qui ont déjà franchi la mort ! 

 

Toussaint
1er novembre 2017

Frères et sœurs, la Bible nous apprend que Dieu est le grand serviteur de l’humanité, l’allié des hommes, et que son règne est présent déjà dans le monde. Mais tout le monde ne lit pas la Bible ; donc ce n’est pas par le Livre que tout le monde peut apprendre cette bonne nouvelle. Alors, si ce n’est pas par le livre, comment tous peuvent-ils apprendre que Dieu est leur allié ? Tout simplement par des gens qui traduisent la Bible dans leur vie, des serviteurs de l’humanité, des gens dont le comportement obéit aux lois de Dieu : les saints.
            A la Toussaint, même si beaucoup pensent douloureusement à leurs défunts, nous faisons la fête parce que nous pensons à tous ces serviteurs de l’humanité ; ils sont les serviteurs de l’humanité parce qu’ils sont plus forts que la mort, plus forts que ceux qui produisent la mort.
            Plus forts que les tueurs sont ceux qui soignent ; plus forts que les fraudeurs ceux qui ont soif de la justice ; plus forts que les magouilleurs ceux pour qui « oui est oui, non est non » ; plus forts que des gens qui font pleurer leur conjoint, leurs enfants, leurs parents… ceux qui savent demander pardon et pardonner. L’histoire des hommes foisonne de saints, de millions de petites mains qui traduisent la Bible écrite en une parole d’amour que tous peuvent comprendre, en une parole qui dilate le cœur ; grâce à eux, nous constatons que le monde est travaillé par l’Esprit de Dieu.

          Disons : Seigneur merci pour la foule des saints ! (bis)

            Les saints ne sont pas des stars ; car nous les côtoyons : un papa qu’on a vu tendre la main aux blessés de la vie, une voisine qui sait rendre moins pénible le parcours d’une famille nouvellement arrivée, votre boulangère qui sait déchirer la morosité par un mot d’espérance, un homme qui sait fabriquer de la douceur pour ce monde violent, de la miséricorde pour ce monde sans pardon, de la joie pour les jours tristes, de la paix pour ce monde en tempête. Et tous ces gens qui n’adorent pas l’argent, se font serviteurs, prennent sur eux-mêmes pour aider qqn à vivre, s’efforcent d’apporter de la paix,… Bref, les saints ne sont pas saints parce que leur vie est constamment édifiante, mais parce qu’ils mettent l’humanité sur le bon chemin, parce qu’ils sont des bienfaiteurs de l’humanité.

      Disons : Seigneur, de chacun tu peux faire un saint. (bis)

            Pourquoi disons-nous que c’est le Seigneur qui fait les saints ? Parce que la sainteté ne monte pas naturellement au cœur de l’homme (ce n’est pas naturel de pardonner, de prendre tous les risques pour la justice…) ; la sainteté est une étrangère qui vient chez nous discrètement, sous le visage de ceux qui pratiquent le pardon et qui donnent envie de pardonner ; sous le visage de ceux qui prient avec intensité et donnent envie de prier ; de ceux qui ont faim et soif de justice et donnent envie de travailler à la justice. Bref, la sainteté de tous ces artisans du royaume de Dieu prouve que le Christ est actif dans notre monde, pour lui donner une tournure plus humaine. Autrefois Jésus – le saint – a pris place dans cette humanité en étant pauvre de cœur, miséricordieux, artisan de paix, assoiffé de justice… A toute époque et aujourd’hui, il trouve des complices qui trouvent génial d’être pauvres de cœur, miséricordieux, artisans de paix… Or ils sont innombrables les complices de Dieu ; c’est pourquoi nous chantons « le ciel et la terre sont remplis de ta gloire »

            Si vous recevez ce message, si vous êtes d’accord pour dire que les saints sont ceux qui apportent leur contribution au royaume de l’amour, au royaume de Dieu, vous allez regarder le monde avec espérance. Vous allez dire que le royaume de Dieu n’est pas de l’utopie, mais qu’il est commencé,

            Avec les saints, disons « Père, que ton règne vienne »

            Vous-mêmes, parce que votre foi est active, parce que votre charité se donne de la peine, et que votre espérance tient bien, vous faites partie des saints qui sont à Danjoutin, Andelans, Meroux, Moval, Vézelois, Chèvremont, Bessoncourt, Pérouse, Fontenelle. Vous êtes les complices de Dieu. Bonne fête !

 

30ème dimanche du temps ordinaire
29 octobre 2017

            Vous me trouverez trivial ; mais tant pis. Les commandements, je les compare à la notice d’utilisation d’un appareil. Quand vous prenez en main un appareil nouveau, pour être sûr qu’il fonctionnera, vous commencez par lire la notice d’utilisation. Aujourd’hui, l’Eglise nous fait lire la notice de fonctionnement de l’homme : elle tient en deux mots « Tu aimeras ». Observons ce qui nous est arrivé quand nous avons obéi à Satan qui nous suggérait de ne pas pratiquer le pardon, ni le service, ni la fidélité, ni l’accueil,… » bref, quand nous n’avons pas respecté la notice où il est écrit « tu aimeras » ; nous avons sûrement constaté que, nous nous sommes fait du mal à nous mêmes et en avons fait aux autres. L’homme est en bonne santé s’il fonctionne selon le programme de son concepteur, de son créateur. Ne faut-il pas que nous remerciions Dieu qui nous a programmés pour être à son image, et pour aimer comme lui ? Prenons un instant pour l’en remercier (silence) « tu aimeras ».
            Merci de nous avoir faits capables d’aimer
            Frères et sœurs, Dieu a le droit de nous ordonner d’aimer, parce que, comme tout pédagogue, il fait lui-même ce qu’il demande aux autres de faire. Le Père aime le fils de tout son cœur, de toute sa force ; et le Fils aime le Père de toute son intelligence et de toute sa force; et Dieu aime les hommes de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, jusqu’à mourir pour eux. Dieu fait ce qu’il demande aux hommes de faire : parce qu’il vous aime, il se soumet à l’exigeant commandement d’aimer même si ce commandement conduit à la croix. Prenons encore un instant pour l’en remercier. (silence)
            Merci de nous avoir aimés jusqu’à mourir pour nous
            Je sais que l’on s’étonne : des gens – notamment des amoureux - disent que l’amour est spontané et qu’il n’est pas besoin de commandement. Je ne pense pas que Jésus demande le pardon pour ses bourreaux, et meure pour ses bourreaux, sans faire un acte de volonté coûteux. J’ai éprouvé qu’il ne m’est pas spontané de pardonner et payer de ma personne ; il me faut un acte de volonté. Et je cite aux fiancés la lettre que le chancelier allemand Bismarck avait écrite à sa femme « je ne vous ai pas épousée parce que je vous aimais ; je vous ai épousée pour vous aimer ». Il faut consentir à un commandement intérieur pour se déranger même pour quelqu’un qu’on aime, pour pardonner même à quelqu’un qu’on aime, pour prendre l’avis même de quelqu’un qu’on aime…. pour continuer de travailler pour des gens qui ont peu de reconnaissance.
            Saint Paul dit que les chrétiens de Thessalonique se sont détournés des idoles. Or je suis sûr que l’idole la plus redoutable, ce que j’adore hélas et qui me tient prisonnier, c’est « mon moi, mon ego » C’est pourquoi le commandement d’aimer les autres conduit à se détourner de cette idole malsaine. Aimer, c’est la santé, c’est le salut.
            Seigneur, libère-moi de mes idoles, donne-moi d’aimer

                                                        
 Le commandement d’amour est une parole de Dieu, donc une parole qui nous crée. En nous la disant, Dieu nous rend plus fraternel envers les autres et plus filiaux envers lui. Tant qu’on n’est pas fraternel, on n’est pas encore humanisé ; selon ce barème, notre société est loin d’être humaine ; elle ne met pas l’homme au centre de tout ; les immigrés passent après des considérations politiciennes ; on consacre infiniment plus d’argent à construire des armes qu’à nourrir les populations qui ne mangent pas à leur faim.
            Seigneur, rends-nous plus humains. .

