Premier dimanche de Carême

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Publié le 17 février 2026

À la suite du Christ tenté au désert, nous sommes invités ce dimanche à reconnaître ces voix qui nous détournent de la confiance pour choisir, pas à pas, de croire que Dieu veut notre bien. Le Carême s’ouvre ainsi comme un chemin pour purifier notre regard, renouveler notre relation au Père et réapprendre à vivre confiants.

Prédication du père Louis Groslambert pour le premier dimanche de Carême

Frères et sœurs, vous avez entendu la 1ère lecture : quand l’homme et la femme citent le commandement de Dieu, Satan leur répond : « Dieu vous trompe ! Ne lui faites pas confiance ». Moi, j’ai pensé que ça se passe pour moi de la même façon. Et vous avez eu sans doute la même réaction ! En effet, comme Adam, nous écoutons distinctement la voix de Dieu mais aussi une autre voix qui, aussi distinctement, prend le contrepied de Dieu. Par exemple, quand la voix du Père dit à chacun « tu éprouverais un grand bonheur d’accueillir les autres comme des frères », une autre voix se fait entendre : « les autres gâchent ta vie, ne t’occupe pas d’eux ». A partir du moment où nous estimons que nous sommes plus sages que Dieu, nous disons « Dieu ne veut pas mon bien ». Le péché, c’est estimer que Dieu ne veut pas notre bien. Autre exemple : Quand la voix du Père dit à chacun « tu aurais la paix et le bonheur si tu pardonnais », la voix de l’orgueil dit en boucle « ne te laisse pas marcher sur les pieds, fais valoir ton bon droit ». Dès que nous prêtons l’oreille à cette voix, dès que nous disons « Quand Dieu me demande de pardonner, il ne veut pas mon bien », la méfiance remplace la confiance ; nous nous croyons plus sages que Dieu, nous entrons dans le péché et le malheur. Et le péché que Jésus vient porter, c’est notre méfiance.

Frères et sœurs, vous ne direz pas le contraire : votre cœur est le lieu d’un combat entre la confiance en Dieu qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, et la méfiance envers Dieu, sous prétexte que nous sommes assez grands pour savoir ce qui est bon pour nous. Satan fait tout pour que nous passions de la confiance à la méfiance, pour que soit cassé le lien filial qui unit l’homme à Dieu.

Jésus n’a pas fait semblant d’être homme ; bon israélite, il a appris que le Père veut son bien ; mais en tant qu’homme, même lui, le fils bien aimé, a été atteint par ce virus qui détruit le lien filial, qui suggère que le fils pourrait vivre sans le Père, sans le pain que donne le Père (Remarquez que Jésus a affronté la même tentation que l’enfant prodigue !)… Ce virus qui suggère au Fils d’amener les gens à la foi en faisant un saut spectaculaire qui lui vaudrait des applaudissements des hommes et non pas en respectant les moyens du Père…Ce virus qui suggère qu’il pourrait même remplacer le Père comme maître du monde !

Les tentations de Jésus sont assurément nos tentations. Pour nous, les hommes et pour notre salut, Jésus a mis à ses pieds le péché du monde, qui prétend casser la relation filiale.
A tous, l’idée est venue qu’on peut s’alimenter très bien avec les paroles qui prônent l’attachement aux choses matérielles, et aux futilités de la renommée ; à la même tentation, Jésus a répliqué en affirmant qu’il est vital de rester filial, de s’alimenter de la Parole du Père, la parole de vie : faisons cela pendant le carême, pour rester filiaux.

A tous est venue l’idée que ce serait drôlement bien si les hommes nous estimaient et nous applaudissaient, nous qui voulons être missionnaires… Oui, souvent sous prétexte de faire du bien, nous cherchons à être applaudis, alors que seul le Père doit être applaudi. Soumis à la même tentation, Jésus a répliqué qu’il est vital pour l’homme de rester filial, de ne pas demander à Dieu de se mettre au service des ambitions humaines… de ne pas dire « Père que ma volonté soit faite ». Portons attention à cela pendant le carême.

Parce que nous avons tous un domaine de responsabilité, nous avons tous eu la tentation de la puissance. Même si nous disons « Car c’est à toi, Père, qu’appartiennent le règne la puissance et la gloire » nous rêvons d’avoir raison, en famille, avec les voisins et les collègues… nous avons le désir secret que tout marche selon nos idées. Soumis à cette tentation, Jésus a dit que l’obéissance au Père est vitale pour chacun et pour le monde.  

Nous savons à quels malheurs conduisent le matérialisme, le souci exclusif du compte en banque, l’obsession d’être le seul qui sait bien faire. Ne croyez-vous pas que le seul effort de carême consisterait à préférer le partage à l’abondance, la modestie à l’orgueilleux souci d’épater, le service à la puissance… bref, à croire que Dieu est plus sage que nous ? Le carême est une démarche pour une écologie de l’homme.

L’atmosphère du monde est polluée par Satan. Le carême est fait pour changer d’air et respirer un air pur. L’air du chacun pour soi, du matérialisme, de l’infidélité…nous sommes d’accord pour dire qu’il est pollué ; puissions-nous laisser entrer l’air frais de Jésus, de l’attention au frère, de la relation basée sur l’humilité, de l’attitude filiale ! Puissions-nous renaître, partir sur des bases nouvelles, avoir d’autres références que le jugement des autres, et l’orgueilleuse prétention à être supérieur aux autres et à Dieu !

Puisque Dieu souhaite que l’homme soit, comme Jésus, extrait de l’emprise de Satan, rendons grâce car chaque fois que nous avons résisté à l’esprit du mal, cela nous a été donné par Dieu, cela a été un miracle

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/parole-pour-un-dimanche-0?episode=660346

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