Dix-septième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 19 juillet 2022

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 1-13)

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus apprend aux disciples à prier. Même si nous prions déjà, il est peut-être utile que Jésus nous apprenne à prier. Les conseils de Jésus donnent à la prière une couleur toute nouvelle.

Prédication du père Louis Groslambert pour le dix-septième dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, vous priez ; nous prions tous. Mais, même si nous prions déjà, il est peut-être utile que Jésus nous apprenne à prier. De même qu’il a appris à prier à ses disciples qui priaient déjà. Les conseils de Jésus donnent à la prière une couleur toute nouvelle. Voyez.

D’abord, Jésus nous demande de donner à Dieu le titre de Père, parce que si grand qu’il soit, Dieu n’est pas une superpuissance terrifiante. Jésus nous dit même de lui dire affectueusement « papa », parce que Jésus lui dit « papa », dans sa langue « abba ». Rendez vous compte : en priant selon Jésus, nous aurons avec le Père la même relation d’intimité, de confiance, de tendresse … que Jésus ; nous pouvons parler à Dieu sans souci des convenances, comme un enfant parle à son papa… Il est probable que nous parlons déjà à Dieu de cette manière pour lui dire nos préoccupations et nos joies.

Mais, voici une autre nouveauté qu’apporte Jésus : au lieu de prier pour nous, c’est à dire de mettre Dieu à notre service – lui demandant de solutionner nos problèmes -, Jésus ordonne de prier d’abord pour Dieu, pour que son nom soit sanctifié, que son règne vienne, que sa volonté soit faite. Ca, c’est une révolution. Plus question de prendre Dieu pour un dépanneur à qui on ne s’intéresse que quand on est en panne, quand la maladie survient, quand la guerre menace… Si notre prière consistait à téléphoner à un dépanneur, elle ne s’intéresserait pas à Dieu mais seulement à la solution de nos problèmes. Pour nous adresser vraiment à Dieu, avant de dire nos besoins de pain, de pardon, de vie réconciliée,… il faut demander le succès de Dieu. C’est pourquoi, Jésus ordonne de dire notre désir que Dieu soit connu comme Père, que le règne de son amour s’étende, que sa volonté de salut se fasse. En faisant ainsi, nous prenons l’attitude des enfants qui ont vu que leur papa fait des merveilles et qui désirent que ces merveilles soient reconnues. 

En fait, pourquoi convient-il de prier pour Dieu le « Père » ? Parce qu’avant de lui demander quoi que ce soit et donc avant d’être exaucé, nous tenons à professer sa bonté. Il serait inconvenant que nous ne disions la bienveillance de Dieu qu’après avoir été exaucés. C’est parce qu’il exauce que nous prions le Père.

À propos de prière et d’exaucement, il convient de dire que toute la Bible décrit Dieu qui prie l’homme, et que c’est à l’homme d’exaucer Dieu. Nous prions parce que Dieu nous prie et s’adresse toujours à nous en nous disant « s’il te plait, ferais-tu ceci ou cela ? ». Alors qu’il nous est difficile d’exaucer Dieu, de collaborer à son règne, d’être les témoins de son amour, Dieu ne se fatigue pas de nous prier : il croit que nous finirons par l’exaucer. Soyons avertis : la voix de l’amour nous sollicitera jusqu’à notre dernier souffle.

Dernière nouveauté qu’apporte la prière de Jésus : Jésus demande de dire « notre Père » et non pas « mon Père » ; il demande de prier pour les autres. Comme Abraham qui prie pour le sort de toute une ville où se mêlent les justes et les pécheurs. Dieu avait fait d’Abraham le porteur d’une bénédiction pour toutes les familles de la terre ; alors Abraham prie pour toute la ville ( c’est pourquoi nous faisons aussi une prière universelle). Abraham pressent que les justes pèsent dans la balance du jugement, que la justice de quelques-uns peut déclencher le pardon pour tous les coupables. Il dit à Dieu que la ville peut être sauvée par la présence de 10 justes. L’évangile dit mieux encore : l’humanité entière est sauvée par l’unique juste, Jésus, lui qui a versé son sang pour la multitude.

Enfin, la Bible raconte qu’il n’y avait pas 10 justes dans la ville ; et donc que la ville a été détruite. Est-ce pour autant qu’Abraham a perdu son temps en priant ? Je pose cette question parce que des gens disent que, puisque leur prière n’est pas exaucée, on perd son temps à prier. Un moine a répondu en disant ceci : celui qui prie est toujours exaucé parce qu’il est exhaussé (de Montcheuil). La prière fait monter vers l’amour filial.

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