 

29ème dimanche du temps ordinaire
22 octobre 2017

La question de l’impôt est très importante. Parce que la manière dont Jésus en parle est belle. En dessous de cette question, il y a la noblesse du baptisé qui est en rapport avec Dieu, certes, mais aussi avec ses frères puisqu’il contribue à la vie sociale…
            D’abord, voyons qui pose à Jésus la question de savoir s’il est légitime que quelqu’un qui adore Dieu paie l’impôt au pouvoir et à la société civile. C’est deux groupes qui divergent sur la question : les hérodiens qui s’accommodaient de l’occupation romaine et les pharisiens qui ne supportaient pas l’occupation. De ce fait, si Jésus dit qu’il faut payer l’impôt, il passe pour un faux prophète qui reconnaît une autorité autre que Dieu, et s’il dit qu’il ne faut pas payer, il est accusé de subversion et d’atteinte à l’ordre public. Pour répondre, il ne prend pas parti ; mais que répond-il ?
            Il dit d’abord que les disciples distinguent le domaine civil et le domaine religieux mais ne les séparent pas. D’abord, ils distinguent : « A César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu ». C’est que le domaine de César, le domaine civil n’est pas un absolu ; il ne se substitue pas au royaume de Dieu qui est le seul absolu ; on ne peut pas dire que tel parti incarne le royaume de Dieu, ni que le but final de notre vie est ce monde-ci, le monde de César. Mais Jésus dit aussi que le civil et le religieux ne peuvent pas être séparés, car le domaine de Dieu inclut ce monde-ci sans se substituer à lui ; en effet, le domaine de Dieu, ce sont les hommes en qui Dieu fait habiter son Esprit d’amour ; le royaume de Dieu, c’est pour le moment, ce que nous appelons le bien commun. Donc, il faut distinguer les deux domaines, mais ne pas les séparer. Sans être des spécialistes, nous voyons que, tandis que les musulmans estiment évident que le politique et le religieux sont fusionnés – ce qui a les graves conséquences que l’on sait -, les chrétiens sont à l’aise dans une constitution où l’Eglise et l’Etat sont séparés : « A César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu »
            Alors, essayons de mettre des mots sur ce que nous vivons quotidiennement. Si nous distinguons le politique et le religieux, nous ne sommes pas des schizophrènes qui prévoient dans leur vie une case pour les affaires profanes et une case pour Dieu. Loin de dire « A César la majorité de mon temps, à Dieu une heure le dimanche », le chrétien dit « à Dieu tout mon temps, toute ma personne, tout mon cœur, tout mon esprit, toute ma force… y compris quand je travaille pour César, c’est à dire pour la société terrestre ». Dans sa lettre aux Romains (12,1), Saint Paul dit en effet que la bonne manière de rendre un culte à Dieu, c’est de s’offrir soi-même, de se mettre au service des autres et du bien commun. Car la loi d’amour concerne tous les domaines de la vie. A propos de la contribution au bien commun, Saint Paul ne se contente pas de dire que c’est un impôt ; il dit que c’est une dette à payer constamment.
            Frères et sœurs, nous nous réjouissons qu’un certain nombre rendent à Dieu ce qui est à Dieu en consacrant du temps à la prière. Mais il nous faut rendre grâce aussi pour tous ceux qui rendent à Dieu ce qui est à Dieu en servant la société (César). Ne croyez-vous pas que les efforts des diplomates, la patience des conciliateurs, les initiatives des pédagogues, les fidélités des époux, les générosités des jeunes, les disponibilités des bénévoles, les attentions des visiteurs de malades… font partie du culte rendu à Dieu. Car toutes ces personnes placent Dieu au milieu de la vie sociale. Et elles le font en se mettant au service, c’est à dire en disant la parole déterminante de Jésus : « mon corps livré pour vous ». Rendent à Dieu le vrai culte, ceux qui sont fraternels envers qui a faim, qui est malade, qui est dans la difficulté.... Frères et sœurs, quand vous apportez votre contribution au fonctionnement de la société, aux instances communes, aux associations, vous rendez à César ce qui est à César, mais en même temps, vous faites au Dieu d’amour l’offrande de votre action. Quand vous contribuez au bien commun des hommes, que vous vous acquittez de vos responsabilités vis-à-vis du monde, que vous vous préoccupez du développement des pays pauvres, de la lutte contre la torture et l’inégalité, de l’éducation des jeunes, de la répartition des richesses, etc… vous rendez à Dieu ce qui est à Dieu. Vous servez Dieu si vous vous occupez d’imprégner le monde d’amour et de respect. St Vincent de Paul disait aux religieuses infirmières que si elles devaient quitter la messe pour aller soigner un malade, elles quittaient Dieu pour Dieu. Il n’y a pas de compétition entre Dieu et César ; ce qui est donné à Dieu n’est pas retiré à César.


 

28ème dimanche du temps ordinaire
15 octobre 2017

 

Je vais parler aux enfants, mais, vous les adultes écoutez aussi, parce que je vais demander aux enfants de vous interroger ! Vous les enfants, vous allez reprendre le catéchisme ; et je vous encourage à demander aux adultes si ce qu’ils ont appris au catéchisme est utile. Vous leur demanderez si c’est une joie de connaître Dieu, et de savoir qu’un amour accompagne les hommes, même quand ils font du mal. Si vous me posez la question à moi, je dis que c’est utile de connaître Dieu ; en effet, parce que nous vivons avec Dieu, nous avons le cœur en paix parce que nous ne sommes pas tout seuls ; et quand les infos disent que des gens pleurent, nous nous disons « Dieu n’abandonne pas ceux qui souffrent » ; quand des gens sont brouillés, nous nous disons « Dieu est capable de réconcilier ». Disons ensemble

            Dieu, merci d’être toujours avec nous                            Merci de nous tendre la main

            Vous demanderez aussi aux adultes si, quand on croit en Dieu, on pense que tout ira toujours mal ou si on a l’espérance que ça aille mieux. Si vous me posez la question, je dis que celui qui croit en Dieu a de l’espérance, parce que Dieu nous dit vers quel avenir nous allons. Je ne vous apprends pas qu’on a 1000 raisons de penser qu’à l’avenir la terre sera polluée, que les ressources naturelles seront épuisées, qu’on va se faire la guerre, la guerre économique, la guerre de l’eau, la guerre militaire etc… Mais vous avez entendu que Dieu prépare tout autre chose : une invitation envoyée à tous les peuples pour qu’ils s’attablent au même festin ; c’est à dire qu’ils seront réconciliés puisqu’ils seront à la même table, et qu’ils auront à manger un menu de fête, et que la mort sera vaincue. Vous allez dire que c’est du rêve : non, car la mort est vaincue depuis que Jésus est ressuscité. Disons ensemble : 
                            Seigneur, réalise ta promesse                                    Seigneur réconcilie les ennemis….
                        Seigneur, détruis la mort                                         Seigneur garde nous dans l’espérance


            Vous avez entendu que Dieu dit aux hommes « mon repas est prêt, venez au repas de noces, venez fêter mon alliance ». Les enfants, vous demanderez aux adultes si leur relation avec Dieu est comme une relation de petit enfant avec un surveillant. Si vous me demandez quelle relation Dieu a avec nous, je réponds que c’est une relation de mariage : Dieu est marié avec les hommes sous le régime de la communauté de biens : il veut que soit à nous tout ce qui est à lui (la victoire sur le mal et la mort en particulier) et il s’engage à prendre sur lui tout ce qui pèse sur nous (le péché et la mort). Voilà comment Dieu nous tend la main : nous serions stupides de ne pas nous intéresser à ce contrat d’alliance ; au contraire nous montrerons que nous sommes intelligents si, toutes affaires cessantes, nous nous empressons d’entrer dans l’alliance de Dieu. Vous les enfants, demandez aux adultes ceci : quand vous vous êtes éloignés de Dieu, avez-vous gagné quelque chose ? et quand vous êtes revenus vers Dieu, avez-vous perdu quelque chose ? Vous verrez ce qu’ils répondent. Moi je dis que la tristesse m’est venue chaque fois que j’ai négligé Dieu et que la joie m’est venue chaque fois que je j’ai retrouvé Dieu. Disons :

       Seigneur fais que je réponde à ton amour……….              Donne-moi la joie de te connaître
            Ne cesse pas de me tendre la main.

