Écoutons ce que dit Jésus à Pierre, au milieu de la nuit et de la tempête. « Viens ! » : une invitation pleine de douceur. Frères et sœurs, si vous cultivez le fin silence de la confiance, vous entendrez le Ressuscité vous dire « viens ! … viens vers moi ; je marche sur tout ce qui provoque ta peur ; si tu viens vers moi, toi aussi, tu piétineras tout ce qui provoque tes peurs ». Écoutons aussi ce que Jésus dit à Pierre quand il était dans la tempête, culpabilisé par son reniement ; Jésus est venu à lui : « m’aimes-tu ? », la parole la plus douce ! Si vous cultivez le fin silence de l’amour, vous aussi, vous entendrez le Ressuscité vous dire « m’aimes-tu ? ».
Prédication du père Louis Groslambert pour le dix-neuvième dimanche du temps ordinaire
Une dame me dit la tempête qui la maltraite : « mon mari est décédé depuis 2 ans ; il me manque ». Des personnes hospitalisées me disent leur tempête. Dans les familles, dans les immeubles, dans les communautés… les tempêtes ne manquent pas lorsqu’une parole a blessé, lorsqu’un pays est ébranlé par des violences, lorsqu’un licenciement soulève l’inquiétude, lorsque des actes honteux sont révélés, que des personnes sont battues et trahies, que des époux se déchirent, que des enfants voient leurs parents s’agresser, que sont votées des lois contre la vie… Dans tous ces cas, c’est la tempête, c’est la nuit. A ces souffrances s’ajoute l’impression qu’au lieu de détruire le mal autoritairement, Dieu reste loin des tempêtes. Or Dieu n’est pas une force destructrice, à la manière d’un tremblement de terre ou d’un ouragan ; Élie nous l’a dit dans la première lecture : Dieu ne vitupère pas contre la reine qui le persécute, mais il est présent comme un fin silence au côté de son prophète malmené. Et c’est en se faisant Emmanuel que Dieu se fait proche de tous ceux qui sont dans les tempêtes. Et Emmanuel – parole de Dieu – parle sur le ton d’un fin silence. Comment ?
Écoutons ce que dit Jésus à Pierre, au milieu de la nuit et de la tempête. « Viens ! » : une invitation pleine de douceur. Frères et sœurs, si vous cultivez le fin silence de la confiance, vous entendrez le Ressuscité vous dire « viens ! … viens vers moi ; je marche sur tout ce qui provoque ta peur ; si tu viens vers moi, toi aussi, tu piétineras tout ce qui provoque tes peurs ». Écoutons aussi ce que Jésus dit à Pierre quand il était dans la tempête, culpabilisé par son reniement ; Jésus est venu à lui : « m’aimes-tu ? », la parole la plus douce ! Si vous cultivez le fin silence de l’amour, vous aussi, vous entendrez le Ressuscité vous dire « m’aimes-tu ? ».
Dans les deux cas, Pierre est passé de la barque de la tempête et de la peur à la barque de la confiance ; la confiance, la foi, est comme une barque insubmersible où tout pécheur peut encore monter afin de continuer sa traversée ! Frères et sœurs, vous qui êtes dans des tempêtes, ne restez dans la barque dangereuse ; montez plutôt dans la barque de la confiance en Jésus, la seule barque insubmersible.
Pierre a donc quitté la barque de la peur et est parti dans la confiance sur la mer. Vous tous, vous êtes entrés dans le mariage, dans la paternité, dans la profession, dans l’Église, dans tous les lieux où il y a des tempêtes, avec seulement votre confiance en Jésus Christ. Mais la tempête a continué de vous harceler et comme Pierre a quitté la barque de la confiance vous avez été repris par la peur « Je ne vais pas y arriver ». Eh bien imitez Pierre : sa peur s’est changée en prière : « Seigneur, sauve-moi » Alors le Christ fidèle lui a saisi la main. Vous les mariés, vous les parents d’adolescents, vous avez prié les jours où l’impatience vous harcelait et le Christ vous a tenus par la main. Vous les catholiques ébranlés par l’horreur des abus, vous avez prié et le Christ vous a tenus pour que vous gardiez confiance à l’Église. Ainsi, grâce au Christ, nous marchons tous sur l’eau.
Voilà donc notre motif d’action de grâce personnel. Mais nous avons un motif d’action de grâce commun : C’est que le Christ marche sur l’eau, c’est-à-dire qu’il piétine les forces du mal. En aimant jusqu’à la croix et en ressuscitant, il a mis à ses pieds tous ses ennemis … tous nos ennemis. De plus, en envoyant le Saint Esprit, il a donné à l’Église la belle mission de dire à tous ceux qui sont dans les tempêtes : « avec le Christ vous avez la possibilité de passer de la barque de la peur à la barque de la confiance ; malgré vos tempêtes et les tempêtes du monde, regardez le Christ. »
Faisons la profession de foi au Christ qui a mis à ses pieds tous ses ennemis, tous nos ennemis, tous les ennemis de l’amour.