Quatrième dimanche de Carême

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Publié le 12 mars 2026

Le récit de ce quatrième dimanche de Carême nous donne à contempler la rencontre de l’aveugle né avec Jésus. Quelles sont mes « boues » personnelles — peurs, habitudes, conforts — qui m’empêchent de voir la réalité telle qu’elle est ? Comment le péché déforme-t-il ma façon de regarder les autres et le monde ? Quel est mon chemin personnel vers Dieu ?

Prédication du père Louis Groslambert pour le quatrième dimanche de Carême

Frères et sœurs, dimanche dernier, par son récit de la rencontre avec la samaritaine, saint Jean a révélé que, pour notre salut, Jésus est venu apporter une eau vive telle que celui qui en boit n’a plus jamais soif. Aujourd’hui, par son récit de la rencontre avec l’aveugle né, saint Jean révèle que, pour notre salut, Jésus vient ouvrir nos yeux à la lumière qu’est Dieu.

Il s’agissait d’un aveugle de naissance, une cécité incurable… Notre cécité est aussi incurable, puisque, de naissance, nous ne « considérons que l’apparence », nous classons les gens selon des catégories sociales, physiques et culturelles, nous peinons à voir qu’au-delà de son apparence de faiblesse, telle personne a un grand cœur … Du fait que les hommes jugent seulement sur l’apparence, ils voient difficilement le Saint de Dieu quand ils voient Jésus qui fréquente les pécheurs, ils voient difficilement la gloire de Dieu quand ils voient Jésus en croix. Et puis le péché aussi nous aveugle ; la jalousie, la paresse, la colère… faussent notre jugement.

L’aveugle avait de la boue sur les yeux. Et nous, quelle boue avons-nous sur les yeux pour ne pas voir que notre matérialisme n’apporte pas la joie… pour ne pas voir que la personne qui nous dérange est aimée du Christ autant que nous… pour refuser de voir que les que sans le don de soi, il ne peut y avoir de paix … pour ne pas voir qu’il est anormal que quelques-uns possèdent et gaspillent pendant que la majorité n’a rien, que nous allons laisser à nos enfants une planète empoisonnée… La liste de nos aveuglements est sans fin. Oui, nous avons une poutre dans l’œil. Pour notre salut, Jésus vient faire la vérité en nous.

L’aveugle était invité à aller se laver à la piscine de Siloé. La piscine où nous sommes invités à nous immerger, c’est la croix : en effet, en mourant pour nous, pécheurs, le Christ nous ouvre les yeux sur tout : d’abord sur le fait que Dieu n’est jamais à l’origine de la souffrance (la cécité et aucune maladie ne sont une punition de Dieu qui est toujours du côté de la lumière et de la vie) ; ensuite sur le fait que Dieu nous poursuit de son amour… qu’il ne renonce pas à être paternel envers les hommes décevants ou offensants et que, de ce fait, nos « ennemis » sont aimés de Dieu autant que nous.

Pour Saint Jean le récit du miracle n’est pas essentiel : il n’y consacre que les trois lignes où on lit le geste de la boue, l’invitation à aller à la piscine, et le retour de l’homme guéri. Tout le reste du récit est consacré à la marche vers la foi de l’homme qui sort de la nuit. Voyez comment sa foi en Jésus s’affine : il dit successivement que Jésus est un homme qui a fait du bien, puis qu’il est un prophète qui vient de Dieu, puis qu’il est le Messie…Peut-être avons-nous à faire le même chemin progressif en disant d’abord « Jésus a fait pour moi des merveilles », puis « Je pense que Jésus a une relation particulière avec Dieu », puis « il est mon Sauveur et mon Dieu ». Voyez aussi comment l’homme exprime sa foi par sa liberté : il n’est pas impressionné par les commissaires qui l’interrogent : la liberté du chrétien, c’est l’indice du salut qu’offre la foi.

Voyez aussi que dès sa guérison, l’aveugle est sur la sellette, à la barre d’un tribunal, et doit déposer son témoignage sur Jésus. Étant guéri de son aveuglement par Jésus, l’homme est exposé immédiatement à être critiqué par ceux qui sont encore aveuglés et continuent de faire un procès à Jésus. C’est exactement le cas des baptisés, notre cas : nous sommes dans le monde sans être du monde ; nous avons à justifier que Jésus est la seule lumière du monde, … ce que contestent beaucoup qui trouvent plus réaliste de s’éclairer avec les néons de la consommation et du confort.

Mais, frères et sœurs, saint Paul me corrige. Il ne dit pas que nous vivons dans un monde de ténèbres ; il nous dit plus crûment : « vous étiez ténèbres ». Il ne dit pas que le baptême nous a mis dans la lumière : il dit sans hésiter « vous êtes lumière ». Frères et sœurs, en nous faisant voir de quel amour Dieu nous poursuit, le Christ nous a ouvert les yeux, nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière. Il nous dit « vous êtes la lumière du monde ».

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/parole-pour-un-dimanche-0/embed?episodeId=666027

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