           

 

27ème dimanche du temps ordinaire
08 octobre 2017

           
Il y a 15 jours, l’évangile nous a comparé Dieu à un maître qui embauche à tout moment pour que chacun contribue à la venue du royaume : « allez travailler à ma vigne » ; dimanche dernier, on nous a brossé le même portrait de Dieu qui dit à ses fils « allez travailler à ma vigne ». Ce Dieu d’amour qui nous appelle à être ses collaborateurs, comment ne pas l’aimer ?
            Mais toutes les histoires d’amour connaissent des déceptions. Aujourd’hui, Isaïe et st Matthieu soulignent que les hommes déçoivent Dieu. Amoureusement attaché aux hommes, Dieu se donne beaucoup de peine pour eux comme le vigneron se donne beaucoup de peine et investit beaucoup pour sa vigne… Dieu espère que nous produirons des actes de bonté, le droit et la justice, le pardon, la fidélité qui sont délicieux comme le bon vin, mais sa déception est grande quand il ne fait pas la récolte espérée, qu’il ne récupère pas l’investissement d’amour qu’il a fait en nous. On parle du jugement de Dieu ; on ferait mieux de parler de la déception de l’amoureux !
            On dit parfois « qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » Voilà ce qu’on a fait : au lieu qu’à la demande des prophètes, l’humanité produise le pardon, le soutien fraternel, la fidélité persévérante, l’accueil de l’étranger… elle tue ses prophètes, martyrise des innocents, égare les gens loin du vrai bonheur avec la pub et la drogue… Au lieu de faire couler le bon vin, l’humanité fait couler le sang. Voilà ce que nous avons fait au bon Dieu. Dieu est atteint par nos infidélités, par notre refus de sa loi d’amour. Ca le torture de nous voir nous autodétruire en adorant le matériel et en détruisant la création. Il est déçu. Souvent les amoureux déçus en arrivent au divorce ; est-ce que Dieu, lui aussi, va renoncer à son alliance avec les hommes ? 
            La parabole répond « le maître louera la vigne à d’autres vignerons qui lui en remettront le produit ». C’est donc que nos comportements décevants et blessants ne peuvent pas empêcher Dieu de poursuivre son bienveillant projet d’amour ; nous ne pouvons pas empêcher Dieu de continuer d’offrir le bon vin de son alliance. Vous serez d’accord avec moi pour dire que c’est la bonne nouvelle : si Dieu renonçait à nous sauver, nous serions sans espérance. Mais non ! Le Christ d’amour, que tant d’hommes rejettent, demeure la pierre d’angle de toute vie personnelle et de toute vie en société. Et personne n’empêchera Dieu d’offrir son Christ aux hommes qu’il aime.
            L’évangile le dit de mille manières : souvenez-vous du père qui court au devant du fils prodigue ; souvenez-vous de Jésus qui va manger chez les pécheurs ; souvenez-vous de cette merveilleuse parole qu’on lit dans l’apocalypse : « je suis à la porte et je frappe… si tu veux bien m’ouvrir, j’entrerai chez toi ». Souvenez-vous qu’il vient frapper à notre porte – et à la porte des autres, même des païens - pour cueillir les fruits que nos vies doivent produire.

 

            C’est dans le cadre de la messe que nous disons que Dieu attend nos fruits ; à la messe où nous rappelons le fruit que Jésus a produit : c’est le don de soi, la priorité aux autres. Jésus a donné son fruit en disant sur lui-même « mon corps livré pour vous ». A la messe nous disons aussi qu’il est ressuscité, qu’il n’a pas été arrêté par la mort, et qu’il n’est pas arrêté par les déceptions des hommes. De ce fait la messe est une magnifique école d’espérance : les blessures que les hommes infligent à leurs frères, les attentats, ça n’empêche pas Dieu de continuer d’offrir son amour. A cause de cela nous chanterons : « Saint, le Seigneur ! » 

       

26ème dimanche du temps ordinaire
01 octobre 2017
           
         
   Il y a parmi nous 4 jeunes qui s’orientent vers le confirmation : Andréa Dorian Ewan et Justine. C’est une joie pour nous de voir des jeunes qui veulent faire leur vie en étant éclairés par la Parole. Quel éclairage recevons-nous aujourd’hui ?
            Au moment de la déportation, les déportés se considéraient comme justes et parlaient avec mépris de ceux qui les avaient déportés. Le prophète donne cet éclairage : attention ! Vous, les justes, vous pouvez vous détourner de votre justice, et ceux que vous appelez les méchants peuvent se détourner de leur méchanceté. Vous voyez que l’évangile des deux fils traite aussi de notre liberté qui peut conduire le méchant à se reprendre et qui peut conduire le juste à déraper. Celui qui a dit oui peut renier son oui et ne pas tenir sa promesse, et celui qui a dit non peut revenir sur sa décision et devenir un être parfaitement obéissant. Ce n’est pas un scoop : dans toutes les familles on a fait cette observation : un tel qu’on trouvait égoïste se révèle tout d’un coup serviable ; untel qui d’habitude était plein de douceur a été capable de blesser profondément. Vous les jeunes, sachez que rien n’est fixé, que si chacun a son histoire, c’est qu’il évolue. Et nous évoluerons jusqu’au jour où nous atteindrons notre forme définitive, le jour où nous serons semblables à Jésus Christ.
            Alors nous avons de la peine à nous mettre dans la tête que le méchant peut changer, et que les prostituées peuvent répondre mieux que personne aux appels de Dieu.
            Voici une autre parabole. Il y avait un village dont la place centrale était défigurée par un énorme bloc de pierre informe. Un jour les villageois ont voulu l’ôter ; mais un sculpteur passait par là et leur dit : « Je peux faire de ce rocher disgracieux une œuvre d’art » On a donc entouré le rocher d’une palissade et laissé le sculpteur frapper le burin de son marteau. Un jour l’artiste convoque la population ; il ôte la palissade, et tout le monde découvre la magnifique sculpture d’un cheval. Un enfant pose au sculpteur cette question : « comment savais-tu que dans ce bloc de pierre, il y avait un cheval ? » Cette question est essentielle.
            C’est la question qu’on pourrait poser à Jésus à propos de Paul : comment savais-tu qu’en Saul le persécuteur, il y avait un saint Paul missionnaire ? Et à propos de Zachée : comment savais-tu qu’en Zachée l’injuste, il y avait un Zachée très juste ? Et à propos du larron crucifié : comment savais-tu que dans ce brigand, il y avait un homme capable d’une si belle profession de foi ? A ces questions, Jésus répondrait sans doute : L’Esprit Saint est comme le sculpteur : il voit ce qui est possible en vous ; laissez-vous façonner… vous serez étonnés en constatant qu’avec des gens opposés au Christ, avec des gens qui ont dit « non », le Saint Esprit peut faire des gens qui ont la joie de dire « oui » comme le Christ.
            Il y a dans les paroles d’aujourd’hui l’aveu que notre baptême ne nous met pas à l’abri de tous les reniements ; il y a aussi l’affirmation que ceux qui renient leur baptême ne cessent pas de recevoir les appels de Dieu ; il y a enfin la certitude que le Christ est vivant et que, tel le médecin au chevet des malades, il travaille puissamment à soigner les gens. Dieu croit à notre conversion.
            Alors voyant ces transformations, allons-nous croire à l’action du Saint Esprit ? L’an dernier, le 13 septembre, lors de la rentrée diocésaine sur la miséricorde, notre doyenné a eu la visite d’un homme nommé Pierre Favre qui a commencé sa vie avec un comportement détestable et qui a trouvé, par les astuces que Dieu a mises en place, une vie de charité et de droiture dont nous serions tous jaloux.
            « Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il ne mourra pas, il vivra ». Savez-vous pourquoi Dieu prévoit que le méchant se détourne de sa méchanceté ? C’est que Dieu habite dans l’homme ; L’homme est le domaine de Dieu, et Satan ne peut pas expulser Dieu de ce domaine. Comme le sculpteur sait que dans un bloc de pierre difforme, il y a une belle statue, le Christ fidèle sait qu’en vous, il n’y a pas que les « non » prononcés de manière étourdie ; il sait qu’il y a en vous, le oui définitif de celui qui a dit « oui » au Père et qui a fait ce que veut le Père.

