21ème dimanche du temps ordinaire

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Publié le 20 août 2022

Entrer par la porte étroite

Celui qui aime paternellement tous les hommes, les attire tous. Pourquoi donc la porte, évoquée dans l’Évangile de ce dimanche, est-elle étroite ? Et si c’était nous qui étions trop chargés pour la passer ? Qu’est-ce qui nous encombre ? Quelles valises laisser ?

Prédication du père Louis Groslambert pour le vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

Le Seigneur donne aujourd’hui 2 enseignements apparemment contradictoires : dans la 1ère lecture, Dieu annonce que la porte sera largement ouverte à tous en disant « je vais rassembler toutes les nations » ; et dans l’évangile, avant de dire que, puisqu’il rassemble, beaucoup viendront de l’orient et de l’occident, il dit que la porte sera étroite et que parmi ceux qui pensent entrer, peu vont pouvoir le faire. Que tous soient attirés, il est évident que c’est grâce à Dieu ; mais si la porte est étroite, si tous n’entrent pas, c’est la faute à qui ?

Si la porte est étroite, est-ce la faute à Dieu ? Non, car celui qui aime paternellement tous les hommes ne peut pas vouloir en éliminer une majorité ou même un seul. Et son fils Jésus est représenté en croix avec les bras largement ouverts pour embrasser tout le monde, il a versé son sang pour la multitude et promis d’attirer à lui tous les hommes.

Donc, la porte est étroite et ce n’est pas du fait de Dieu. Alors, est-ce de notre fait ?
Comme moi, vous avez pris le métro, vous avez passé des portillons étroits, ce qui est difficile quand on a plusieurs grosses valises. Ce qui nous rend inaptes à passer la porte qui va chez Dieu, c’est que nous avons plusieurs grosses valises : la valise de notre attachement à Dieu (nous y tenons) et les valises de notre attachement aux idoles (nous y tenons aussi) ; il y a la grosse valise de nos fiertés, de nos diplômes, de nos succès, de nos propriétés, et puis la valise des choses que nous n’avons pas voulu partager, de notre bon droit, de ce qui fait que nous sommes très satisfaits de nous-mêmes, de notre amour-propre, de notre volonté propre, de nos principes… Ces valises-là sont trop larges et nous empêchent de passer la porte… Pour faire le voyage de notre vie, il suffirait que nous ayons une seule petite valise contenant ceci : « Dieu t’aime infiniment, tu l’aimeras ; et puisque Dieu aime ton prochain, tu aimeras ton prochain ». Et avec cette petite valise, nous franchirions facilement la porte étroite.

« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ». « Efforcez-vous ! » C’est donc qu’il faut faire un gros effort. L’effort de devenir des pauvres, de se présenter comme des indigents, des gens qui ont tout à recevoir. Saint Paul a fait cet effort : dans sa lettre aux Philippiens (3,18), il aligne tous ses titres : circoncis, pharisien, plein de zèle, irréprochable (il trimbale une énorme valise de qualités) ; mais il poursuit ainsi : « tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance de Jésus mon Seigneur ». Autrement dit, saint Paul a compris que, pour passer la porte étroite et paraître devant Dieu qui donne, il faut se présenter les mains vides… comme un indigent.

Le vendredi saint, le Seigneur a été dépouillé de tout. La porte que nous avons à franchir, c’est la porte du vendredi saint, la porte où ne passent que ceux qui consentent à être dépouillés… de leur statut, de leurs dignités, de leurs diplômes…. Dépouillés comme Jésus qui a pris la condition de serviteur !

Or, frères et sœurs, vous avez déjà franchi cette porte et vous en avez eu de la joie. Chaque fois que vous vous dérangez pour faire un geste d’attention fraternelle, que vous mettez votre mauvaise humeur dans votre poche avec le mouchoir par-dessus, que vous ne rendez pas le coup qu’on vous a infligé… vous imitez Jésus qui se dépouille de tout ; vous passez la porte étroite. … Et vous éprouvez de la paix.

Il se trouve que des non chrétiens voient qu’une telle décision est pleine de sagesse ; c’est pourquoi Jésus dit « on viendra de l’Orient et du couchant prendre place au festin ». La porte sera large pour tous ceux qui auront donné du pain à qui a faim, du temps à qui demande à être écouté, de la miséricorde à qui est dans la souffrance.

Attention ! La messe dit quelle est la bonne porte : c’est celle où il est indiqué « Mon corps livré pour les autres ». C’est la bonne porte puisqu’elle ouvre sur la communion des hommes réconciliés. Puissions-nous emprunter la bonne porte !

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