Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 3 septembre 2026

Dans l’Évangile de ce dimanche 6 septembre 2026, Jésus nous donne la mission donc de gagner notre frère. On pourrait dire que notre mission est d’être les supporters des autres, au sens où nous avons à les aider à tenir debout, dans la foi, dans la justice. C’est ce que Jésus le Christ a fait : le Christ se fait le supporter des hommes pécheurs et il dit aux pécheurs « mon corps livré pour vous ».

Prédication du père Louis Groslambert pour le vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

En venant ici, vous saviez d’avance que l’on répèterait l’invitation à aimer les autres. Or, prioritairement, on aime ceux qui nous apportent quelque bienfait. Le poète Jean Cocteau a repéré qu’un attachement qui vise à obtenir un bénéfice ne mérite pas d’être appelé amour : Je le cite : « tu dis que tu aimes les oiseaux, et tu les mets en cage ; tu dis que tu aimes les fleurs, et tu coupes leurs tiges ; tu dis que tu aimes les chiens et tu les tiens en laisse ; alors quand tu dis que tu m’aimes, j’ai peur ». Si je ne m’intéresse qu’à la personne qui va me donner, je suis comme un homme qui dirait à sa femme : je t’aime parce que j’apprécie que tu me repasses mes chemises. Avouez que cet attachement ne peut pas s’appeler de l’amour.

Parlons donc du véritable amour. Au tout début de la Bible, Dieu ne demande pas à l’homme s’il a foi en Dieu ; il lui demande : « qu’as-tu fait de ton frère ? As-tu aimé ton frère en lui offrant tout ce dont il avait besoin ? » Jésus, lui, peut dire ce qu’il a fait pour ses frères. Quand Jésus aime un pécheur, il n’attend rien de ce pécheur ; il fait en sorte que des chemins s’ouvrent dans le cœur du pécheur. Aimer, c’est ouvrir un chemin, un avenir.

L’évangile rapporte les propos de Jésus concernant la manière d’aimer quelqu’un qui s’est engagé dans une impasse. Comment ouvrir un passage devant quelqu’un qui a brisé les liens communautaires… ? Nous nous posons cette question parce que nous entendons Jésus nous demander : « Que fais-tu du frère qui a piétiné les liens communautaires ou qui a semé la zizanie dans la communauté ? Que fais-tu des responsables d’abus ? Que fais-tu du calomniateur qui a sali tel ou tel ? » Oui, que fais-tu, car il ne suffit pas de se désoler de voir que les liens fraternels soient rompus ou blessés, mais il faut aussi se demander comment aimer le responsable de la blessure et l’aider à sortir de sa fâcheuse ornière. Il ne suffit pas de le condamner ; il faut le considérer comme une brebis égarée qu’il faut rechercher…. Saint Paul dit même (c’était la 2ème lecture) que nous avons une dette envers les frères, une dette y compris envers les brebis perdues.

Saint Matthieu dit : ce pécheur, il faut essayer de le gagner… Par quels moyens ? En lui parlant ! C’est ainsi que Dieu procède avec nous qui sommes pécheurs : il ne cesse de nous parler en disant : « Je vous aime jusqu’à mourir ; changez votre cœur, soyez miséricordieux, artisans de paix etc. ». Vous repérez que les papes plaident pour qu’on règle les conflits non pas en s’envoyant des missiles mais en se parlant. Nous-mêmes, nous avons des probabilités de « gagner un frère » en lui parlant sans lui faire la leçon ? D’ailleurs, qui suis-je pour dire à mon frère qu’il a une paille dans l’œil, alors que j’ai une poutre dans le mien ? Alors, si je ne fais pas la morale, je gagnerai mon frère en lui montrant la beauté du message de Jésus ; en disant à celui qui garde rancune que le pardon, c’est beau et que Jésus le lui offre ; en disant à celui qui n’a pas tenu sa parole que la fidélité, c’est magnifique et que Jésus lui garde sa fidélité ; en disant à celui qui ferait bien de venir à la messe que le Christ vient à la rencontre de ceux qui vont à la messe… Je pense que les prédications basées sur la peur du jugement , n’ont pas dépeint de vrai visage de Dieu et ont fait plus d’athées de der convertis.

Notre mission est donc de gagner notre frère ; on pourrait dire que notre mission est d’être les supporters des autres, au sens où nous avons à les aider à tenir debout, dans la foi, dans la justice. C’est ce que Jésus le Christ a fait : En fait le Christ se fait le supporter des hommes pécheurs et il dit aux pécheurs « mon corps livré pour vous ». Il ne fait pas un cours de morale ; il ouvre le passage de l’amour devant ceux qui sont dans l’impasse du péché ; il montre qu’au-dessus de tout ce qui défigure, il y a son amour infini.

Nous nous attendions à entendre parler d’amour ; alors écoutons bien comment le Christ parle d’amour aux pécheurs : « mon corps livré pour vous ».

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