 

25ème dimanche du temps ordinaire
24 septembre 2017

Pour comprendre ce que Dieu veut nous dire, il ne faut pas brandir notre conception de la justice ; je sais que la parabole est choquante et heurte notre conception de la justice. Mais la première lecture l’a dit : Dieu ne pense pas comme nous ; sa conception de la justice n’est pas la nôtre. Et je voudrais dire que c’est une bonne nouvelle !.

L’affaire commence par l’embauche d’ouvriers afin qu’ils travaillent dans la vigne. Nous savons que la vigne c’est le peuple de Dieu. Donc il s’agit d’embaucher des gens pour qu’ils mettent de l’amour là où il y a de la haine, du pardon là où il y a de la rancune… en un mot le Dieu d’amour embauche des collaborateurs de son œuvre d’amour.
Depuis Abraham, le maître a appelé le peuple juif à être le complice de son amour ; au cours des siècles successifs, il a appelé aussi les païens. Pas seulement pour que son travail soit fait, mais pour donner à tout homme l’honneur de participer activement à la réalisation du royaume de l’amour. « Allez travailler à ma vigne ». Vous mêmes, vous avez reçu cette invitation, et votre fierté, c’est de pouvoir écrire sur votre carte de visite « complice du Dieu d’amour ; ou ambassadeur de sa miséricorde ; ou serviteur de sa justice » ! A qui demande « pour quoi sommes-nous sur terre ? », puissions-nous répondre : « moi, je me lève pour travailler au royaume de l’amour ».
Embauchés par Dieu, avons-nous avec lui une relation patron – ouvrier ? Oh non ! tellement fiers et honorés d’être les complices de sa bonté, nous ne nous plaignons pas de porter le poids du jour, comme le disent les 1ers embauchés. Et d’ailleurs, faut-il nous mettre à priori parmi les ouvriers de la 1ère heure, comme si personne n’avait travaillé avant nous ?

Voilà pour l’embauche : savourons d’être ainsi embauchés. Venons-en à la paie.

Le salaire de l’ami de Dieu n’est pas indexé sur le temps de travail. Dieu lui-même ne calcule pas son amour, comme les parents ne calculent pas les heures qu’ils passent à donner de l’amour. Quand il récompense ses collaborateurs, Dieu pratique la justice puisqu’il donne aux premiers le forfait prévu dans le contrat d’embauche, et il pratique simultanément la grâce puisqu’il donne à tous les autres selon une mesure bien remplie, tassée, secouée, débordante.
Aux défavorisés de la vie, à ceux qui n’avaient pas eu de travail, qui étaient restés en marge des circuits économiques, il donne « ce qui est juste » ; et pour le maître, ce qui est juste, ce n’est pas ce que l’égalitarisme appelle la justice et qui est en fait la légitimation de l’inégalité au vu des mérites. Ce qui est juste aux yeux de Dieu, c’est ce qui est juste aux yeux des parents qui – étant à l’image de Dieu – donnent un surcroît d’amour à ceux de leurs enfants qui ont des problèmes ; ce surcroît d’attention passe, aux yeux des autres enfants, pour une incontestable justice. Comme le berger réconforte une brebis qui s’est perdue peut-être par sa faute, comme le père abandonné fait au prodigue un accueil princier, ainsi notre sauveur pratique la justice en donnant sa vie non pour des justes mais pour des pécheurs… La récompense de ceux qui ont été collaborateurs de Dieu, c’est d’avoir trouvé Dieu dans leur service.
Chacun se demande : que dois-je faire ? Nous devons d’abord apprendre l’admiration, la contemplation : le maître de la parabole demande que soient payés d’abord les derniers venus, pour que les premiers soient témoins de son immense bonté envers les défavorisés de la vie ; le chrétien trouve sa joie quand il voit que Dieu comble ses frères. Ensuite, nous devons apprendre à combattre la jalousie en rendant grâce pour les dons que les autres ont reçus.

Que la célébration eucharistique développe l’admiration et que le partage fasse taire la jalousie.

 

24ème dimanche du temps ordinaire
17 septembre 2017

  Je voudrais montrer que la messe de chaque dimanche illustre cette parabole.
Dans la parabole, un personnage prête une somme si énorme que son remboursement équivaudrait à des siècles de salaire ! Pour faire un cadeau si démesuré, il n’y a que Dieu ! Jésus nous fait prendre conscience de l’immensité de la grâce du Père : en nous donnant de vivre, il nous a donné des parents, des amis, des aptitudes, des enseignants etc… Personne ne peut faire la liste des dons que Dieu lui a faits ! Nous n’avons rien par nous même : Dieu nous donne tout, en cadeau, même si nous avons une dette envers lui.
Nous éprouvons ce cadeau, le dimanche, par le fait de nous rassembler dans une église. Pourquoi est-ce un cadeau ? Parce que nous passons de l’espace public où on ne fait pas de cadeau (à tous les sens du mot), à l’église où la présence des frères est cadeau, où la perspective d’une réconciliation de tous est un formidable cadeau qui dépasse l’espérance que peuvent élaborer ceux qui observent les divisions du monde !
Le signe de croix ouvre la célébration ; il montre que, quand Jésus, le juste, est livré à la violence comme un agneau conduit à l’abattoir, le Père ne se venge pas ; s’il se vengeait nous ne regarderions pas celui que nous avons transpercé, car nous serions morts. Non, Dieu nous veut vivants, c’est pourquoi il éloigne de nous nos péchés aussi loin qu’est l’Orient de l’Occident.
Entrevoyant cette grâce, nous demandons pardon. Nous savons qu’on souffre beaucoup quand celui à qui nous avons fait un cadeau ne répond que par l’ingratitude ; nous pouvons deviner la souffrance que Dieu éprouve, lui qui donne grâce après grâce (Jean 1,16) et ne reçoit qu’ingratitude (cf sainte Marguerite Marie Alacoque), lui qui pardonne à l’humanité une montagne de péchés et la voit incapable de pratiquer le pardon ? Devant la générosité de Dieu, que valent nos disputes ?
Après le rite d’ouverture qui nous met déjà face à la grâce, nous nous asseyons comme des écoliers ; à chaque messe, nous ré-apprenons que nous sommes liés à Dieu comme un débiteur insolvable qui doit tout à la grâce de son maître ; nous ré-apprenons que bénéficiant d’une telle grâce, il convient que nous agissions pour les autres par grâce, contrairement à l’homme déchargé d’une énorme dette qui ne daigne pas décharger son collègue d’une dette minuscule. Frères et sœurs, si nous rêvons d’un Dieu qui punit les coupables, c’est à un tel Dieu que nous aurons affaire (comme le mauvais serviteur) ; et comme on dit vulgairement, nous sommes mal barrés ! La mesure dont nous nous servons pour juger les autres servira pour nous juger. Frères et sœurs, nous faisons notre malheur, tant que nous n’entrons pas dans la logique du pardon ; nous avons tout à gagner à pardonner. D’ailleurs, celui qui ne pardonne pas s’enlise dans la rancune et s’expose aux insomnies et aux ulcères d’estomac !
Celui qui est incapable de pardonner montre qu’il n’a pas vraiment accueilli le pardon, qu’il n’est pas entré dans la logique du pardon. Aussi nous vérifierons que nous accueillons le pardon de Dieu, à ceci : que nous pardonnons aux frères. « Dieu t’a pardonné, pardonne à ton frère ; Dieu t’a fait confiance, fais confiance à ton frère ; Dieu t’a remis ta dette, remets la dette à quelqu’un … ». C’est en offrant la guérison à un frère que l’on montre que l’on a vraiment reçu la guérison que Dieu offre.
A la messe, la croix montre la grâce ; la Parole enseigne à vivre selon la grâce ; l’eucharistie est la vitrine de la grâce du Christ qui, de toute sa force, de toute son âme et de tout son esprit, a vécu pour le Père et pour les hommes, et a dit « mon corps livré pour la multitude ». Saint Paul l’a contemplé et il a résumé la vocation humaine et chrétienne par ces mots : « nul ne vit pour soi-même ». A la messe nous faisons un peu comme le Christ : chacun offre sa voix au chant de tous, les fidèles prient pour les autres, apportent leur contribution par la quête, offrent la paix et, peut-être portent la communion aux malades absents. Ces gestes expriment la grâce, le don gratuit. Participer à la messe conduit à vivre pour les autres, à chercher le salut du monde en devenant collaborateur de l’amour plus fort que la rancune. Vivons la messe : entrons dans le territoire du pardon qui est le territoire de Dieu… de ce Dieu qui, a une manière originale de se venger : faire la résurrection.

