Sixième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 4 février 2026

La justice que Dieu attend n’est pas seulement d’éviter un acte extérieur mauvais, mais la communion intérieure avec le Dieu d’amour qui, pour faire vivre, a aimé jusqu’à la croix. La justice qui surpasse, c’est la justice sous la croix, la justice des pauvres de cœur, des artisans de paix, des persécutés, … de ceux qui sont le sel et la lumière ; ceux qui accomplissent la loi parce qu’ils aident les autres à vivre.

Prédication du père Louis Groslambert pour le sixième dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, la plupart d’entre vous sont des parents. Vous n’avez pas exercé ce rôle seulement le jour où vous avez engendré, mais vous avez été parents en donnant à vos enfants un cadre, des repères, des lois. Parce que vous saviez que les enfants – et les adultes ! – doivent être canalisés par des lois, comme les rivières sont canalisées par les rives. Bien sûr, les rives et les lois sont contraignantes, on n’aime pas être contraints… Mais sans rive, la rivière ne ressemble plus à une rivière, et sans lois l’homme ne ressemble plus à un humain ; car sans loi, il devient même inhumain, il obéit au chacun pour soi, au moi d’abord, à ses pulsions, à sa colère, il justifie son comportement en disant qu’il peut faire comme ça puisque tout le monde fait comme ça…

Frères et sœurs, en donnant des lois à vos enfants, vous avez fait comme Dieu notre Père. En effet, il nous a donné ses lois ; et les lois que Dieu donne sont comme la notice du bon fonctionnement de la personne et de la société. Frères et sœurs, vous savez l’importance de lire les notices des appareils que vous achetez ; c’est pourquoi nous lisons dans la parole de Dieu, la notice du bon fonctionnement de la machine humaine.

Mais, arrive la question : « comment lisons-nous la notice », comment lisons-nous les commandements ? Quand les pharisiens d’hier et d’aujourd’hui lisent « tu ne tueras pas », ils disent qu’on obéit à la loi si on n’use ni de révolver ni de couteau ; matériellement c’est vrai ; mais est-ce suffisant pour aimer ? Les gens qui ne lisent pas dans la loi les appels de l’amour créateur de vie font une lecture corrompue de la loi. En revanche, quand Jésus lit le même commandement « tu ne tueras pas », il le lit en le référant au projet de l’amour créateur de vie. Il diagnostique qu’on peut avoir été meurtrier – manqué gravement à l’amour – quand on a piétiné quelqu’un par des paroles ou des actes qui l’ont dévalorisé ou humilié. Le commandement « tu ne tueras pas » n’est pas accompli s’il se réduit à n’avoir pas de révolver ! Il est accompli quand il est un dynamisme d’amour qui porte à aider les autres à vivre. C’est pourquoi, Jésus a accompli le commandement « tu ne tueras pas » en aidant les gens à vivre, en guérissant ou en pardonnant, en enseignant ou en donnant sa vie.

« Si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens… » La justice qui surpasse c’est la croix ; elle consiste à obéir à l’appel de Jésus et à dire sur soi-même « mon corps livré, ma vie donnée ». La justice que Dieu attend n’est pas seulement d’éviter un acte extérieur mauvais, mais la communion intérieure avec le Dieu d’amour qui, pour faire vivre, a aimé jusqu’à la croix. La justice qui surpasse, c’est la justice sous la croix, la justice des pauvres de cœur, des artisans de paix, des persécutés, … de ceux qui sont le sel et la lumière ; ceux qui accomplissent la loi parce qu’ils aident les autres à vivre.

L’être humain fonctionne bien quand il se tient sous la croix. Si nous respectons la notice du bon fonctionnement de l’être humain (le don de soi, la valorisation de l’autre), nous aurons notre bonheur et notre société aura plus de paix ; en revanche, si nous choisissons une conduite morale sans Dieu, nous déclenchons notre malheur et celui de la société. Le Livre de Ben Sirac dit « tu as devant toi la vie ou la mort… à toi de choisir » Admirons Dieu qui nous donne la liberté, et qui nous associe à son projet créateur, qui nous permet de créer avec lui – de nous créer – mais qui nous donne aussi la terrible responsabilité de défaire la vie, de nous décréer.

Jésus était en parfaite santé parce qu’il ne soignait pas seulement le comportement extérieur mais l’attitude intérieure, l’attitude de l’amour, même si ça le conduisait aux souffrances, aux fouets, aux clous, à la lance. Jésus nous donne son commandement d’amour, parce qu’il nous voit en mauvaise santé comme l’était Pierre quand il reniait son maître… Nous avons sans doute la même pathologie que Pierre. C’est pourquoi nous pouvons dire dès maintenant : fais-moi entendre ta parole, dis seulement une parole et je serai guéri.

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/parole-pour-un-dimanche-0?episode=657456

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