Cinquième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 4 février 2026

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus nous appelle « la lumière du monde et le sel de la terre ». Comme est indispensable le sel qui va disparaître en révélant la saveur des aliments, et comme est indispensable la lumière qui valorise les êtres, vous les pauvres, les artisans de paix, les assoiffés de justice, vous êtes indispensables… Est indispensable au monde votre aptitude à accueillir, votre soif de justice, votre effort pour la paix, votre joie de servir, et de pardonner et de considérer les autres plus importants que vous…

Prédication du père Louis Groslambert pour le cinquième dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, les prédicateurs vous rabâchent qu’étant baptisés, vous devez être missionnaires… que votre comportement doit mettre de la lumière dans la société. De quelle manière être missionnaire ? Je cite Isaïe ; il affirmait que « la lumière jaillit comme l’aurore » si quelqu’un partage son pain, s’il fait disparaître le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante. Cette règle de vie, beaucoup – y compris des non baptisés – la trouvent sage et l’adoptent. Mais je cite aussi Saint Paul ; il disait que ce qui a été lumineux pour lui, sur le chemin de Damas, c’est la croix, l’amour que le Christ a manifesté en mourant pour les pécheurs. Lui, le persécuteur a été ébloui par la lumière de la croix au point qu’il en venu à dire que la prédication de la croix est la seule étincelle capable d’allumer la vraie lumière dans le monde. De même que, seules les plaies de Jésus ont pu faire basculer Thomas de l’incrédulité à la foi, de même seules les plaies des croyants (ce qu’ils font de coûteux par amour) peuvent rendre crédible l’Évangile.

Je cite aussi saint Matthieu dont le propos va à l’encontre de notre pensée. Car nous dirions sans difficulté que nous ne faisons que porter le sel et la lumière, le sel étant le message de l’évangile, la lumière étant Jésus. Eh bien, saint Matthieu dit que le sel et la lumière, c’est les missionnaires. Frères et sœurs, vous n’êtes pas la salière ni le lampadaire, vous êtes le sel et la lumière ! Et Jésus ne dit pas : « vous devez être ou vous devez devenir sel et lumière » ; il dit « vous êtes la lumière du monde ; vous êtes le sel de la terre ». Comment est-ce possible ? Ce paragraphe, saint Matthieu l’a placé juste après le discours des béatitudes. Jésus parle donc à des gens pauvres, qui pleurent, qui osent pardonner, qui ne vivent qu’en luttant fort pour la justice, qui sont persécutés… et il dit à ces gens-là qui n’ont rien pour être sur le journal : « vous êtes le sel et la lumière », aussi indispensables à la vie du monde que le sel et la lumière. Comme est indispensable le sel qui va disparaître en révélant la saveur des aliments, et comme est indispensable la lumière qui valorise les êtres, vous les pauvres, les artisans de paix, les assoiffés de justice, vous êtes indispensables… Est indispensable au monde votre aptitude à accueillir, votre soif de justice, votre effort pour la paix, votre joie de servir, et de pardonner et de considérer les autres plus importants que vous… Frères et sœurs indispensables, vous n’existez pas pour vous-mêmes mais pour les autres, comme le sel et la lumière… même si vous agissez parfois invisiblement comme le sel, … et parfois très visiblement comme la lumière. Visiblement… mais sans vous exhiber. Saint Paul a dit la différence qui doit être visible dans nos vies et qui exclut l’ostentation : c’est notre obéissance à Jésus crucifié ! « Je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus crucifié ». Dans le contexte du chacun pour soi, celui qui donne sa vie pour les autres manifeste que le Royaume est au milieu des hommes, il est un vrai témoin du Christ.  

Frères et sœurs, Jésus met chacun en situation missionnaire. Mais le baptisé n’est pas sel et lumière tout seul. Le sel et la lumière, c’est l’Église, ce sont les communautés, les équipes. Que chacun s’adjoigne à une équipe : soit une équipe de visiteurs de malades (on appelle cela le Service évangélique des malades), soit une équipe liturgique, soit à l’équipe du secours catholique, soit à l’équipe des catéchistes, soit à un groupe de partage biblique ou de prière, ou à une petite fraternité, etc… Si dans chaque village, il y avait l’une ou l’autre de ces équipes, la vie chrétienne serait réelle même si la messe n’est pas célébrée dans chaque village. Ceux qui sont ensemble sont sel et lumière. Jésus dit en effet : « je suis au milieu d’eux ». Il dit aussi « On verra que vous êtes mes disciples si vous vous aimez, si vous n’êtes pas seuls ».

Notre Église reçoit de sévères critiques ; parfois son sel perd sa saveur ; parfois sa luminosité ne saute pas aux yeux. Il n’empêche que, parce que le Saint Esprit est en elle, elle ne cesse pas d’engendrer des gens qui donnent à la société le bon goût de la justice, de l’espérance, de la fraternité… Rendons grâce à Dieu !

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

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