23ème dimanche du temps ordinaire
10 septembre 2017

 

En venant ici, vous saviez d’avance que l’on répèterait l’invitation à aimer les autres. Devant parler au nom de Jésus, ne je peux que répercuter cette invitation pour la nième fois !
Au tout début de la Bible, Dieu ne demande pas à l’homme s’il croit en lui ; il lui demande : qu’as-tu fait de ton frère ? Le soin du frère est essentiel. Tu prétends aimer Dieu, mais quand ton frère avait faim, soif… lui as-tu donné à manger, à boire ? Tu vérifies que tu aimes Dieu en regardant si tu aimes ton frère. C’est quoi aimer son frère ?
Le poète malicieux Jacques Prévert a laissé un petit poème : « tu dis que tu aimes les oiseaux, et tu les mets en cage ; tu dis que tu aimes les fleurs, et tu les coupes ; tu dis que tu aimes les poissons et tu les manges ; alors quand tu dis que tu m’aimes, j’ai peur ». Le poète dénonce un amour où nous apprécions la personne pour ce qu’elle nous apporte. Et à cause de cela, il nous met sur le chemin de Jésus qui, lui, n’a pas d’autre projet que de donner même au méchant pour qu’il devienne et grandisse. C’est d’ailleurs parce que Jésus est ainsi qu’il nous séduit.
On peut dire qu’aimer quelqu’un, c’est lui donner la possibilité de devenir lui-même, l’aider à faire sa vie, à développer sa vocation. C’est ce que fait Jésus : il dit à Zachée « tu t’es égaré, mais je te parle pour que tu regardes l’avenir, que tu retrouves ta vocation et que tu grandisses » ; et à Pierre le renégat : « tu m’as renié, mais je suis là pour que tu reviennes à ta vocation et que tu grandisses ». Jésus nous supporte, non pas au sens où il « fait avec » nos défauts, mais au sens où il est notre supporter. Et quand Saint Paul dit « supportez-vous les uns les autres » : ça ne veut pas dire : « les autres ont leurs limites, il faut faire avec » ; ça veut dire « soyez les supporters les uns des autres ». Vous, les parents, spontanément, vous ne vous contentez pas de supporter vos enfants, vous êtes plutôt leurs supporters ! Saint Paul demande qu’on soit ainsi les supporters des voisins et des collègues… et il demande qu’on le fasse parce que c’est une dette que l’on a à leur égard.
Alors, puisque notre vocation est de constituer le corps du Christ par des relations fraternelles, Ezéchiel donne pour consigne d’être les supporters de ceux qui se sont égarés : « Je fais de toi un guetteur pour avertir le méchant » et saint Matthieu invite à aller parler à celui qui a mal agi. Evidemment, pour aider mon frère à prendre conscience qu’il a une paille dans l’œil, je n’oublierai pas que j’ai une poutre dans le mien. C’est un devoir de s’approcher d’une plaie, mais il faut le faire avec délicatesse ; de même c’est un devoir de prendre soin de son frère tombé dans le péché, mais il faut le faire avec délicatesse. La belle manière d’aider les autres à réaliser leur vocation, ce n’est pas de faire de la morale (trop longtemps l’Eglise a fait la morale !), c’est de montrer la beauté du message de Jésus ; de dire que le pardon, c’est beau ; que la fidélité, c’est magnifique ; que se mettre à la disposition des autres, c’est dilatant ; que prier, c’est respirer un air frais ; que faire des liens c’est constructif… Lorsqu’elle était relativement majoritaire, l’Eglise s’est fait mal voir parce qu’elle est apparue comme donneuse de leçon (en matière de morale sexuelle en particulier). Maintenant, l’Eglise est moins nombreuse, mais elle peut toujours faire signe et donner envie de vivre selon le Christ.
Saint Paul affirme que, même minoritaire et faite de pécheurs, l’Eglise fait signe chaque fois que les fidèles considèrent que l’amour mutuel est une dette jamais remboursée. L’amour envers nos parents, c’est une dette ; mais une dette aussi, le devoir de prêter une oreille attentive à telle famille, un dépannage à tel voisin, de respecter un handicapé et un étranger. Quand se feront les opérations Entraide et la collecte pour les Restaurants du cœur, nous penserons que nous avons une dette envers ceux qui sont dans la peine.
En fait le Christ se fait le supporter des hommes pécheurs et il dit «mon corps livré pour vous ». Nous nous attendions à entendre parler d’amour ; alors écoutons bien ce que le Christ dit aux pécheurs : « mon corps livré pour vous ».

22ème dimanche du temps ordinaire
03 septembre 2017

 

Frères et sœurs, nous sommes chrétiens parce que nous sommes sûrs que notre foi conduit à la joie ; c’est pourquoi le psaume affirme « la joie sur les lèvres, je dirai ta louange, je crie de joie à l’ombre de tes ailes ». Mais peut-on parler de joie, alors que l’évangile affirme : « il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit tué… si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il prenne sa croix » ? Comment la croix peut-elle aller de pair avec la joie ? Comment expliquer que, étant basée sur la croix, notre religion ne fait pas l’éloge sadique et masochiste de la souffrance ?
C’est la question que Pierre tourne dans sa tête : si, comme il a été rapporté dimanche dernier, Jésus est le Fils de Dieu, comment peut-il souffrir, être tué ? Nous rêvons d’un Dieu qui évite la souffrance pour lui et qui l’évite aussi aux hommes. Eh bien ! si nous rêvons d’un tel Dieu, nous nous opposons si fort à ce que Jésus veut montrer que nous serons qualifiés de Satan, comme Pierre.
En fait, Jésus est venu montrer quoi ? Que Dieu a pour nous un amour sans limite ! Rendons-nous compte qu’en parlant d’amour sans limite, nous faisons un pléonasme, nous disons deux fois la même chose comme dans l’expression « monter en haut ». Si votre conjoint vous disait « je t’aime tant que ça ne me dérange pas trop », vous diriez qu’il ne vous aime pas vraiment, car l’amour est normalement sans limite ; et vous qui avez un amour sans limite pour vos enfants, vous ne leur diriez jamais « je mettrai fin à mon amour si ça devient trop exigeant ». De même, quand Dieu aime, il ne met pas de limite à son amour ; il ne dit pas «j’aimerai les hommes tant qu’ils sont à peu près aimables, tant qu’ils ne m’accablent pas d’offenses ». Dieu dit au contraire à chacun : « quel qu’en soit le prix, je t’aimerai ; je continuerai de t’aimer même si, souscrivant à des propos racistes, tu m’enfonces la couronne d’épines sur la tête ; même si, refusant de pardonner, tu me frappes du fouet ; même si, acceptant telle infidélité, tu m’enfonces des clous dans le corps… même si ça m’oblige à souffrir en croix … quoi que tu fasses, jamais je ne renoncerai à t’aimer ». On voit bien qu’en nous disant qu’il doit souffrir, Jésus n’est pas l’horrible masochiste ; il est l’amoureux fidèle. C’est pourquoi, nous crions de joie en le voyant.
Et alors, quand Jésus nous dit de prendre notre croix, il n’est pas l’horrible sadique qui veut faire souffrir ses disciples ; il est le maître qui enseigne que notre amour ne sera vrai et ne conduira à la joie que s’il est sans limite. Et si l’Eglise dit la nécessité de se convertir, ce n’est pas par plaisir de contrarier, c’est par impatience de voir les hommes acquérir la joie d’aimer.
Nous avons célébré des mariages ; ce qui conduit des chrétiens à se marier à l’église, c’est qu’ils ont repéré que la bonne manière d’aimer, c’est celle de Jésus… qui va jusqu’à souffrir et mourir pour ceux qu’il aime.
C’est la rentrée scolaire et la reprise de bien des activités. Spontanément nous sommes allergiques à tout ce qui contrarie notre tranquillité. Eh bien, comprenons ce que veut dire « prendre notre croix ». Prendre notre croix, ce n’est pas courir après la souffrance, mais c’est  consentir à se déranger pour aider d’autres à vivre, parce qu’on a de l’amour dans le cœur. Il faut aider des enfants à connaître Jésus : qui laissera déranger son emploi du temps pour faire du catéchisme ? Il faut aider à vivre les familles en deuil : qui prendra sa place dans les équipes de funérailles? Il faut aider à vivre les malades : qui consacrera du temps à la visite des malades ?… Et bien d’autres appels vont surgir : qui voudra bien ne pas mettre de limite à son amour ? Que chacun regarde le Christ qui n’a pas mis de limite à son amour, et se pose cette question : « puis-je me dire disciple de Jésus et mettre des limites à mon amour ? »

