Quinzième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 8 juillet 2026

Entre Dieu et les hommes, il y a une alliance, une complicité. Le don de Dieu ne suffit pas, il faut la complicité des hommes. Dieu sème, et ça ne poussera qu’à condition qu’il n’y ait pas l’opposition de l’homme. Dieu dit « Je sème et ça poussera si l’homme veut bien, s’il ouvre quand je frappe à la porte de son cœur ». La réussite du Seigneur dépend de nous. Mais la bonne nouvelle est celle de la persévérance de Dieu.

Prédication du père Louis Groslambert pour le quinzième dimanche du temps ordinaire

Il est rare que les évangiles rapportent le commentaire de Jésus sur une parabole. Si Saint Matthieu juxtapose la parabole du semeur dite à la foule et son commentaire dit aux disciples, il faut comprendre que Jésus adapte son langage selon qu’il parle au grand public ou au groupe restreint des disciples… que les paroles de Jésus demandent d’être commentées.

Une première question se pose : pourquoi Jésus ne donnait pas à la foule les explications qu’il donnait aux disciples ? pourquoi la foule reçoit un message qui reste codé, à déchiffrer ? Et dans le même ordre d’idées, pourquoi Jésus n’a pas dit clairement aux Juifs qu’il était le messie ? Pourquoi le Christ ne me parle pas clairement ?  

Vous l’avez entendu, les disciples ont posé ce genre de questions. Plutôt que de donner sa propre réponse, Jésus a répondu en citant un prophète qui, 6 siècles plus tôt, observait déjà l’incapacité du peuple à interpréter les signes de Dieu : « vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas ». Au XXIème siècle, est-ce que tous nos contemporains voient des signes de l’amour de Dieu quand ils voient l’immensité de la création, la croissance des végétaux et des humains, et l’aptitude des humains à penser ? Nous avons tous rencontré des personnes qui n’interprètent pas ces réalités comme des cadeaux de Dieu. Eh bien, Dieu prend le risque d’envoyer des signes qui peuvent n’être pas captés ; ainsi il fait un don qui ne s’impose pas mais qui respecte la liberté. Tous les amoureux font pareil, ils envoient des signes d’amour qui peuvent n’être pas captés ou pas compris par la personne qu’ils aiment… mais qui procurent une grande joie quand ils sont compris.

Ensuite, Jésus explique que les prophètes ont beau semer la Bonne Nouvelle, il y a des oiseaux qui suppriment immédiatement la semence, des cailloux qui empêchent la croissance, des épines qui étouffent ce qui s’était développé. Cette situation est de tout temps. L’annonce de l’évangile ne transforme pas spectaculairement les populations. Les laics et les prêtres disent en effet : « nous semons sans retenue ; nous avons transmis le catéchisme à des milliers d’enfants, prêché des milliers d’homélies et publié des millions de livres ; or, malgré tout cela, tout le monde n’est pas converti ! » A cause de la mentalité superficielle (le manque de racines), à cause du matérialisme (les ronces), à cause de la liberté des auditeurs, les missionnaires sont parfois découragés. Isaïe, lui encore, combat notre découragement en disant : la Parole semée produit toujours son résultat, comme la pluie et la neige abreuvent la terre et contribuent immanquablement à sa fécondité. Cette parole est parfaitement adaptée aux gens qui n’ont pas d’espérance : pensez que les efforts que vous avez faits pour transmettre votre foi à vos enfants porteront leurs fruits immanquablement, comme la pluie et la neige produisent leur effet vitalisant sur tous les végétaux.

Entre Dieu et les hommes, il y a une alliance, une complicité. Le don de Dieu ne suffit pas, il faut la complicité des hommes. Dieu sème, et ça ne poussera qu’à condition qu’il n’y ait pas l’opposition de l’homme. Dieu dit « Je sème et ça poussera si l’homme veut bien, s’il ouvre quand je frappe à la porte de son cœur ». La réussite du Seigneur dépend de nous.

Mais la bonne nouvelle est celle de la persévérance de Dieu. Quand l’homme lui met des obstacles, Dieu ne se résigne pas à un échec. Les oiseaux ont-ils avalé le grain, le soleil a-t-il brûlé le grain… le semeur sème encore. Le matérialisme a-t-il étouffé l’élan spirituel, une épreuve a-t-elle ébranlé la foi, les disciples ont-ils la nuque raide … Dieu continue de parler à chacun. Frères et sœurs, dans notre histoire personnelle, nous pouvons constater que Dieu persévère. Nous lui avons fermé la porte mille fois, refusant de vivre selon son amour… il continue de frapper à notre porte et de nous appeler à vivre selon son amour. Nous pouvons faire sa louange ; il mérite la médaille d’or de la persévérance. En un mot : Dieu a la foi, et la foi se vit dans la persévérance.

Entre l’ensemencement et la moisson à la fin des temps, il y a un temps où certaines semailles ne produiront rien et d’autres produiront beaucoup. Le règne de Dieu est en cours. Nous sommes invités à faire une profession de foi et à proclamer le succès des semailles que fait le semeur divin. Quand nous faisons cette profession de foi et que nous proclamons « nous attendons ta venue », nous donnons un sens à l’histoire.

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/parole-pour-un-dimanche?episode=700708

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