Est-ce que Jésus est pour nous le trésor de nos vies ? Avec quelle persévérance lui disons-nous, comme Salomon : « donne-moi ta sagesse ; donne-moi de savoir discerner ce qu’il faut faire pour moi, pour mes enfants, pour mon vote, pour servir la société, pour servir mon Église ». A quoi avons-nous renoncé pour être plus en phase avec le Christ, pour avoir la perle de l’amour infini ?
Prédication du père Louis Groslambert pour le dix-septième dimanche du temps ordinaire
La chasse au trésor n’est pas qu’une émission télé. Tout le monde cherche un trésor : Celui-ci cherche l’âme sœur… celui-là le métier où il pourra s’épanouir… et cet autre la manière de conjuguer la vie professionnelle et la vie familiale… Nous cherchons, parce que nous sommes des êtres de désir, des êtres tendus vers ce qu’ils espèrent. Saint Matthieu décrit le Royaume de Dieu comme un trésor et il insiste sur la joie de le trouver : « dans sa joie il va vendre tout ce qu’il possède ». A la messe, nous ravivons la joie de nous savoir aimés infiniment. Et nous rendons grâce d’autant plus que nous n’avons pris aucune peine à chercher ce trésor ; il nous a été indiqué par nos éducateurs. Nous ne sommes missionnaires que si nous soulignons la joie d’avoir trouvé le trésor. Le trésor de l’amoureux, l’âme sœur, ne peut être qu’unique ; le trésor n’est un trésor que s’il fait apparaître que le reste n’a guère d’importance.
L’homme qui a trouvé le trésor caché dans un champ aurait pu devenir propriétaire du champ en épousant la fille du propriétaire ; il aurait ainsi gardé ses biens. Non ! il a défini que le trésor serait son unique. Je dis cela parce que nous considérons que notre attachement à Jésus peut voisiner avec notre attachement à notre tranquillité, avec nos avoirs en banque, avec nos principes égoïstes avec nos idoles… Et partant de l’idée que notre foi n’est qu’un trésor à côté des autres, nous n’entendons pas Jésus nous dire « si je suis ton unique trésor, va, vends tout ce que tu as, donne-le, puis suis-moi ». Il s’agit de simplifier nos vies, et de la centrer sur ce qui est essentiel à notre espérance, à savoir la personne de Jésus qui nous aime au point de mourir pour nous et qui est le seul à nous ressusciter. Je vous relaie la réflexion de saint Charles de Foucauld, disant en substance : quand j’ai su que Jésus est mon Seigneur, je n’ai voulu vivre que pour lui ». Un vrai trésor est unique. Est-ce que Jésus Christ est mon unique trésor ?
Renoncer à tout pour accéder à ce qui est plus important, c’est notre problème : on veut préserver la planète, mais cessons-nous les exploitations et les pollutions qui arrangent notre confort ? On veut plus de justice, de paix, de fraternité… mais renonçons-nous à tout ce qui met les uns au-dessus des autres (car cela engendre la jalousie et les guerres) ; cherchons-nous des relations de justice fraternelle tout à fait propres à créer la paix ?
Si chaque chrétien, pour chercher le Christ et son Royaume, fournissait le 10ème de l’effort que fait un sportif pour acquérir la médaille de bronze, tous auraient une joie missionnaire. Une foule de gens peut passer à côté d’un trésor caché dans un champ ; aussi, craignons de passer à côté du Royaume de Dieu, comme les contemporains de Jésus sont passés à côté de Jésus sans s’apercevoir qu’il était le trésor de l’humanité.
Pourtant, les évangiles nous disent la joie des mages qui ont trouvé Jésus après un voyage coûteux, la joie de Zachée, de la pécheresse, des boiteux et des aveugles guéris. Saint Paul dit clairement à quel point il se réjouit d’avoir trouvé Jésus : « tous les avantages, tous les titres éminents qui faisaient mon orgueil, toutes les vertus venant de mon obéissance à la loi, de mes jours de jeûne, de mon assiduité à l’étude, je considère cela comme des balayures à côté de la connaissance de Jésus mon Seigneur ».
Permettez que je pose 3 questions. D’abord, est-ce que Jésus est pour nous le trésor de nos vies ? Avec quelle persévérance lui disons-nous, comme Salomon : « donne-moi ta sagesse ; donne-moi de savoir discerner ce qu’il faut faire pour moi, pour mes enfants, pour mon vote, pour servir la société, pour servir mon Église ». La 2ème question est suggérée par le chercheur qui « vend tout ce qu’il possède pour acheter le champ ». A quoi avons-nous renoncé pour être plus en phase avec le Christ, pour avoir la perle de l’amour infini ? Et 3ème question est la suivante : à la messe, à la communion, nous recevons le trésor de l’humanité, l’homme sans le moindre égoïsme, le seul homme qui considère comme plus important que lui n’importe quel homme, même le plus méprisé. Allons-nous indiquer à d’autres que nous savons où est le vrai trésor, et qu’à la messe, le trésor attend que l’on s’approche de lui ? Serons-nous missionnaires de ce trésor de fraternité ?
Méditer avec RCF Belfort-Montbéliard
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