21ème dimanche du temps ordinaire

            Pour vous qui est le charpentier de Nazareth ? Qui est cet homme que ses concitoyens ont mis en croix, et qui, depuis 20 siècles attire l’intérêt des uns et l’antipathie des autres ?
Si vous devez présenter une personne que vous n’avez pas fréquentée, vous allez fournir des renseignements comme ceux que donne la notice du dictionnaire : son âge et ses actions principales ; vous voyez bien ce que vous diriez sur Vercingétorix ! Mais si vous devez présenter une personne que vous avez fréquentée, vous allez dire tout autre chose : vous allez dire quelle influence exerce dans votre vie cette personne ; autrement dit, vous allez parler de vous en même temps que d’elle. Justement, pour répondre à la question : ‘pour vous, qui est Jésus ?’ vous devrez parler de vous en même temps que de Jésus ; vous direz par exemple que, grâce à lui, vous avez entrevu un chemin de liberté, une lueur d’espérance, un regard de miséricorde ; vous allez dire que vous approuvez sa manière de vivre, de construire la paix, etc… Bref, loin de dire la notice du dictionnaire ou celle du catéchisme, vous parlerez de votre relation personnelle avec Jésus. Dans ces conditions, vous allez mériter votre qualificatif de témoins du Christ.
Ainsi, il est clair que le Christ fait partie de notre vie personnelle… Je le souligne. Ca me fait penser au débat d’il y a quelques années sur les racines chrétiennes de l’Europe ; sans nier les apports d’autres courants spirituels ou philosophies, certains disaient que l’évangile a vraiment imprégné la civilisation. De la même façon, en nous demandant « pour vous, qui suis-je ? », Jésus nous permet de vérifier si notre vie est un peu – ou beaucoup – imprégnée de sa présence.
La question « qui est Jésus pour toi ? », Jésus nous la pose par l’intermédiaire des personnes que nous rencontrons. Quand des personnes tiennent des propos racistes, nous entendons Jésus nous dire « il y a des racistes ; mais toi, me tiens-tu pour le frère universel ? » Quand se présente une situation injuste, nous entendons Jésus nous demander : « il y a de l’injustice ; mais toi, me considères-tu comme ton maître en matière de justice ? Si des personnes sont cataloguées, condamnées, nous entendons Jésus nous dire : « ils sont sans miséricorde ; mais suis-je pour toi le maître de la miséricorde ?

Qui est Jésus pour nous ? En gros, nous dirons tous qu’il conduit vers la vraie noblesse humaine… qu’il fait grandir en humanité… qu’il donne le goût de nous élever au-dessus des vaines idoles (la plus redoutable des idoles étant le « moi ») ; nous dirions qu’il enseigne à être attentionné à chaque personne ; qu’ayant conduit sa vie à ce sommet qu’est le don de soi, il révèle que la seule noblesse de l’homme, c’est de payer de soi pour aider les autres à vivre… Voilà notre foi ; selon les mots du credo, nous l’exprimerons en disant « Jésus, est le vrai homme, l’homme réussi, la présence de Dieu parmi nous, le fils de Dieu ».
Vous avez sûrement avec lui cette relation qui fait qu’il n’y a pas une journée sans que le Christ Jésus frappe à la porte de votre cœur, vous suggérant comme dit la prière de saint François, de mettre l’amour là où il y a la haine, le pardon là où il y a l’offense … de l’humain là où il y a de l’inhumain. Probablement vous direz donc que le Christ est la parole créatrice qui travaille à créer l’homme selon Dieu.
Quand Pierre dit que Jésus est le Messie, il dit que Jésus est vraiment l’homme selon Dieu, l’homme qui est grand parce qu’aucune compromission et aucune infidélité n’ont jamais abaissé ou dévalorisé sa noblesse humaine, sa dignité d’homme fils de Dieu. Et quand nous professons que Jésus est le Messie, nous disons que nous avons tellement envie d’être homme comme Jésus que nous sentons l’urgence de tourner le dos à tant de péchés qui dévalorisent notre noblesse.
On le voit, Jésus de Nazareth n’est pas un personnage parmi d’autres. Il est unique. Saint Paul dit que « tout est de lui, tout est pour lui, tout est en lui ». Tout est de lui, car s’il y a quelque chose plutôt que rien, c’est parce que le Christ est la source de vie, à l’origine de tout ; « tout est pour lui », car il ouvre les bras pour tout rassembler dans son amour ; « tout est en lui » car il saisit l’humanité dans sa fidélité et son amour et nous avons la chance d’être baptisés – plongés en lui. A lui la gloire pour les siècles.

19ème dimanche du temps ordinaire
13 août 2017

La tempête ne se produit pas seulement sur le lac de Tibériade et sur les océans. Les tempêtes… elles ne manquent pas dans les familles, dans les immeubles, dans les communautés… lorsqu’une parole ou un comportement sont jugés inacceptables… ; c’est une terrible tempête qui secoue la personne à qui le médecin diagnostique une grave maladie ou qui apprend la fin de son contrat de travail. C’est la tempête pour ceux qui ont l’impression que Dieu les abandonne. Le monde affolé par toutes sortes de dangers est secoué par une tempête permanente ; de partout sur terre, de la bouche des malades, des populations terrifiées par la guerre, des personnes battues et trahies… une immense clameur s’élève comme celle des disciples : Seigneur, sauve-nous ! Comment Dieu répond-il à cette clameur ? Est-ce que Dieu est présent à ce monde en tempête ? Récemment, j’ai vu un grand malade qui m’a dit : Je ne crois plus ! Comment croire en un Dieu bon alors qu’il y a tant de malheureux ? Pourquoi Dieu bon ne calme-t-il pas toutes les tempêtes ?
Il faut avoir un œil sur le récit de la tempête sur le lac et un œil sur le récit de la grande tempête aux jours de la passion. Lors de la tempête sur le lac, Jésus est en prière, la nuit, … comme à Gethsémani ; lors de la tempête sur le lac, Pierre est pris par la non-foi … comme il l’est à nouveau lorsqu’il renie son maître. Sur le lac où les pêcheurs sont affolés et lors de la passion où Pierre est malmené, le Christ est avec les hommes dans leurs tempêtes. Je me souviens d’une dame cancéreuse qui regardait la croix et faisait cette prière : « Jésus qui es torturé sur la croix, toi, tu me comprends ». C’est en se plaçant parmi les grands souffrants que Jésus répond à la question : « que fait Dieu pendant qu’on souffre ? »
Comme j’ai rapproché la tempête sur le lac et la tempête de la passion, faisons un rapprochement entre l’apaisement de la tempête sur le lac et les apparitions du Ressuscité :
1/ Au bord du lac, les disciples croient qu’ils voient un fantôme, comme lors de l’apparition pascale où Jésus dit « touchez moi, un esprit n’a pas de chair ni d’os et vous constatez que j’en ai ».
2/ Sur le lac, la main tendue à Pierre fait penser à la main tendue à Thomas l’incrédule 3/ L’exclamation « vraiment tu es le fils de Dieu » fait penser à la parole de Thomas « mon Seigneur et mon Dieu ».
Autrement dit, le Jésus qui marche sur la mer, c’est le même qui piétine la mort. Quand nous sommes dans les tempêtes, souvenons-nous non seulement que Jésus marche à nos côtés, mais aussi qu’il est ressuscité, capable de calmer la grande tempête que provoque la mort.
Il dit « c’est moi, n’ayez pas peur ».
Ajoutons que ce Jésus qui piétine la mort nous propose d’en faire autant. : quand il dit au baptisé de respecter tout frère humain, il conduit bien à fouler aux pieds le réflexe du mépris ; quand il dit au baptisé de chercher la justice, il demande bien de mettre sous ses pieds tous les égoïsmes facteurs de rivalités ; quand il dit au baptisé de pardonner et de donner sa vie pour les autres, il invite à piétiner les rancunes. Professons la foi du baptême ; disons que nous aimons Jésus pour son aptitude à piétiner le mal, à marcher sur la mer. Disons « vraiment, tu es le fils de Dieu, celui en qui il n’y a que de l’amour, que de la vie ».

