Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 20 juillet 2022

La recherche de la sécurité matérielle, la peur de manquer, gestion difficile des stocks des matières premières : autant des questions que préoccupent bien notre époque… et qui sont au cœur de l’Évangile de ce dimanche. Quels enseignements sur le bon usage des richesses apprenons-nous ? Qu’est-ce qui nous fait vivre vraiment ?

Prédication du père Louis Groslambert pour le dix-huitième dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, quand il y a une crise, les gens se précipitent dans les magasins, vident les rayons d’huile et de sucre ; ils ressemblent à l’homme qui se croit en sécurité grâce aux stocks qu’il accumule dans ses greniers. C’est qu’on est conditionné par la peur de manquer.

Mais, avez-vous noté que Jésus ne dit pas que ce paysan a fait fausse route en travaillant si bien qu’il doive agrandir ses granges ; il dit qu’il fait fausse route en se disant « je suis désormais tranquille grâce à mon blé, mes greniers, mes propriétés ; puisque j’ai le confort matériel, rien ne peut m’arriver ». Déjà, le sage de la 1ère lecture avait repéré qu’on s’illusionne si on pense que l’avenir est assuré par les possessions matérielles. Les possessions matérielles sont tellement inaptes à empêcher de mourir que la Bible les compare à la buée. Ce qui ne sera d’aucun secours la nuit où l’on mourra, c’est futile comme de la buée. Ainsi, il faut choisir entre ce qui va s’évaporer comme la buée, et ce qui va demeurer parce que Jésus le construit.

A ce paysan surpris par une récolte qui dépasse ses espérances, Jésus reproche donc de se baser sur une illusion. Il lui fait aussi un autre reproche: celui de ne penser qu’à lui : « Mon blé, mes greniers, je vais me reposer, boire et jouir de l’existence ». Cet homme aurait pu dire : l’abondance de ma récolte est un don de Dieu ; je vais en faire profiter mes journaliers et renflouer la banque alimentaire ou le CCAS. Il dit au contraire : « c’est pour moi ». Cet homme ignore qu’en accaparant la totalité de la récolte – qui est en fait un don de Dieu -, il en prive ceux qui en ont besoin pour vivre. L’Église observe que 1 tiers de l’humanité s’accapare 90% des ressources. C’est pourquoi, elle a inscrit dans sa pensée sociale le principe de la destination universelle des biens : la terre est à tous. L’Église n’est pas contre la propriété individuelle, mais contre l’esprit d’accaparement.

Frères et sœurs, vous avez noté que Jésus pose une question redoutable : « ta récolte engrangée ne va pas t’empêcher de mourir ; ce que tu possèdes, ne sera pas pour toi ; ce sera pour qui ? » L’évangile livre plusieurs enseignements sur le bon usage des richesses : nos richesses sont de buée si nous les gardons pour nous ; elles sont bien utilisées si nous en faisons des instruments de communion ; est vivant celui qui met ses richesses au service de la vie des autres. Parce qu’il a fait ainsi, Jésus est le Vivant. Parce que Zachée s’est ouvert aux autres, il a quitté la vaine buée de son argent et il est sorti de sa mort.

Nous disons cela durant la messe. A la messe, nous allons nous incliner, pas devant nos biens, mais devant le Seigneur ; car notre vie ne dépend pas de nos richesses mais du Seigneur… Loin de dire « j’ai de quoi » (avec un je très égoïste), nous dirons à Dieu « donne-nous notre pain », donne-nous la sagesse qui est le Christ, et qui permet de capitaliser ce trésor que la mort ne peut pas nous enlever : les liens fraternels.

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