Vendredi Saint 2026

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Publié le 31 mars 2026

Le Vendredi Saint est le jour où les chrétiens font mémoire de la Passion et de la mort de Jésus sur la croix. Dans un climat de silence et de recueillement, l’Église contemple le don total du Christ, qui livre sa vie par amour pour tous.

L’Évangile de ce jour (Jn 18–19) relate le procès, la crucifixion et la mort de Jésus, révélant un Dieu qui ne répond pas à la violence par la violence, mais par l’amour jusqu’au bout.

En vénérant la croix, les fidèles reconnaissent en elle le signe paradoxal du salut et de l’espérance offerte au monde.

©Illustration par McKayla Lee

Homélie du père Louis Groslambert pour le Vendredi Saint 2026

Frères et sœurs, l’Église nous fait entendre que le procès de Jésus a été une mascarade honteuse, une injustice flagrante, et que le beau visage a été défiguré par la torture… Nous devrions pleurer, être déchirés par la honte d’avoir souvent fait taire la voix qui appelle à passer par la porte étroite des humbles et d’avoir préféré obéir à la voix qui attire vers la porte large des orgueilleux. Nous devrions être paniqués d’avoir été si souvent complices de ceux qui criaient « à mort, crucifie ce prophète qui contrarie notre confort, notre habitude, notre tranquillité » … Nous devrions… Pourtant saint Jean qui nous guide ne pleure pas ; il écrit même ceci : « nous avons vu sa gloire ! »

Frères et sœurs, devant la croix de Jésus, nous voyons l’infini de sa miséricorde, nous constatons la solidité de son alliance, nous entrevoyons la hauteur, la largeur, la profondeur du véritable amour. Devant la croix, nous comprenons que Jésus ait gardé le silence quand Pilate demandait : « qu’est-ce que la vérité ? » Sa réponse il la donnerait sur la croix en montrant que la vérité de l’homme, c’est d’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute son intelligence, de toute sa patience, de toute son humilité, de toute sa fidélité, de toute sa miséricorde… C’est ça la vérité de Dieu, et donc la vérité de l’homme… La gloire de Jésus, c’est ce rayon d’amour qui se pose sur l’homme défiguré et le transfigure.

La croix… Comme nous en avons besoin ! Deux siècles avant Jésus, l’ingénieur grec Archimède disait « Donnez-moi un point fixe et un levier, et je soulèverai le monde ». S’il avait vécu 2 siècles plus tard et s’il avait été disciple de Jésus, Archimède aurait appris de Jésus où est le point fixe et quel est le levier. Nous, nous avons appris que le point parfaitement fixe, c’est le Père imperturbablement fidèle en amour, et que le levier qui soulève le monde au-dessus de ses bassesses, c’est l’amour du Fils sur la croix. Parce que cette nouvelle nous est révélée, nous ne pleurons pas !

La fidélité de Dieu se révèle invariable, constante, définitive, quand son fils préfère mourir plutôt que d’abandonner les pécheurs ; la fidélité de Dieu est vraiment le seul point fixe. Vous voyez s’effondrer les empires les plus puissants, mais vous voyez la croix toujours dressée. Les leviers dont les humains se servent pour faire bouger les gens ( et souvent pour les faire tomber) sont parfois le mensonge, la peur, l’intimidation ; mais le levier dont Dieu se sert pour relever l’humanité, c’est l’amour sans limite qu’il offre aux gens trahis, aux victimes de faux témoignages, aux enfants, aux femmes et aux hommes battus même par des proches, assassinés, persécutés, torturés… qu’ils habitent Gaza, ou Kiev, ou Beyrouth, qu’ils soient installés ou migrants, qu’ils souffrent dans leur corps ou dans leur cœur.

Tout au long de sa vie – au plus haut point le vendredi saint – l’homme Jésus a actionné le levier de l’amour : tout ce qui était beau en lui, il nous l’a donné ; tout ce qui était laid en nous, il l’a pris sur lui. L’immortel vivant n’avait pas en lui de quoi souffrir et mourir ; il a voulu prendre de nous ce qui nous fait souffrir et mourir. Et nous qui n’avions pas en nous de quoi vivre, il a voulu nous donner tout ce qui le fait vivre. Voyez cet admirable échange. Ce qui vient de nous, c’est par cela qu’il est mort ; ce qui vient de lui, c’est par cela que nous vivons !

Après avoir contemplé la croix, le point le plus fixe du monde, puissions-nous partir d’ici, avec la décision d’avoir pour repère fixe le mystère du vendredi saint…; et après avoir contemplé le levier dont Dieu se sert, puissions-nous prendre la décision d’utiliser le même levier : le don de nous-mêmes. Ayant contemplé la gloire sur le corps crucifié, nous saurons que, si nous disons sur nous-mêmes « mon corps livré », nous trouverons la vérité de nos vies.

Nous allons communier avec tous les membres du corps du Christ en adressant nos demandes au Seigneur qui est le point fixe, Emmanuel, Dieu avec-nous, Dieu avec les souffrants. Et puis nous allons communier avec le Christ en vénérant sa croix, ce bois sur lequel Dieu a exposé son amour sans limite. Enfin nous allons communier avec le Seigneur en lui disant : puisque tu as pris de nous ce qui fait mourir, fais que nous recevions de toi la grâce qui rend victorieux de la mort.

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