 

18ème dimanche du temps ordinaire
6 août 2017

Il est probable que le récit de la Transfiguration du Seigneur crée chez bien des fidèles une interrogation : un homme comme nous, qui se montre brillant comme le soleil, comment est-ce possible et qu’est-ce que cela veut dire ? Moi-même j’ai porté cette question jusqu’au jour où j’ai noté deux choses :
1. que les témoins de la transfiguration sont Pierre Jacques et Jean, ceux là qui furent les témoins de l’agonie à Gethsémani ;
2. que juste avant le récit de la Transfiguration, saint Matthieu a placé l’annonce de la passion et l’invitation faite aux disciples à prendre la croix de l’amour et à donner leur vie.
M’étant aperçu de cela, j’ai compris qu’il fallait faire un lien entre la gloire de la Transfiguration et la décision de donner sa vie. Autrement dit, Jésus est transfiguré parce que par amour, il prend le risque d’être défiguré par fidélité à son amour. Il n’est pas étonnant que Jésus soit plein de lumière parce que, même si on projette de le torturer et de le supprimer, partout où il passe, il est une oasis de miséricorde, un hôpital de campagne : il soigne les blessés, réconforte les accablés, relève les pécheurs… Il est lumineux comme le soleil parce qu’il donne sa vie pour les pécheurs.

Jésus tu es le Fils bien aimé   –   Jésus crucifié, tu montres l’amour du Père.

Petite parenthèse : Si Jésus est plein de gloire parce qu’il paie de sa personne pour les autres, il aurait du avoir en permanence le visage transfiguré qu’il avait lors de la transfiguration. Mais cette gloire nous aurait aveuglés comme le soleil ; alors Jésus a mis le comble à sa délicatesse en cachant sa gloire. Cependant, comme la lave incandescente qui bouillonne secrètement surgit au moment de l’éruption du volcan, la gloire du Christ est apparue soudainement devant quelques témoins. Et ces témoins ont pu comprendre plus tard que le Maître qu’ils ont vu défiguré sur la croix était en fait celui qui transfigure l’homme dans la beauté de l’amour.

Christ, tu as fait du corps humain le temple de la gloire

Si vous faites le lien entre don de soi et beauté, entre don de soi et présence de Dieu, la transfiguration de Jésus ne vous apparaîtra pas comme un conte pour petits enfants avides de merveilleux. Devant une personne pauvre de cœur, une personne assoiffée de justice, capable de pardonner et de se déranger pour les autres… vous avez pensé « il fait bon près d’elle » ! Exactement ce que st Pierre a dit : « il est bon que nous soyons ici »! Or, des personnes qui offrent leur compassion, pratiquent l’entraide, se dépensent les uns pour les autres, il y en a partout ; c’est pourquoi nous disons que le ciel et la terre sont remplis de la gloire de Dieu. En fait, tout homme remplit sa vie de noblesse et de beauté dans la mesure où il décide de dire sur lui-même « mon corps livré, je vis pour aider les autres à vivre ».

Tu me fais entendre l’appel à aimer ;….  tu me donnes ta gloire

Elle est en vous, la gloire de Dieu ; vous êtes déjà transfigurés par l’amour ! La preuve ? Combien d’entre vous en effet souffrent par amour, renoncent à ceci par amour, se privent de cela par amour, voudraient prendre sur eux la souffrance d’un proche pour que celui-là en soit déchargé. Donc, pour identifier les moments où vous êtes vraiment vivants, pointez les moments où la décision d’aimer a donné à votre vie sa grande épaisseur. Souvenez-vous qu’à ces occasions, vous avez écouté la Parole, conformément au conseil du Père : mon Fils, écoutez-le ! Si vous écoutez la Parole, le Fils, vous débouchez sur la transfiguration de votre vie.

Nous allons chanter « nous attendons ta venue dans la gloire » ; pourquoi attendons-nous la gloire ? Parce que, nous qui sommes actuellement défigurés par le péché, nous avons hâte d’être transfigurés dans la gloire, semblables à Jésus.

 

17ème dimanche du temps ordinaire
30 juillet 2017

Vous, parents et grands parents, vous avez à cœur d’expliquer aux enfants  pourquoi vous êtes attachés à la foi… Vous vous y prenez de votre mieux pour manifester par votre prière quotidienne et vos explications que Jésus Christ est le trésor, la perle rare. C’est très important, car, si les jeunes se détournent rapidement du chemin de la foi, c’est peut-être faute d’avoir eu de tels témoignages.
D’abord, les jeunes rêvent quand on leur parle de trésor en général, de course au trésor … Pour qu’ils se rendent compte que les trésors ne sont pas que matériels, il convient que chacun montre que son trésor, c’est son époux, son épouse, ses enfants… bref qu’un vrai trésor c’est ce qui donne envie de vivre, qui dilate le cœur, qui créerait une absence terrible s’il disparaissait. Alors, ayant expliqué cela, il faut dire que Jésus a – justement – ces qualités là. Sa fidélité invariable vous donne envie de vivre ; sa décision de considérer les autres comme plus importants que lui-même est manifestement la base d’une vie en société tout à fait sereine ; sa position juste par rapport aux choses de la terre est le remède contre la volonté d’accaparer qui génère la guerre… Bref, je crois que nous pouvons dire que Jésus est le trésor. Un psaume dit « tu me donnes plus de joie que toutes les vendanges et les moissons, toutes les richesses ». Le roi Salomon avait déjà déclaré qu’il serait plus riche que n’importe qui s’il vivait sagement en conformité avec la Parole de Dieu, c’est-à-dire à la ressemblance de Jésus. Voilà une pensée qu’en tant qu’éducateurs de la foi, vous pouvez dire facilement : je m’attache à Jésus Christ parce que je suis sûr qu’il a réussi sa vie et je sais que ma vie sera réussie si je vis comme lui.

  – Jésus tu as réussi ta vie ;   Si je te suis, je réussirai ma vie.

Donc, comme dit saint Matthieu, vous pouvez dire aux jeunes ( et aux moins jeunes, et à vous-mêmes) qu’ayant trouvé Jésus, vous avez trouvé le trésor, la perle rare. Mais saint Matthieu précise que l’homme qui a trouvé le trésor, renonce à tout pour l’acquérir. Vous serez de bons témoins si vous montrez que pour acquérir le trésor, vous avez sacrifié un certain nombre de choses bien cotées dans le monde. L’un dira que pour profiter du trésor qu’est la fraternité, il a préféré à une profession où il aurait gagné beaucoup d’argent, une profession où il serait au service ; un autre dira que pour avoir le trésor qu’est la paix, il a renoncé à une rancune et a décidé de pardonner …

– Jésus, te connaître vaut mieux que vivre… Pour que ton règne vienne, donne moi de te préférer

Enfin, dans d’autres discours saint Matthieu dit que Jésus est le trésor ; mais aujourd’hui, il dit que c’est le royaume de Dieu qui est le trésor. Il faut donc comprendre que Dieu offre son trésor même à ceux qui, tout en ignorant Jésus, aiment ce qu’aime Jésus et se règlent sur la sagesse de Jésus : le service des autres, la justice, la liberté par rapport aux modes et aux tromperies. Je n’ai pas l’autorité de canoniser qui que ce soit, mais Dunand qui a créé la Croix Rouge, Coluche qui a lancé les Restos du cœur participent au même royaume d’amour que le P. Rodhain qui a créé le Secours Catholique ou que l’abbé Pierre qui a fondé Emmaüs. Tous ceux qui ont trouvé ce trésor qui s’appelle le service du frère appartiennent au royaume de Dieu. Même ceux qui ne croient pas en Jésus peuvent contribuer au royaume.

