Une fois par an, les prêtres, les diacres et leurs épouses se retrouvent le temps d’une ou deux journées pour une retraite. Cette année, la récollection avait lieu au moment de la visite du pape Léon XIV en France. Trois participants nous le racontent: le père Benjamin Nkembo Kuape et le couple de Sophie et Rémi Eck.
Récit du père Benjamin Nkembo Kuape (paroisse Jean-Paul II, doyenné de Beaucourt-Delle)
Chaque année, les prêtres et diacres, ainsi que leurs épouses, effectuent une sortie sous l’égide du service des pèlerinages. La date fixée est celle du 28 au 29 septembre 2026 en Alsace, précisément au Sanctuaire du Mont Sainte-Odile. Cette temporalité est atypique parce qu’elle coïncide avec la visite du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre. Cet article est un récit qui relate les trois moments forts de cette sortie, à savoir la découverte du Mont Sainte-Odile, la participation des pèlerins à la messe et l’échange autour de la visite du pape.
À la découverte du Mont-Saint-Odile
Situé à 753 mètres d’altitude, le Sanctuaire Sainte-Odile est un haut lieu spirituel qui attire de nombreux pèlerins. Fille du duc Étichon-Adalric d’Alsace, Odile a une histoire de vie monastique qui se résume à trois emblèmes. Le livre, la crosse d’abbesse et le manteau d’hermine. Sainte Odile est représentée tenant un livre de la règle monastique. Née aveugle, Odile faisait l’objet du rejet de ses parents. À l’âge de 12 ans, au cours de son baptême, Odile est guérie miraculeusement de sa cécité. La source d’eau du mont Sainte-Odile est traditionnellement réputée pour guérir et soulager les maladies et les affections des yeux. Les yeux d’Odile sont grands ouverts sur le livre, ce qui montre à quel point la règle monastique était la boussole et le guide de sa vie. Odile tient ensuite une crosse. Cette crosse symbolise sa charge spirituelle comme première abbesse du monastère. Odile est enfin présentée portant le manteau d’hermine. C’est la symbolique de son appartenance à une famille de la noblesse alsacienne. Nous étions admiratifs de voir la tombe de Sainte Odile pour nous recueillir. Le silence qui règne dans les couloirs du Sanctuaire du mont Sainte-Odile rime avec la contemplation. C’est dans le silence que l’on entend la voix de « l’homme intérieur ».
Célébration eucharistique
Avec les autres pèlerins et le chapelain, nous avons communié au même pain et à la même coupe en la fête des archanges Gabriel, Michel et Raphaël. Dans son homélie, Mgr Jachiet a expliqué le sens et la fonction de chaque archange. Gabriel, dont le nom signifie « Dieu s’est montré fort », est l’un des archanges. Il est célèbre dans l’Évangile selon saint Luc. Il apparaît à Zacharie (Lc 1,11-20) puis à Marie (Lc 1,26-38) pour leur annoncer respectivement la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus. Michel ou Michaël veut tout simplement dire « qui est comme Dieu ». Il est le chef des anges et de l’armée céleste. Il combat et lutte contre le Dragon (Dn 10,13-21). Quant à l’ange Raphaël, son nom signifie « Dieu guérit ». Dans le livre de Tobie, Raphaël joue le rôle du thérapeute et guérisseur de Tobit dans sa cécité infligée par le démon Asmodée (Tobie 11,1-13). Bien que chaque ange ait sa mission spécifique, les archanges sont avant tout des messagers de Dieu auprès des humains pour leur apporter la bonne nouvelle, le secours et la thérapie.
Qu’avons-nous retenu de la visite du pape ?
Nos échanges étaient organisés en 4 carrefours. Avec leurs histoires, parcours, attentes, forces, fragilités, quêtes de sens et de vérité, les jeunes ont répondu nombreux à l’appel de rencontrer le pape au Stade de France de Saint-Denis, ce département cosmopolite. Le Souverain Pontife les appelle « les saints de France » et les invite à ne pas sacrifier leur jeunesse si précieuse. L’Église et le monde ont besoin de vous et vous font confiance, disait-il. Bien plus, le Saint-Père leur demande de ne pas avoir peur de s’engager et de fonder une famille.
Dans un autre registre, le pape considère la vie comme une boussole morale. Une vie vaut une vie. Ici, la valeur unique et irremplaçable de chaque personne est en exergue. Tout ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. L’appel à la protection du droit à la vie est un impératif catégorique. Notre humanité est un don.
Différents par leurs religions mais unis pour la promotion de la justice et de la paix, les représentants des confessions religieuses ont rédigé une charte nommée « appel de Metz ». Les religions sont les gardiennes de la vie et les architectes de l’univers. Étant donné que la guerre commence dans les esprits des personnes, le dialogue devient une instance où les personnes reconnaissent l’altérité. Le dialogue est intrinsèque à la nature humaine. La paix n’est pas un rêve inaccessible. Le pape prône la paix désarmée et désarmante.
Père Benjamin Nkembo Kuape
Témoignage de Rémi et Sophie Eck (paroisse Saint Eloi, doyenné de Seloncourt)
« La visite du Pape a « bousculé » le programme de notre retraite annuelle des prêtres et des diacres », résume Rémi Eck en riant. Chaque année, en effet, les prêtres du diocèse prennent une ou deux journées de récollection, avec les diacres et leurs épouses. « C’est un moment privilégié car nous avons peu de rencontres en dehors », poursuit le diacre de Seloncourt.
La retraite 2026 a commencé lundi 28 septembre par ce pèlerinage à Metz, à la rencontre de Léon XIV. Le lendemain, une grande partie de l’après-midi a été consacrée à discuter sur le voyage du pape. « Chaque groupe était différent », explique Rémi Eck : « certains prêtres et diacres étaient présents à Metz, d’autres pas. Nous n’avions pas tous la même perception de ce que Léon XIV a apporté. »
Au-delà des déplacements du pape et de ses gestes, les discours et homélies prononcés pendant son voyage sont marquants. Sophie Eck concède : « J’ai regardé ces textes plus tard, ces écrits-là sont tellement riches. Je ne me priverai pas de les utiliser. »
Recueilli par AF de Beaudrap






