Après avoir dit « je suis la lumière, je suis la vigne, je suis le bon berger, je suis le pain de la vie… » Jésus a donc dit « je suis la porte » : cela surprend ! Quoique … toute la Bible nous montre un Dieu qui, pour que le peuple ne soit pas bloqué dans des impasses, ouvre des portes, des passages. C’est pourquoi, si Jésus est le fils de ce Dieu qui ouvre des passages, il n’est pas une porte qui enferme dans des principes ou des culpabilités ; au contraire, il est la porte qui permet de sortir de ce qui brime la liberté, la porte qui permet de s’en sortir, la porte qui ouvre un avenir !
Prédication du père Louis Groslambert pour le quatrième dimanche de Pâques
Après avoir dit « je suis la lumière, je suis la vigne, je suis le bon berger, je suis le pain de la vie… » Jésus a donc dit « je suis la porte » : cela surprend ! Quoique … toute la Bible nous montre un Dieu qui, pour que le peuple ne soit pas bloqué dans des impasses, ouvre des portes, des passages. C’est pourquoi, si Jésus est le fils de ce Dieu qui ouvre des passages, il n’est pas une porte qui enferme dans des principes ou des culpabilités ; au contraire, il est la porte qui permet de sortir de ce qui brime la liberté, la porte qui permet de s’en sortir, la porte qui ouvre un avenir ! On peut dire que Jésus est e vrai « éducateur », car « éduquer » vient du latin « educere » qui veut dire « conduire dehors, faire sortir ».
Nous vérifions dans l’histoire biblique que Dieu le Père et son Fils ouvrent toujours des portes. Le Christ a été la porte ouverte qui a libéré d’Égypte ; puis la porte qui a libéré de l’exil à Babylone. En disant à Pierre qui ne sortait pas de sa culpabilité « m’aimes-tu ? », Jésus a été la porte libératrice. En disant à la pécheresse : « va, je ne te condamne pas ! », Jésus a été la porte libératrice. En rejoignant les deux disciples à Emmaüs, le Ressuscité a été la porte par laquelle ils sont sortis de la prison de leur tristesse. Nous-mêmes, mille fois, nous avons constaté qu’une porte s’ouvrait afin que nous sortions d’un égarement, d’un péché, d’une forme de mort. La grâce dont Dieu nous entoure par Jésus Christ consiste à ouvrir des passages. Pendant quelques secondes, remercions Jésus-Christ d’avoir ouvert devant nous des passages là où tout avait l’allure d’une impasse, d’avoir ouvert des portes là où l’évidence nous faisait dire, « on va dans le mur » (bref silence)
Pourquoi l’œuvre de Dieu consiste à ouvrir des passages ? Jésus répond : « je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». Effectivement, il vient dans le sacrement de mariage pour que les personnes qui inaugurent leur vie de couple aient la joie en abondance ; il vient dans le sacrement de réconciliation pour dire aux pécheurs « va, je ne te condamne pas, je t’ouvre un avenir » ; il vient dans le sacrement de l’onction des malades pour que les personnes qui entrent dans le tunnel de la maladie aient l’espérance en abondance ; il vient pour que les personnes qui ont été trahies sachent qu’il est, lui, d’une fidélité indéfectible. Et nous pouvons constater que toute personne devient libre même par rapport à l’échec, au péché, à la mort… dès qu’elle passe par le Christ, la porte, … En effet, cette personne voit que le Christ dépose dans son cœur un amour d’un calibre insoupçonné : « aimez-vous comme je vous ai aimés ».
Frères et sœurs, le Christ se donne à vous à la communion pour que votre vie soit pleine de sa vie. Et vous vérifierez que vous avez la vie en abondance si, comme Jésus, vous ouvrez un passage devant quelqu’un, et donc, si, comme Jésus, vous devenez des serviteurs qui disent sur eux-mêmes « mon corps livré »
Ouvrir des portes ! Cette pensée permet de voir ce qu’on demande quand on prie pour les vocations. Chacun a une vocation. Mais quelle que soit notre vocation personnelle, notre vocation commune consiste à ouvrir des portes pour que nos frères ne buttent pas contre leurs obstacles, comme leur solitude, contre le jugement négatif, et toutes sortes d’enfermements. Or voici comment un prêtre exprimait sa hantise de fermer des portes devant ses paroissiens, mais sa vocation à en ouvrir pour que les gens avancent dans la vie : « Si toi, tu ralentis, les gens s’arrêtent ; si tu faiblis, ils flanchent ; si tu t’assois, ils se couchent ; si tu doutes, ils désespèrent ; si tu critiques, ils démolissent ; mais si tu marches devant, ils te dépassent ; si tu donnes ta main, ils donneront leur peau ; et si tu pries, alors ils seront des saints ». Ce que dit ce prêtre est valable pour celles et ceux qui ont d’autres vocations. En temps de crise, que chacun soit pour les autres un éducateur, un berger qui ouvre des portes, qui détruise les blocages, qui permette d’avancer !