La nuit du dimanche 19 au lundi 20 avril, les voleurs non autrement identifiés ont forcé et cassé la porte centrale de l’Église Saint-Pierre de Dampierre-les-Bois. Il convient de signaler que l’église ayant été construite après la loi de 1905 concernant la séparation de l’Église et de l’État, le diocèse de Belfort-Montbéliard en est propriétaire. Le constat du vol a été fait par Jacqueline Lallemand, Gisèle Thierry et Marie Thérèse Journot qui ont immédiatement informé le maire Marc Tirole et ensuite le curé. J’ai été informé par téléphone vers 13h30 le lundi. Quand je suis arrivé précipitamment, j’ai trouvé 6 gendarmes de la gendarmerie d’Étupes qui menaient leurs enquêtes.
L’infraction est celle de vol par effraction et profanation. Le canon 1211 du livre IV parlant de la fonction de sanctification de l’Église en son titre 1 : « lieux sacrés » stipule : « Les lieux sacrés sont profanés par des actions gravement injurieuses qui y sont commises au scandale des fidèles et qui, au jugement de l’Ordinaire du lieu, sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu’il ne soit pas permis d’y célébrer tant que l’injure n’a pas été réparée par le rite pénitentiel prévu par les livres liturgiques ». Le père évêque Mgr Denis Jachiet a ordonné la fermeture immédiate de l’église avant le rite de réparation. Le canon 1214 au chapitre du livre I portant le titre « les églises » stipule ce qui suit : « Par église on entend l’édifice sacré destiné au culte divin où les fidèles ont le droit d’entrer pour l’exercice du culte divin, surtout lorsqu’il est public ». Et pourtant, l’église a été profanée par le vol du ciboire et les saintes espèces.
Une plainte contre inconnu a été déposée à la gendarmerie par le curé avec le témoignage de Marie-Thérèse et de Gisèle. Deux Calices en argent massif doré dont l’estimation n’est pas connue (à voir avec les spécialistes) et un ciboire ont été volés à la sacristie ; un ciboire au tabernacle qui contenait les hosties consacrées avec le voile couvrant le ciboire ; le tronc qui contenait plus de 50 euros, argent des lumignons destinés à la dévotion envers la Vierge Marie dont la statue se trouvait proche du tronc. Les malfaiteurs ont également cassé l’autre tabernacle, proche de la statue de saint Joseph. Le père évêque a constaté les faits ainsi que le responsable des arts sacrés, le père Didier Santenas.
Le 1er mai, le père évêque Mgr Denis Jachiet est venu célébrer la Messe de Réparation.
La cérémonie de cet acte de réparation d’une église profanée permet aux fidèles de panser leurs blessures intérieures. L’autel doit être dépouillé et les signes exprimant la joie comme les fleurs, les bougies et même la lumière… sont retirés.
La célébration a débuté par une procession des célébrants. Le père évêque a béni l’eau avec laquelle il a aspergé l’autel, mis à nu, pour le purifier. Dans un but semblable, il a aspergé les murs de l’église, ainsi que les fidèles présents, cette fois-ci en mémoire du baptême et en signe de pénitence.
Après l’Homélie, les intentions de la Prière universelle ont porté en particulier sur la communauté paroissiale et sa foi vivante dans l’Eucharistie ainsi que sur les responsables de la profanation en souhaitant leur conversion.
Mgr Jachiet a, ensuite, célébré l’eucharistie permettant de remettre l’église « en son état premier ». L’autel a de nouveau été couvert d’une nappe blanche et a pu être décoré de fleurs avant que le pain, le vin et l’eau n’y soient apportés.
Retour à la lumière, retour au sacré, la célébration des messes peut maintenant reprendre.





