Deuxième dimanche de Carême

Actualités

Publié le 23 février 2026

Au deuxième dimanche de Carême, l’Église nous conduit sur la haute montagne de la Transfiguration. Après l’appel à la conversion, voici la lumière. Mais cette lumière n’est pas une échappée hors du monde : elle éclaire le chemin exigeant de l’alliance. La Transfiguration nous apprend à reconnaître la grâce devenue visible dans les gestes d’un amour fidèle, patient, parfois blessé. Ainsi, notre effort de Carême peut être simple et audacieux : repérer chaque jour les signes de la présence de Dieu.

Prédication du père Louis Groslambert pour le deuxième dimanche de Carême

Frères et sœurs, Dieu a fait alliance avec vous comme avec Abraham ! Il vous a parlé comme il a parlé à Abraham : Oui, Dieu vous a dit : « pars, quitte ton pays » (car pour vivre, il faut quitter, à l’image du bébé qui quitte le sein) «  et va vers le pays que je te montrerai ». Le pays que Dieu nous montre, notre Terre Promise, c’est la vie éternelle avec Dieu. Mais il faut y aller… Y aller en quittant notre confort et nos habitudes, et en prenant un chemin qui est la vie de foi en celui qui nous guide. Si la foi est un chemin, il n’est pas étonnant qu’Abraham, notre père dans la foi, soit un nomade qui se déplace et physiquement et mentalement. Nous évaluons notre foi à ceci : elle est vraie si nous nous déplaçons mentalement, si nous quittons le pays de la vengeance pour entrer au pays du pardon, si nous quittons le pays du chacun pour soi pour entrer au pays de la fraternité, si nous quittons nos principes pour entendre une voix autre que la nôtre. Notez aussi que, parce qu’il se déplace, Abraham va être gagnant : il pourra engendrer une famille ; de même, si nous quittons réflexes mondains et habitudes, ce sera pour un heureux événement, pour permettre à notre entourage de voir la présence de Jésus, la victoire de l’amour… Frères et sœurs, entendez Dieu ! faites-lui confiance ! et vous rendrez manifeste la présence de Dieu !

Frères et sœurs, en nous donnant une vocation sainte : l’aptitude à reconnaître que Dieu est à nos côtés, et que son alliance est notre seule sécurité. Saint Paul a écrit « la grâce est devenue visible ! ». Eh bien, puisque la grâce est devenue visible, notre effort de carême est tout trouvé : ne pas nous coucher avant d’avoir écrit trois signes de la présence de Dieu que nous aurons repérés dans la journée. Oui, si vous n’avez pas décidé un effort de carême, adoptez celui-ci : repérez les signes de la présence de Dieu ; c’est l’effort de carême le plus utile.

La présence de Dieu ! Ici-bas, notre vocation est de voir des signes de la présence de Dieu, mais un jour, nous verrons même le visage de Dieu ! Sans doute, Pierre, Jacques et Jean avaient prié cent fois le psaume 42 « Dieu, quand te verrai-je face à face ? » Eh bien au jour de la transfiguration, ils ont eu l’évidence que leur ami Jésus qui portait la plus grande attention à chacun, qui nourrissait les foules, guérissait les malades et tendait la main aux exclus… est vraiment Dieu. Quand nous lisons que Jésus a guéri des malades, qu’il a ressuscité des morts et qu’il n’a agi que par amour, nous dirions également qu’il rayonne de la puissance de l’amour de Dieu.

Mais s’approchait le jour où il montrerait une extrême faiblesse, où il pleurerait des larmes de sang, et où il serait défiguré. Jésus qui avait annoncé sa passion avait entendu ses apôtres dire : « non ça ne peut pas t’arriver de souffrir et mourir ». Pour leur enseigner qu’au contraire, le jour où il serait défiguré serait le jour où il resplendirait de l’amour total, celui qui allait être défiguré s’est montré transfiguré. A y réfléchir, nous devons avouer que ce n’est pas étonnant. En effet, l’amour d’une personne est vrai quand cette personne vit son amour quoi qu’il lui en coûte.     

Quand vous donnez votre amour à une personne, vous vous exposez à être affectés par tout ce qui fait souffrir la personne que vous aimez ; vous consentez même à être blessés par les maladresses de la personne que vous aimez. C’est quand vous continuez d’aimer tandis que vous êtes blessé, que vous êtes au top de l’amour. L’amour et la gloire sont au maximum chez ces parents qui s’usent la santé pour un enfant handicapé ; l’amour et la gloire sont au maximum chez cet époux et cette épouse qui vont tous les jours passer des heures au chevet de leur conjoint hospitalisé : ils resplendissent du plus bel amour, parce qu’ils disent à leur conjoint ce que Jésus nous dit sur la croix : « tu m’es tellement précieux que je ne t’abandonnerai pas quoi que j’aie à endurer » ; l’amour et la gloire sont au maximum chez ces éducateurs qui ne comptent pas leurs heures pour tirer quelqu’un d’affaire… Dieu-amour est vraiment partout, pas seulement là où ça réussit, où c’est facile, mais aussi là où c’est difficile, là où l’on souffre par amour. Alors, quand, avant de nous coucher, nous aurons à écrire trois beaux comportements d’amour, nous écrirons les noms de ceux qui souffrent pour ceux qu’ils aiment, nous n’oublierons pas tous ces actes nés d’un amour coûteux.

Nous allons chanter « saint… la terre est remplie de ta gloire ». En effet, les personnes qui aiment quoi qu’il leur en coûte sont si nombreuses que le monde est vraiment rempli de la gloire de Dieu. Ayons beaucoup d’ambition : rêvons de gloire ! rêvons de faire honneur à l’humanité en donnant notre vie comme Jésus, en disant sur nous-mêmes « mon corps livré pour vous »

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

Rejoignez-nous

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque semaine toute l'actualité catholique en Nord Franche-Comté

Je recherche