À 10h30, le dimanche 21 décembre 2025, notre Père Evêque Denis JACHIET nous a fait la surprise et le plaisir de venir célébrer la messe du 4ème dimanche de l’Avent à l’église Saint François de Sales de Beaucourt. 

Les paroissiens ont été très sensibles à cette venue et ils ont été nombreux à rester au verre de l’amitié qui a suivi dans la nef de l’église. Le père Evêque a pu échanger avec certains d’ente eux et n’a pas hésité à proposer et conseiller lorsque cela s’est avéré utile. 

Vous pourrez prendre connaissance du texte de son homélie à la fin de l’article.

Homélie du 4ème dimanche de l’Avent, année A                                          21/12/25

C’est la figure de Joseph qui nous fait approcher du mystère de l’Incarnation. Dans une chanson des années 1960, Georges Moustaki écrivait :

Voilà c’que c’est, mon vieux Jo
Que d’avoir pris la plus jolie
Parmi les filles de Galilée,
Celle qu’on appelait Marie.
Tu aurais pu, mon vieux Jo,
Rester chez toi, tailler ton bois
Plutôt que d’aller t’exiler
Et te cacher avec Marie.
Parfois je pense à toi, Joseph,
Mon pauvre ami, lorsque l’on rit
De toi qui n’avais demandé
Qu’à vivre heureux avec Marie.

Cette chanson montre que l’irruption du choix de Dieu a chamboulé les projets de Joseph.

Laissons-nous enseigner par Joseph dont Dieu a bouleversé la vie : 1 – un homme juste 2 – un père d’un genre particulier 3 –  un croyant qui accepte sa mission unique.

Joseph est « un homme juste ». Homme, il est responsable soucieux du bien de tous et de remplir son devoir. Il juge, décide et agit pour remplir son devoir d’homme. Il exerce sa responsabilité d’époux, avant la vie en commun. Il saura agir en bon père de famille. Il forme des projets, n’attend pas que passivement tout se décide, que tout lui soit révélé.

Il est « juste ». Pas justicier, qui se met à la place de Dieu, pas légaliste qui substitue la littéralité de la Loi à son jugement. Juste, accordé à la volonté de Dieu. Sa justice consiste à entrer en conformité avec le dessein de Dieu. Dans la Bible, les justes sont ceux espèrent en Dieu seul, ceux qui attendent la venue du Messie. Le cœur disposé à toute éventualité, toute intervention, prévisible ou non de Dieu dans sa vie.

L’inattendu se produit. Il n’a pas été averti au préalable par le Seigneur, comme Marie. Il doit réagir devant l’inattendu. Pas de soupçon, de jalousie, de peur pour sa réputation. Joseph craint de prendre chez lui Marie, comme dira l’ange. C’est une crainte sacrée devant le mystère qu’il sait venir de Dieu. Joseph respecte profondément sa volonté souveraine.

Son ancêtre, le patriarche Joseph, déclare à ses frères craignant sa vengeance : « Soyez sans crainte ! Vais-je prendre la place de Dieu ? » Dans la même attitude, Joseph, époux de Marie, ne veut pas risquer de se mettre à la place de Dieu en assumant de son propre chef une paternité qui n’est pas la sienne. Joseph décide donc de se retirer devant l’œuvre de Dieu.

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie, certes, ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint, mais le fils qu’elle enfantera, tu lui donneras le nom de Jésus ». Autrement dit, tu as raison de croire qu’elle porte en elle le fruit de l’Esprit Saint, pourtant tu demeures fondé à la prendre chez toi comme épouse car tu reçois de Dieu une mission à l’égard de cet enfant.

La mission de Joseph ? Prendre chez lui Marie et donner le nom de Jésus : Obéir au dessein de Dieu en exerçant une paternité à l’égard de Jésus. « Fils de David », Joseph inscrit le Christ dans la lignée davidique. Sans lien charnel, il donne à Jésus, le Messie, sa place au sein du peuple élu, dans la famille de David, il lui transmet sa légitimité messianique.

Acaz méprise la promesse de Dieu, il a immolé son fils, héritier de David, comme le faisaient les rois païens. Il refuse de demander un signe. A celui qui ne croit pas, le signe est comme un reproche. Mais le projet de Dieu est révélé, même si le roi-Messie, fils de David est annoncé pour plus tard.

Joseph exerce une véritable paternité dans toute sa dimension humaine. La fonction de Joseph s’efface devant celle du Père des cieux, c’est une paternité déléguée de celle de Dieu. Toute paternité, charnelle ou spirituelle, est reçue de Dieu, à l’exemple de celle de Joseph. Etre père, c’est engendrer en esprit et en acte une vie qui ne vient pas de nous et qui ne nous appartient pas. Etre père, c’est conduire à Dieu celui qui nous vient de Dieu.

Joseph est le type de l’obéissance du croyant. Consentir activement à l’œuvre de Dieu  qui nous dépasse. Accepter d’être bousculé par l’imprévu qui bouleverse les nôtres. Recevoir la mission que Dieu nous assigne et non celle que nous voudrions nous donner, même avec les meilleure intentions. Apprendre à consentir à ce qu’on n’a pas choisi. La véritable obéissance à la volonté de Dieu passe par l’humilité devant les événements.

Devant les décisions petites ou grandes qui engagent notre foi, Joseph nous est donné comme l’exemple de l’homme juste. Il est celui qui agit avec droiture, accepte humblement l’intervention de Dieu dans sa vie, et lui obéit sans réserve.

En ce temps de préparation à Noël, qu’il nous soit donné d’entrer davantage dans l’obéissance de la foi que St Paul vient propager parmi les nations païennes.

La Parole de Dieu s’incarne aujourd’hui dans l’histoire des hommes dans la mesure où nous autres les chrétiens acceptons, à l’image de Joseph, de prendre chez nous l’Église et le Christ qu’elle porte en elle. En hommes responsables et justes, sachons accepter humblement les projets prévus ou non que Dieu vient accomplir en nous.

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