Seizième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 6 juillet 2026

Dans son champ, Dieu n’a semé que du bon grain, et il a semé en vue d’une récolte. Mais l’ennemi de Dieu est venu ; lui, il sème dans un champ qui n’est pas à lui, non pas pour récolter, mais pour étouffer la germination, la croissance et la récolte du bon grain ; il sème l’ivraie (en grec, zizania) ; il sème donc la jalousie, le mensonge, l’injustice, la violence et cent autres comportements qui font pleurer. Dieu est patient, sûr de la supériorité du bon grain sur l’ivraie, du Saint Esprit sur l’esprit du mal.

Prédication du père Louis Groslambert pour le seizième dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, lors de la veillée pascale, nous entendons le magnifique poème de la création : au soir de chaque jour, « Dieu vit ce qu’il avait fait : c’était bon et même très bon » Oui, dans son champ, Dieu n’a semé que du bon grain, et il a semé en vue d’une récolte. Mais l’ennemi de Dieu est venu ; lui, il sème dans un champ qui n’est pas à lui, non pas pour récolter, mais pour étouffer la germination, la croissance et la récolte du bon grain ; il sème l’ivraie (en grec, zizania) ; il sème donc la jalousie, le mensonge, l’injustice, la violence et cent autres comportements qui font pleurer. Il cherche à faire que rien ne se passe dans l’amour … L’ennemi a semé la zizanie non seulement dans les relations interpersonnelles, mais même en chacun ; saint Paul dit que son cœur est mélangé de bon grain (« je voudrais faire le bien ») et d’ivraie (« je ne fais pas le bien que je voudrais et je fais le mal que je ne voudrais pas ». L’embrouille perturbe le cœur de l’homme.

Donc le monde créé par Dieu est sans défaut ; l’homme a été créé bon ; il ne peut pas être à l’origine du mal. La présence du mal est le fait de l’ennemi, du menteur, du serpent. L’homme ne fait le mal que parce qu’il est contaminé par l’ennemi.
Cette situation est douloureuse. L’homme et la création souffrent… parce qu’il y a de la zizanie, partout ; dans le monde, rien n’est sans ivraie… Nous-mêmes ne sommes jamais sans ivraie (ce qui fait qu’il n’est pas toujours facile de s’aimer soi-même). On trouve, certes, des beaux gestes de sainteté mais on trouve aussi le vilain chiendent des médiocrités, des trahisons, des injustices. On découvre que des personnes qui ont fait de très belles choses ont fait aussi des choses parfaitement scandaleuses. On voudrait de toute urgence arracher l’ivraie … surtout l’ivraie qui est chez les autres ( !) ; certains voudraient une Église de purs, au-dessus de tout soupçon… une Église qui n’aurait pas besoin d’être sauvée par la grâce de Dieu.

Dans la parabole, les serviteurs proposent d’arracher l’ivraie. Mais le maître refuse car il faudrait être apte à distinguer ce qui est issu du bon grain et ce qui est issu de l’ivraie. C’est difficile car non seulement le bon et le mauvais sont mélangés mais le mauvais prend parfois l’aspect du bon. Il vous est arrivé de constater que le comportement que vous appeliez prudence procédait de la lâcheté, ou que des personnes se montraient généreuses avec le secret désir d’être applaudies. Pour ces raisons, le maitre de la parabole dit que l’homme n’est pas compétent pour séparer le bon grain et l’ivraie. Une preuve entre mille : Le tribunal qui a condamné Jésus a qualifié d’ivraie à détruire ce bon grain absolument parfait.

Donc incapables de juger les reins et les cœurs, nous voilà obligés de ne pas nous juger – car nous aurions la prétention de nous mettre dans le groupe des irréprochables ; nous voilà obligés de ne pas juger les autres. Pourquoi faut-il être patient avec la zizanie qui est en nous et dans le monde ? Parce que l’état actuel de chacun n’est pas définitif. Les parents disent de leur enfant perturbé « ça lui passera », ce n’est pas définitif ! Nous sommes tous en genèse. Dieu n’a pas créé le monde dans le passé : il fait que le monde est constamment en train d’être créé et donc, que rien n’est définitif. Sa patience, sa toute-puissance consiste non à être tyran mais à être patient. (Heureusement que Dieu est patient envers moi !) Il est patient parce qu’il est sûr de la supériorité du bon grain sur l’ivraie, du Saint Esprit sur l’esprit du mal. Jésus a traduit cette certitude lorsqu’il a dit « courage, j’ai vaincu le monde », j’ai vaincu l’ivraie ! Et nous, nous disons l’autorité de Dieu sur toute forme d’ivraie chaque fois que nous disons : « c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire ».

Nous devons être missionnaires ! Parmi ses qualités, le missionnaire doit regarder toute réalité et toute personne avec espérance, capables d’évoluer : la minuscule graine peut devenir un arbre ! Le pécheur peut devenir un apôtre. Au Christ qui nous demande « m’aimes-tu ? » puissions-nous répondre : « je t’aime, parce que je vois que tu as envers moi une fameuse patience ! Je t’aime parce que ton amour l’emporte sur l’ivraie ; je t’aime parce que tu as dit « l’ennemi va être jeté dehors, et moi, élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32)

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