Que ton règne vienne …  que tous les hommes servent ton projet d’amour.

 

13ème  dimanche du temps ordinaire
2 juillet 2017

Après la 1ère lecture   Frères et sœurs, vous voyez pourquoi l’Eglise fait proclamer la Parole à chaque célébration et pourquoi elle invite à lire la Parole chez soi et à la partager en groupe. C’est que la Parole porte la vie ; recevoir la Parole, c’est recevoir la vie. Quand la femme accueille la Parole que porte le prophète Elisée, elle devient mère, son couple cesse d’être stérile (alors qu’elle ne s’est pas plainte d’être affectée par ce grand malheur). Nous pouvons penser qu’en parlant de stérilité, la Bible désigne l’impasse dans laquelle nous sommes tant que nous ne nous nourrissons pas de la parole ; et quand la Bible montre qu’ayant accueilli la Parole, la femme devient mère, elle montre que la Parole fait sortir des impasses, des chemins qui ne mènent nulle part (le chacun pour soi, l’infidélité, la violence mènent immanquablement à des impasses). Bref pour avoir une vie féconde, il n’y a qu’une chose à faire : accueillir la Parole de Dieu ! Saint Jean dit que la Parole, c’est la vie ; et Jésus qui est la Parole incarnée est tellement la vie qu’il a été victorieux de la mort et est ressuscité. Ce qu’il faut préférer à tout, c’est la parole qui ouvre à la vie, et qui fait ressusciter. Accueillir la Parole, c’est accueillir Jésus sur qui le péché n’a pas de pouvoir. Rendons grâce au Seigneur pour sa parole d’amour « Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante »
Après l’Evangile : Jésus semble dire ici le contraire de ce que la Bible dit ailleurs. La Bible fait un devoir absolu d’honorer son père et sa mère, et ici Jésus semble relativiser ce devoir en disant que le disciple doit aimer le Christ plus que ses parents (« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi »). Essayons de voir ce que signifie aimer le Christ.
En demandant que le disciple ait pour lui un amour plus fort que pour ses parents, Jésus dit qu’entre le disciple et le Christ, il y a quelque chose de nuptial : or, qu’est-ce qui se passe quand la demoiselle ou le jeune homme ont trouvé chaussure à leur pied : quand ils décident de vivre ensemble, ils ne quittent pas père et mère parce qu’ils cessent de les aimer. Voilà une première note : aimer le Christ plus que ses parents, ce n’est pas cesser de les aimer, mais poser sur une base sûre l’amour des parents, et des enfants et des voisins : cette base, c’est l’amour de celui qui donne sa vie. Puisque nous sommes à la messe, disons qu’en aimant plus que tout le Christ qui a dit « mon corps livré pour vous », on devient capable de dire « mon corps livré pour les autres », ce qui est la meilleure manière d’aimer.
Il y a un lien nuptial entre le disciple et Jésus. Je pense à des fiancés qui disent que depuis qu’ils sont attachés à leur futur, l’attachement aux amis est devenu relatif, ainsi que l’attachement aux loisirs de célibataires. Ce qui est devenu prioritaire, c’est de faire vivre le conjoint et de donner sa vie pour lui. Le conjoint qui garderait ses habitudes de célibataire ne serait pas vraiment lié à son conjoint. Et les mariés savent que la seule manière de garder sa vie, c’est de la donner au conjoint. Il en est de même pour le disciple ; la seule manière d’être vivant, c’est de se donner, de vivre pour Dieu, de vivre pour les autres.
Un lien nuptial unit le disciple au Christ ! Je pense au Cantique des cantiques qu’on lit parfois au mariage : « voici mon bien aimé qui vient » ! St Matthieu dit que Jésus, notre bien-aimé, vient sous le visage du prophète, de l’homme juste et du plus humble. De même que l’amoureux est attentif à tous les signes de la venue, de la présence de son conjoint, puissions-nous penser que c’est le bien aimé qui vient quand quelqu’un tient pour nous le rôle du prophète, quand nous rencontrons un homme juste, et quand se présente le plus humble ; celui qui les accueille, dit Jésus, c’est moi qu’il accueille.

12ème  dimanche du temps ordinaire
25 juin 2017

            Frères et sœurs, je parle aux automobilistes : qui d’entre vous ayant reçu d’en face un appel de phares qui prévient d’un danger (ou de la présence des gendarmes !), n’a pas été reconnaissant ? Celui qui prévient les autres de la nécessité de corriger leur comportement pour ne pas blesser les autres et se blesser eux-mêmes, rend service. Or, c’est cela le rôle du prophète. Nous tous, par le baptême, nous avons été institués comme prophètes : nous avons reçu la mission d’indiquer au nom de Dieu quelle manière de vivre génère la paix, la réconciliation et l’espérance… et de dénoncer du même coup des comportements mauvais. Nous avons un rôle utile à tenir dans le monde. Et pour tenir ce rôle, nous devrions être bien reçus et recevoir la reconnaissance des gens comme c’est le cas sur la route.
Cependant, la croix rappelle que Jésus a été persécuté ; avant lui Jérémie qui tient le rôle de prophète est persécuté ; et la communauté de st Matthieu l’est aussi ; pour tenir le coup, elle revient aux paroles de Jésus « ne craignez pas : Dieu prend soin de tous les moineaux du ciel et vous valez plus qu’eux ; il prend soin de vous ». Ne pas craindre, car notre religion exclut la peur de Dieu et aussi la peur des hommes.
Jésus, Jérémie, st Matthieu ! Comme eux, nous sommes exposés. Si nous nous montrons différents de notre entourage, nous sommes montrés du doigt ; si nous disons que les personnes comptent plus que l’argent, nous voilà qualifiés d’irréalistes ; si nous résistons à la pression des opinions à la mode – concernant les migrants par exemple -, nous voilà renvoyés sur les roses… « Ne craignez pas » dit Jésus.
Que devons-nous entendre par là ? S’il ne faut pas craindre, -même si nous sommes comme des brebis au milieu des loups – c’est parce que l’amour que Dieu a pour le monde est irrésistiblement plus grand que les pensées des hommes (la Bible dit qu’à côté de Dieu, les hommes sont comme une goutte au bord d’un seau !) S’il ne faut pas craindre, c’est parce que celui qui a affronté le monde sans compromission, le Christ, s’est montré le seul homme réussi, l’homme qui fait grandir la conscience humaine, l’homme qui valorise l’homme… et qui le ressuscite. Jésus, celui qui nous dit « ne craignez pas », c’est celui à qui la mort elle-même n’a pas pu résister.
Ne craignez pas ceux qui persécutent en tuant le corps (comme en certains pays) ; craignez ceux qui persécutent en tuant l’âme ; et de tels ennemis existent chez nous. Demandez aux collégiens et lycéens s’ils osent se dire chrétiens devant leurs copains : dans beaucoup d’écoles, celui qui oserait se dire chrétien serait moqué, mis à l’écart. Cela montre que la persécution qui peut tuer l’âme, c’est des paroles qui vous interdisent d’être vous-mêmes, ou qui manipulent, qui affirment que votre foi relève de l’obscurantisme ; ou que on vit très bien sans référence à Dieu, ou que ce qui importe c’est l’enrichissement matériel… Ca tue l’âme parce que ça détruit la part spirituelle des gens qui, pour n’être pas agressés, en viennent à vivre pratiquement en athées, sans prier, sans se positionner comme prophètes, sans oser aller à contre courant.
Jésus n’a pas considéré que ses ennemis étaient ceux qui allaient tuer son corps ; il a situé le danger dans l’endormissement des disciples : il disait « veillez pour ne pas succomber à la tentation qui tue l’âme ». Il nous dit : « ne craignez pas ceux qui se moquent de votre foi ; craignez d’être formatés – endormis – par une société sans Dieu ». Inutile de rappeler la souffrance de beaucoup de parents qui déplorent que leurs enfants soient formatés ainsi.
On comprend que le Notre Père, la prière essentielle, comporte cette demande : délivre nous du mal ! Garde-nous de la tentation ! Nous adressons cette prière au Père qui prend soin des moineaux et prendra soin des hommes bien davantage.

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