Quatrième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 28 janvier 2022

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »

Les prophètes feront toujours un très mauvais score aux élections. L’Église ne peut pas rêver qu’elle devienne majoritaire : en effet, elle doit suivre l’itinéraire de Jésus qui passe par la case « persécution ». Mais Dieu lui fait cette promesse : je serai avec toi ; ne tremble pas devant eux ; ils te combattront mais ils ne pourront rien contre toi ».
Nous reconnaissons là l’alliance de Dieu. Réjouissons-nous de cette alliance ; célébrons là.

Prédication du père Louis Groslambert pour le quatrième dimanche du temps ordinaire

Dimanche dernier, nous lisions que Jésus est allé à l’assemblée hebdomadaire ; et qu’il a fait la lecture d’un extrait du prophète Isaïe, comme faisait n’importe quel lecteur. Mais au terme de la lecture, il fait ce qu’aucun autre lecteur n’avait fait : il a dit « Le personnage que le prophète a annoncé, qui fait voir les aveugles, qui libère les prisonniers, qui transmet toutes les grâces, il est là, aujourd’hui, en ma personne ; en effet, je vais porter la Bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération, aux aveugles la lumière ». Frères et sœurs, notre foi consiste à dire que le ressuscité est là, qu’aujourd’hui, il donne son amour aux pauvres, sa lumière aux aveugles, sa liberté aux prisonniers. Il fait ce qui est bon pour l’homme.


Mais hélas, les gens du village deviennent furieux : ils voudraient avoir un traitement de faveur, des miracles à la pelle… sans avoir à se convertir. Ainsi saint Luc décrit un Jésus condamné à mort dès le début de son ministère : parce que Jésus refuse de les dispenser de conversion, « tous devinrent furieux ils poussèrent Jésus hors de la ville pour le précipiter du haut d’un rocher ». Il n’est pas exclu que nous fassions comme les gens de Nazareth : parce que nous n’aimons pas que Jésus nous demande de nous convertir, nous pourrions le chasser de chez nous… nous ne sommes pas à l’abri de cette folie !


Pourquoi les hommes pécheurs rejettent-ils celui qui annonce l’heureux pardon de Dieu ? Pourquoi les hommes blessés sont-ils allergiques aux mots du Christ qui vient les soigner ? Pourquoi Jésus qui ne faisait que le bien a-t-il abouti à la croix ? Pourquoi ce que les croyants appellent bonne Nouvelle est considéré par certains comme une mauvaise nouvelle ? Pourquoi l’Église est-elle marginalisée chez nous, persécutée ailleurs ?


Les prophètes ne sont pas accueillis, parce qu’ils sont en décalage avec l’opinion publique. L’Église ne sera jamais bien accueillie, car elle sera toujours en décalage. Dès que l’Église réprouve le repli sur soi, qu’elle dit son désaccord avec des lois qui ne respectent pas la dignité humaine de la conception à la mort naturelle, qu’elle plaide pour que les handicapés, les vieillards, les étrangers aient leur place,… elle est critiquée, combattue. Elle ne fait pourtant que réaliser ce que dit St Paul : l’amour ne cherche pas son intérêt mais celui des autres.


Les propos des prophètes vont à contre sens même des idées de bien des chrétiens. Spontanément des chrétiens pensent que l’amour de Dieu n’est pas offert aux païens, que Dieu aime seulement les gens qui méritent son amour (des gens aimables), que les ouvriers de la 11ème heure ne doivent pas être payés autant que les autres, que si la brebis perdue, c’est bien fait pour elle … Or Jésus dit strictement le contraire. Jésus dérange ; et la foi commence quand on se laisse déranger par Jésus Christ.


Eh bien, c’est parce que l’évangile est en décalage par rapport au monde qu’il est intéressant, comme la bonne nouvelle. Il est Bonne nouvelle puisqu’il anime des gens qui prennent le contre-pied de l’égoïsme, de l’injustice, de la prison matérialiste ; l’évangile est bonne nouvelle puisqu’il suscite des gens qui ne cherchent pas leur intérêt alors que le réflexe est de chercher son avantage ; l’évangile est bonne nouvelle puisqu’il donne envie d’aider les autres à vivre alors que le réflexe est de ne s’occuper que de soi ; il est bonne nouvelle puisqu’il dit la vanité de tout ce qui n’est pas l’amour des frères…


Les prophètes feront toujours un très mauvais score aux élections. L’Église ne peut pas rêver qu’elle devienne majoritaire : en effet, elle doit suivre l’itinéraire de Jésus qui passe par la case « persécution ». Mais Dieu lui fait cette promesse : je serai avec toi ; ne tremble pas devant eux ; ils te combattront mais ils ne pourront rien contre toi ».
Nous reconnaissons là l’alliance de Dieu. Réjouissons-nous de cette alliance ; célébrons là.

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF
           

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