Ce dimanche, saint Jean Paul II l’a qualifié de « dimanche de la miséricorde » : c’est en effet en pratiquant la miséricorde que les chrétiens disent que Jésus-amour est Ressuscité. Pour être missionnaires et témoins que Jésus est vivant, puissions-nous avoir une foi active, c’est-à-dire une charité se donne de la peine ; puissions-nous prendre la décision de servir le frère, même si c’est couteux.
Prédication du père Louis Groslambert pour le deuxième dimanche de Pâques – dimanche de la Divine Miséricorde
Frères et sœurs, Thomas n’est pas seul à penser que la résurrection d’un mort est incroyable ; nous nous demandons tous comment un cœur peut reprendre ses pulsations alors qu’il a cessé de battre depuis trois jours et qu’un soldat l’a transpercé d’une lance. Mais la reprise des pulsations du cœur de Jésus n’est pas le sujet ; en effet, nous ne croyons pas que Jésus a été réanimé comme Lazare, avec la perspective de re-mourir ultérieurement. Le sujet à réfléchir est celui-ci : habitant un monde où la vie n’est jamais sans la mort, sur quoi repose notre foi en un homme Jésus dont la vie est à jamais sans la mort ? Sur quoi repose notre espérance d’être nous-mêmes des gens sur qui la mort n’aura plus aucun pouvoir ?
Dimanche dernier, jour de Pâques, l’Évangile nous disait que notre foi repose d’abord sur le fait que le tombeau a été trouvé vide. Cela a étonné, voire bouleversé, Marie Madeleine, Pierre et Jean, sans déclencher en eux une véritable foi. Aujourd’hui l’évangile dit que notre foi repose sur des apparitions de Jésus : Jésus s’est fait voir et ceux qui l’ont vu affirment qu’ils n’ont pas eu des hallucinations : d’incrédules, ils sont devenus croyants, prêts à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ». Habités par la paix, ils constataient que se réalisait la promesse de Jésus : « votre peine se changera en joie ». (Jn 16,20)
Dans le monde, l’Église a pour mission de travailler à ce que la peine des hommes se change en joie. Pour que la peine de Thomas se change en joie, Jésus lui a montré ses plaies ; comprenons que pour atteindre le cœur des incroyants d’aujourd’hui, l’Église doit montrer ses plaies, c’est-à-dire se montrer prête à faire des choses coûteuses pour servir les frères. Ce qui atteindra au cœur l’incroyant d’aujourd’hui et l’orientera vers la foi en Jésus ressuscité, c’est que les baptisés pratiquent la parole centrale : mon corps livré pour les autres.
Historiquement, c’est par ses plaies que l’Église a été missionnaire. Certes, la foi en Jésus ressuscité a été formulée par des prédicateurs, des conciles, des professions de foi … Mais ce qui a amené les peuples d’Europe (pour ne parler que d’eux) à adhérer à la foi, c’est l’action très émouvante des chrétiens qui, sous l’inspiration du Saint Esprit, recueillaient les orphelins, construisaient des hôpitaux, prenaient soin des veuves, éduquaient les enfants, édifiaient des universités, imposaient des règles aux soldats, pratiquaient le partage… etc… Oui, ce qui rend crédible l’annonce de la résurrection, c’est la vie renouvelée des baptisés et des communautés qui justifient leur action en disant : « C’est le Christ qui vit en nous ». Saint Luc soulignait que, parce qu’ils croyaient à la résurrection, les chrétiens avaient des manières de vivre qui ne pouvaient que susciter le désir de faire partie de leur communauté : ils vivaient ensemble, en paix, en confiance ; chacun considérait qu’il avait en permanence une dette d’amour envers toute personne ; nul ne disait « ça c’est à moi, et je le garde pour moi » mais ils mettaient leur bien au service de ceux qui en avaient besoin. C’est la seule attitude missionnaire
Frères et sœurs, pour être missionnaires et témoins que Jésus est vivant, puissions-nous avoir une foi active, c’est-à-dire une charité se donne de la peine ; puissions-nous prendre la décision de servir le frère, même si c’est couteux. Saint Pierre écrit « Dieu nous a fait renaître pour une vivante espérance » ; eh bien, renaissons, orientons-nous vers une vie nouvelle.
Ce dimanche, saint Jean Paul II l’a qualifié de « dimanche de la miséricorde » : c’est en effet en pratiquant la miséricorde que les chrétiens disent que Jésus-amour est Ressuscité. Alors, à notre époque, dans nos paroisses, on pourra faire toutes les homélies qu’on voudra et célébrer toutes les messes qu’on voudra… ça n’attirera personne et ça laissera tous les Thomas dans leur non-foi … Mais nous répondrons aux questions de tous les Thomas si nous consentons à cultiver la fraternité, le service du frère, la compassion, le pardon…
Frères et sœurs, laissez-vous transformer par le Christ ressuscité ! Laissez-le vous ressusciter !
Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF
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