2a Rue de la Résistance, 25150 Pont-de-Roide 03 81 92 40 59 paroisse-nd-chatey@diocesebm.fr

6eme dimanche du temps ordinaire

Cette semaine, comme certains d’entre vous peut-être, je me suis rendu à l’hôpital nord Franche-Comté : HNFC. Lieu sans véritable nom, comme c’est difficile de leur en donner un, à l’image de bien des gares TGV, situées dans un no man’s land :

Un pays de personne. Et en arrivant à l’hôpital, à ma surprise, je découvre que le port du masque est devenu facultatif.
Quel lien avec les lectures de cette liturgie du 6eme dimanche du temps ordinaire de l’année B ?
Le masque jetable à l’époque où le Livre des Lévites ou Lévitique a été rédigé n’existait pas. Mais des précautions étaient déjà requises pour les personnes atteintes de cette maladie contagieuse qu’est la lèpre : « il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : impur ! Impur ! » Nous n’en avons pas été jusque-là avec la pandémie de la covid 19 ; Quoique les confinements en ont eu une ressemblance étrange.

La maladie dure épreuve de la séparation.

Être malade met très souvent à part.

Pour les écoliers, comme les salariés, hors de leurs lieux d’activités.

Pour d’autres personnes, hors de chez elles : à l’hôpital, dans un centre de soins de suite, en EPHAD, comme les personnes touchées par la sclérose en plaques, Parkinson, Alzheimer, AVC ou d’autres grandes pathologies.

En cette 32eme journée du malade, pensons-y !

Nous qui ce soir avons pu nous rassembler en communauté pour prier Celui qui nous rejoint là où nous sommes. Celui qui est « saisi de compassion » envers nous, si nous osons à l’exemple de ce lépreux venir à Lui, et nous tourner vers Lui avec notre demande.

Le résultat, si j’ose dire ne se vivra certainement pas « A l’instant même ».

Cette rapidité tant évoquée dans l’évangile de Saint Marc.

Mais nous faisons plutôt tous l’expérience, face à la maladie du devoir d’être patient. Ce mot patient qui prenait tout son sens, comme nous l’avait dit un confrère prêtre atteint d’une tumeur cancéreuse. D’ailleurs, c’est ce terme que nous utilisons face aux corps des soignants. Le malade devient un patient. Il se doit bien souvent de le devenir, ainsi que son entourage, comme si le temps contribuait à une possible guérison, à une cicatrisation, et bibliquement parlant à une purification :

« La lèpre le quitta et il fut purifié ».

Et voici que Celui qui guérit, soigne, qui est « saisi de compassion », vient à se trouver dans cette situation de nos gares TVG et de certains de nos hôpitaux, tenus à rester « à l’écart dans des endroits déserts ».

Comme si pour bien agir envers le malade, la mise à distance, le secret professionnel « attention ne dis rien à personnes » étaient devenus la règle.

Comme si Jésus nous appelait à nous faire proche de nos frères et sœurs malades, tout en gardant ce juste espace de ne pas chercher à se mettre à leur place.

Compatissant sans être accaparant.

Laissant au malade tout le reste d’autonomie qu’il a encore en lui.

Se mettant à son écoute et à l’écoute de son corps malade, pour y redécouvrir, non pas le lépreux d’hier ou le cancéreux d’aujourd’hui, mais bien toute son unique personnalité humaine.

Rejoignez-nous

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque semaine toute l'actualité catholique en Nord Franche-Comté

Je recherche