L’Ascension du Seigneur 2026

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Publié le 8 mai 2026

L’Ascension du Seigneur

La fête de l’Ascension célèbre la montée de Jésus vers Dieu son Père. Elle est fêtée en France le jeudi de l’Ascension, quarante jours après Pâques, ce 14 mai 2026. Mort et ressuscité, il quitte ses disciples tout en continuant d’être présent auprès d’eux, mais différemment. Il promet de leur envoyer une force, celle de l’Esprit-Saint.

La fête de l’Ascension, célébrant l’entrée du Christ dans la gloire de Dieu, est une des principales fêtes chrétiennes, qui s’inscrit dans le prolongement de Pâques et annonce la Pentecôte, dix jours plus tard.

Jésus rejoint son Père

L’Ascension est relatée par l’évangile de Marc (chapitre 16, verset 19), l’évangile de Luc (chapitre 24, verset 51) et le livre des Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6-11). Le livre des Actes des Apôtres rapporte que, quarante jours après Pâques, Jésus apparaît une dernière fois à ses disciples et leur annonce : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. L’évangile de Luc précise quant à lui que les apôtres « retournèrent à Jérusalem, remplis de joie ».

Ainsi s’achève le temps des rencontres du Ressuscité avec ses disciples. Cependant, selon sa promesse, Il sera toujours avec eux, mais d’une présence intérieure : ils ne le verront plus de leurs yeux. Le Christ n’est plus visible, mais il n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit à la Pentecôte.

Homélie du père Louis Groslambert pour la Solennité de l’Ascension 2026

Frères et sœurs, il y a 40 jours, en fêtant Pâques, nous disions en trois mots l’essentiel de la foi : « Christ est vivant ». Et au cours des 6 derniers dimanches, le livre des Actes des Apôtres et les évangiles ont répété le même message : Jésus-Christ est vivant. Qu’est-ce que l’Ascension ajoute à ces quatre mots ? Qu’avons-nous entendu de nouveau dans la Parole de Dieu d’aujourd’hui ?

Nous avions entendu à Pâques que Jésus n’est pas vivant au sens où son cadavre aurait été réanimé, mais au sens où il est vivant dans l’Église de ses disciples, dans le cœur des hommes, au point que nous repérons que des personnes vivent avec une telle miséricorde, une telle fidélité, une telle générosité, que nous disons « c’est le Christ qui vit en eux ». Eh bien, en plus de ce message, nous avons entendu aujourd’hui qu’un homme avec son corps, Jésus de Nazareth, est désormais dans le cœur de Dieu, que la Trinité porte en elle l’humanité de Jésus. Autrement dit, l’Ascension précise que le Christ emporte vers Dieu tout ce qui fait l’humain. Lui qui s’était abaissé dans l’humble condition de notre pauvre humanité emporte vers Dieu, comme le trésor de Dieu, toute votre vie, si pauvre soit-elle. Il emporte vers Dieu tous les efforts que font les scientifiques, les poètes, les mystiques, pour formuler tous les mystères de la vie, toute la recherche de la sagesse, tous les signes de Dieu… Il emporte vers Dieu tout le travail des hommes, toutes leurs tendresses, toutes leurs générosités, toutes leurs pauvretés. Comprenez que vos joies, vos peines, et même vos lâchetés, … ont une telle noblesse que le Christ ressuscité leur donne une destinée divine et les emporte en Dieu.

On voit bien que lorsqu’on dit que le Christ est monté aux cieux, on prend le mot « monter » au sens figuré qu’il a quand on dit que l’élève monte dans la classe supérieure ou que le militaire monte en grade. Jésus monte, non pas en changeant d’altitude, mais en accédant à ce niveau d’autorité qui lui permet de conduire à Dieu toute la vie humaine. Il fait cela jour après jour, parce qu’il est vivant, actif.

La fête de l’Ascension fait célébrer le Christ vivant en chacun, emportant vers Dieu tout l’humain. En plus, elle précise qu’en portant l’humanité vers Dieu, le Christ donne à l’Église ce qu’il lui faut pour réaliser sa vocation. Il lui donne l’énergie, la force, la vigueur que Dieu a mise en œuvre quand il a ressuscité Jésus. Grâce à cette force de résurrection, l’Eglise réalise sa vocation de baptiser les gens. C’est qu’une Église qui baptise ne se contente pas de verser de l’eau sur la tête des gens, mais elle fait en sorte qu’ils entrent dans un bain d’amour (en effet, baptiser veut dire baigner, plonger dans un bain). Frères et sœurs, vous qui avez été « baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », faites en sorte que les gens que vous rencontrez baignent dans l’amour « du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Le pape François dit comment l’Eglise doit envelopper les gens dans ce bain d’amour : il dit que chaque communauté chrétienne baptise si elle est une oasis de miséricorde ; si, comme un hôpital de campagne, elle soigne les blessures, réchauffe les cœurs, descend dans la nuit où sont les frères ; si chaque baptisé dit sur soi « mon corps livré pour les autres ». Donc à l’Ascension, le Christ dit à chacun : « tu vois tout ce qui détériore l’humanité… eh bien, je te donne l’énergie pour que tu fasses ta part pour que des larmes ne coulent plus… fais ta part, pour que telle personne soit moins découragée… fais ta part pour que les enfants découvrent la foi… fais ta part pour que les gens qui travaillent soient traités avec justice… fais ta part pour que la présence du Christ fidèle et pardonnant soit manifeste. » Donc, croire au ciel va de pair avec travailler sur la terre. Pensons que les activités les plus spirituelles ne se limitent pas à la prière, mais englobent les efforts pour que les relations humaines soient plus respectueuses des libertés, des dignités des personnes. Bien sûr, on ne peut pas être chrétien sans regarder le ciel, sans s’appuyer sur la promesse de Dieu, sans faire grand cas de ses dons, sans « chercher les choses d’en haut » comme dit Paul ; il nous faut donc la force de la résurrection pour n’être pas enlisés dans le matériel, prisonniers des choses de la terre. Il nous faut la force de la résurrection pour honorer le Seigneur en étant le sel de la terre auprès de ceux qui ne regardent jamais le ciel, soit parce qu’ils manquent du nécessaire soit parce qu’ils sont prisonniers du superflu

Depuis Pâques et l’Ascension, le Christ n’est plus à côté de nous mais en nous ; il n’est plus seulement notre compagnon de route, mais il est notre force pour marcher. Le Christ n’offre plus sa présence aimante à nos côtés, il est devenu notre force d’aimer. Et si lui, la tête de l’Église est déjà en Dieu, nous ses membres, nous avons déjà notre place en Dieu. Christ est vivant, nous serons vivants.

Méditer l’Ascension avec la Halte spirituelle sur RCF

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