Cinquième dimanche de Carême

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Publié le 14 mars 2026

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Cet évangile de Jésus qui ramène Lazare à la vie, l’Église nous le fait lire pendant ce temps de Carême. C’est que Jésus nous propose de remettre sa vie en nous ; il y a peut-être dans nos vies, des zones mortes. Nous laissons en pause, notre prière ; en sommeil notre lecture de la Bible ; en RTT notre service des autres ; en vacances notre lutte pour la justice… Vous voyez qu’il est urgent que Jésus nous sorte de notre tombeau comme il a sorti Lazare.

Ôter toute pierre qui ferme l’avenir de quelqu’un, défaire ce qui paralyse quelqu’un… voilà la conversion qui nous est demandée. Puissions-nous croire que Jésus est la résurrection et la vie… et nous convertir. 

Prédication du père Louis Groslambert pour le cinquième dimanche de Carême

Frères et sœurs, nous disons dans le credo : « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ». Tout ce que Jésus a fait, il l’a fait pour notre salut ; ainsi, pour le salut de l’humanité desséchée par les idoles, il a apporté l’eau vive à la Samaritaine ; pour le salut de ceux qui sont dans les ténèbres, il a apporté la lumière à l’aveugle-né ; aujourd’hui saint Jean écrit que, pour notre salut, Jésus apporte la victoire sur la mort.

La victoire sur la mort ! Franchement, qu’avez-vous pensé lorsque le lecteur a lu, dans la 1ère lecture : « je vais ouvrir vos tombeaux » ? Et j’ai entendu que vous n’avez manifesté aucun enthousiasme quand Jésus disait : « je suis la résurrection et la vie… Celui qui croit, même s’il meurt vivra » ! Un gros pourcentage de catholiques n’y croit pas ! Récemment, j’ai reçu cette confidence d’une personne : « quand l’assemblée récite le Credo, je ne prononce pas « je crois à la résurrection de la chair ». Effectivement, il n’est pas évident d’imaginer qu’un corps décomposé revive et sorte du tombeau ! Même ceux qui croient à la résurrection ne croient pas que Dieu ramène les morts dans leur forme antérieure ; ils croient que Dieu transforme leurs corps matériels en corps spirituels, qu’il les fait naître à une vie tout à fait nouvelle. Alors, comme personne ne sait décrire cette vie nouvelle, il n’y a qu’une chose à faire : faire totale confiance à Dieu… Mais est-ce raisonnable ? Pouvons-nous raisonner cette confiance ? 

Voici une manière de raisonner sur la résurrection de Jésus. Vous savez que la gloire de Dieu, c’est que l’homme soit vivant. Or pendant tout son ministère, tout ce que Jésus a fait a consisté à rendre les gens vivants, à les faire sortir de toutes sortes de mort, à les faire passer de la maladie à la guérison, de l’exclusion à l’intégration, de l’aveuglement à la lumière… en un mot, à être victorieux de toute forme de mort. Eh bien, il continue cette œuvre de vie. Ne vous a-t-il pas tiré hors de l’égoïsme, relevés du découragement ? N’avez-vous pas dit : « Jésus, tu m’as donné ta grâce » ? N’a-t-il pas suscité des hommes qui vous ont aidés à sortir de ces formes de mort que sont les rancunes, les jalousies, les infidélités, les péchés contre la fraternité ? N’a-t-il pas ouvert devant vous des passages ? Nous repérons que Jésus est ressuscité à ceci : qu’il est actif. Saint Paul disait « il vit en moi, il me fait agir, il me fait aimer » Eh bien, il vit en beaucoup d’hommes et de femmes et d’enfants : il les fait agir, il les fait aimer. Il est ressuscité !

Voici une autre manière de raisonner. Vous conviendrez que notre amour est limité, pourtant il ouvre des passages devant des personnes en difficulté : nous aidons des personnes à traverser des épreuves, à surmonter des douleurs, notre fraternité redonne de la confiance, des personnes s’appuient sur notre fidélité… Donc notre amour, si limité soit-il, fait que des gens peuvent passer des caps difficiles ; il est un facteur de résurrection. Si notre amour limité aide des gens à passer des caps difficiles, il n’est pas étonnant que l’amour illimité de Dieu fasse passer aux hommes le cap terrifiant de la mort. Or le Christ ressuscité vit en tout homme et pousse tout homme à aider des frères à vivre. C’est pourquoi nous chantons : « le ciel et la terre sont remplis de ta gloire » ! Partout sur terre, le Christ suscite des personnes qui relèvent, qui aident, qui encouragent, qui se dérangent pour les autres. Vous-mêmes, il vous rend artisans de résurrection lorsque vous acceptez d’être fraternels, conciliateurs, artisans de justice. Vraiment la gloire du Ressuscité, c’est que l’homme soit vivant, victorieux de la mort.

Cet évangile de Jésus qui ramène Lazare à la vie, l’Église nous le fait lire pendant ce temps de carême. C’est que Jésus nous propose de remettre sa vie en nous ; il y a peut-être dans nos vies, des zones mortes. Nous laissons en pause, notre prière ; en sommeil notre lecture de la Bible ; en RTT notre service des autres ; en vacances notre lutte pour la justice… Vous voyez qu’il est urgent que Jésus nous sorte de notre tombeau comme il a sorti Lazare. Quand Jésus nous dit « je suis la résurrection et la vie », empressons-nous de lui dire : « Toi qui es actif, viens me ressusciter ! Viens ouvrir un passage pour que je sorte de la prison de ma tiédeur, de la prison de mon égoïsme… comme tu as fait sortir Pierre de la prison de son reniement, comme tu as fait sortir Paul de l’aveuglement de sa rage de persécuteur ».
Et puis, Dieu dit à chacun : « j’ouvre le tombeau, mais il dépend de toi d’en sortir. » Alors, frères et sœurs, ne tardons pas ; sortons de nos rancunes et de nos mauvaises habitudes !

En fait, la vraie manière de sortir du tombeau de nos mauvais penchants, c’est d’aider les autres à sortir de leur tombeau. Dans le récit, Jésus donne une vocation aux gens : il les charge d’ôter la pierre et de défaire les bandelettes ; il aurait pu le faire et c’eut été moins difficile que de de réveiller un mort ! Non il compte sur les hommes ; il charge chacun d’aider son entourage. Puissions-nous savoir que nous avons pour vocation d’aider les autres à vivre. Mais notez ceci : c’est aux gens qui avaient entouré le corps de bandelettes et roulé la pierre que Jésus demande d’ôter la pierre et les bandelettes : Jésus leur demande de défaire ce qu’ils avaient fait, d’adopter un comportement contraire à leur vie précédente : la résurrection ne peut pas avoir lieu si on ne se convertit pas. Ôter toute pierre qui ferme l’avenir de quelqu’un, défaire ce qui paralyse quelqu’un… voilà la conversion qui nous est demandée. Puissions-nous croire que Jésus est la résurrection et la vie… et nous convertir. 

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

📸 La Résurrection de Lazare (d’après Rembrandt) par Vincent van Gogh, 1890

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