Ce dimanche précède la fête de l’Ascension : l’Église nous prépare à contempler la parole de Jésus : « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez ». Nous comprenons que ce qui déclenche et entretient notre foi, c’est la vision des signes de Jésus vivant : on croit que Jésus est vivant parce qu’on voit qu’il est actif.
Prédication du père Louis Groslambert pour le sixième dimanche de Pâques
Ce dimanche précède la fête de l’Ascension : l’Église nous prépare à contempler la parole de Jésus : « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez ». Nous comprenons que ce qui déclenche et entretient notre foi, c’est la vision des signes de Jésus vivant : on croit que Jésus est vivant parce qu’on voit qu’il est actif.
Frères et sœurs, le Saint Esprit vous donne de nombreux dons ; mais sous appréciez surtout qu’il vous rende aptes à voir que le Christ est vivant ! Quelle chance de constater que Jésus n’est pas enfoui dans les brumes du passé comme Vercingétorix, mais qu’il fait partie de notre présent, qu’il est vivant, actif… ! En cette messe, il nous faut rendre grâce parce que, grâce au Saint Esprit, nous constatons que Jésus est notre compagnon, qu’il est vivant en nous et que nous voyons tout en pensant à lui.
D’après Saint Luc (c’était la 1ère lecture) les samaritains ont compris que Jésus est vivant quand ils voyaient Philippe, Pierre et Jean faire des guérisons comme en faisait Jésus. Mais permettez que je cite des situations actuelles qui me font penser que Jésus est vivant ! Je vais faire des visites d’aumônerie à l’hôpital ; je vois des proches déployer mille attentions pour leur malade, je vois des soignants mettre en œuvre leur compétence et multiplier les gentillesses ; je conclus que l’amour est vivant, que Jésus est vivant. Alors que, devant une peine, je reste sans voix, j’entends une personne qui prononce la parole juste qui réconforte ; je me dis ‘Cette personne parle comme Jésus ; il est vivant en elle’. Il y avait une dispute… mais quelqu’un a eu le tact de calmer les protagonistes ; j’ai pensé ‘cette personne qui a osé s’interposer et qui a trouvé les mots propres à calmer la querelle, c’est le Christ prince de la paix qui l’a suscitée !’ C’est vrai, nous voyons Jésus vivant.
Vous-mêmes, dans un groupe où les propos deviennent méprisants, vous osez dire votre désaccord, et vous pensez « c’est le Seigneur qui m’a donné l’audace de m’interposer » ; ou bien, vous vous êtes dérangé pour aider quelqu’un… et vous pensez : « c’est le Seigneur qui m’a poussé ». Bref, vous pouvez voir Jésus vivant en vous et sous les traits de toute personne qui vit selon l’Esprit de Jésus. Il ne nous a pas menti quand il disait « Vous me verrez vivant »
Parmi les milliers de signes, il y a les sacrements. Votre mariage est un signe éminent qui montre que Jésus est vivant. Votre union, vos années de fidélité, de patience, de douceur, de pardon ; votre soutien mutuel, votre lien plus solide que vos déceptions et vos disputes… n’y voyez-vous pas des indices incontestables que le Christ est vivant en vous ? Merci beaucoup à vous, les couples, les mariés : si, comme dit saint Pierre, « vous honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur », vous mettez sous les yeux des contemporains les manières du Christ. Ainsi, vous donnez à voir que Jésus est vivant. Personnellement, la contemplation des mariés me conduit à penser que Jésus est vivant !
« Vous me verrez vivant ». Cette promesse, si nous ne la vérifions pas, nous ne croirons pas au Christ vivant, ressuscité. C’est pourquoi, un chrétien ne devrait pas se coucher le soir sans avoir écrit au moins un fait observé dans la journée qui montre que Jésus est vivant aujourd’hui. Au bout d’un mois, ce chrétien a 30 indices de Jésus vivant ! ou 365 au bout d’un an ! Faites cela ; notez votre observation et vous croirez en Jésus vivant.
Un conte va me permettre de développer l’idée qu’il est important de contempler Jésus vivant dans les autres. Un rabbin et l’abbé d’un monastère se rencontraient dans l’amitié et se faisaient des confidences : « Dans mon monastère – disait l’abbé -, les frères n’ont guère d’élan ; on n’a pas de jeunes moines ; à l’hôtellerie, on a de moins en moins de retraitants ; on a du mal d’envisager l’avenir avec espérance ». « Dans ma communauté, c’est pareil – disait le rabbin… » Leur échange ne débouchant sur aucun signe d’espérance, ils décident de prier. Un psaume. Puis un autre psaume. Et au moment de se séparer, l’abbé dit au rabbin « Donnez-moi un conseil ». Le rabbin répondit : « Le messie est l’un des moines » ! Le Père abbé rentre au monastère, réunit les moines et leur dit « Le messie est l’un de nous ». A partir de ce jour, les gestes de prévenance envers les frères se multiplient, la ferveur anime toutes les activités… l’hôtellerie se remplit de gens intéressés… et des jeunes se présentent au noviciat…
Pour que les gens voient que Jésus est vivant, il faut que nous soyons convaincus que le Messie est parmi nous, vivant, présent dans la personne de tout homme. Une communauté ne peut être missionnaire que si elle est convertie au point de penser que l’amour doit tout imprégner. Une communauté missionnaire sait qu’elle ne peut pas convertir les autres tant qu’elle ne se convertit pas… Je pense à plusieurs fiancés qui me confiaient qu’en regardant comment leurs grands parents avaient purifié leur amour, ils avaient eu envie de purifier leur amour.
Je termine cette méditation sur la présence du Seigneur vivant, en pensant que Jésus ressemble souvent à un chômeur que les collègues s’habituent à ne plus voir, à quelqu’un qui ne compte plus. Jésus doit sûrement parler ainsi : « Quand j’étais en Palestine, on voulait me voir, voir mes miracles, on m’attendait… maintenant les gens vivent sans désirer me voir, sans penser à moi » Frères et sœurs, ce qui nous caractérise, c’est notre désir de voir que Jésus est vivant et actif… lui qui avait dit « vous me verrez vivant ». C’est pourquoi, aujourd’hui comme à chaque messe, disons-lui : donne-nous de te voir vivant ; viens, Seigneur Jésus, nous t’attendons.
Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF
https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/parole-pour-un-dimanche-0?episode=681445