Dans l’Évangile de ce dimanche, Saint Matthieu écrit que la prédication de Jésus se résume à ceci « convertissez-vous ». Dans la société, mille choses seraient à changer. Jésus dit que le moyen le plus efficace pour changer quelque chose dans la société, c’est de nous convertir. Avant de rêver que les autres se convertissent, convertissez-vous ! Vous êtes dans les ténèbres, venez à la lumière ! Il n’y a que votre amour qui invitera les autres à se convertir.
Prédication du père Louis Groslambert pour le troisième dimanche du temps ordinaire
Nous fêtons Dieu qui déploie son attention paternelle pour tous les hommes. En effet, imaginerions-nous que Dieu, père de tous les hommes, puisse dire « je réserve mon amour aux chrétiens et prioritairement aux catholiques » ? Alors qu’il est venu verser son sang pour la multitude, imaginerions-nous que Jésus exclue d’aller vivre dans la Galilée sous prétexte que, là-bas, vivent des croyants plus ou moins déviants ? Évidemment, il est impossible que Dieu ne soit pas à la recherche de tous ses enfants. Les démographes et les économistes décrivent avec raison les problèmes que pose la mondialisation ; nous, avec encore plus de raisons, nous nous réjouissons de la mondialisation de l’amour de Dieu ; tous les dimanches, la parole « mon sang versé pour la multitude » nous procure une joie inégalée.
La multitude est ce dont Dieu se soucie ! C’était déjà ce qui motivait notre joie lors de la manifestation de Jésus aux mages païens. La multitude baignée dans l’amour de Dieu – sans distinction entre protestants et catholiques – a été la base de la prière pour l’unité de tous les chrétiens qui a été faite cette dernière semaine. La multitude, Jésus ne pensait qu’à cela : lui le prophète de la lumière est venu spontanément au « pays de l’ombre » ; lui le sauveur des pécheurs, s’est établi en Galilée, là où il y a des pécheurs à sauver. Jésus va à la rencontre de tout homme, de votre fils qui vous fait du souci, des gens qui s’étourdissent dans la drogue, de tous ceux qui marchent dans les ténèbres. Jésus cherche le contact de tous.
Alors, si nous partageons le projet universaliste de Jésus, nous devrions surtout penser à ceux qui ne sont pas là ; notre souffrance devrait être qu’il manque quelqu’un : à la crèche, les païens manquaient, alors Dieu a appelé les Mages ; dans le groupe des apôtres les non-juifs manquaient, alors Dieu a fait de la Samaritaine son apôtre ; dans nos églises, nous sentons sûrement que manquent les jeunes ; et qu’à notre table eucharistique, il manque des gens qui souffrent. En toute circonstance, il serait bien que nous disions « Et les autres ? » Saint Matthieu écrivait que Jésus parcourait toute la Galilée » ; il faudrait que nous nous affairions comme lui : « j’ai un toit et j’ai à manger ; et ceux qui n’ont pas cela ? J’ai pu faire des études et accéder au travail que je désirais ; et ceux qui sont sans travail ? » … Il me semble que lorsque Jésus dit « mon sang versé pour la multitude », il m’appelle à dire « Et les autres ? ».
Vous comprenez que saint Matthieu écrive que la prédication de Jésus se résume à ceci « convertissez-vous ». Dans la société, mille choses seraient à changer. Jésus dit que le moyen le plus efficace pour changer quelque chose dans la société, c’est de nous convertir. Avant de rêver que les autres se convertissent, convertissez-vous ! Vous êtes dans les ténèbres, venez à la lumière ! Il n’y a que votre amour qui invitera les autres à se convertir.
Simon-Pierre, André, Jacques et Jean ont entendu Jésus leur dire « Dieu veut écrire une histoire avec toi ». Frères et sœurs, Jésus nous dit à chacun « Je veux écrire une histoire avec toi » et nous pressentons que nous écrirons une belle histoire si nous la vivons avec lui. Il nous dit : imagine que tu peux donner de la joie à des enfants ! Imagine que ton cœur pourrait se dilater si tu portais mon amour aux personnes âgées seules ! Imagine que tu aurais une grande satisfaction si tu consentais à donner du temps pour ta paroisse ? Et fondamentalement « veux-tu me suivre en donnant ta vie » ?
Un dernier mot ; la semaine de prière pour l’unité des chrétiens s’est terminée hier. Catholiques, orthodoxes, protestants, évangéliques…, tous ont dit que Jésus est la lumière pour tout homme, pour la multitude. Puissions-nous entendre Jésus qui nous susurre « je voudrais écrie une histoire d’amour avec toi ».