Retour sur le pèlerinage des femmes

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Publié le 5 juin 2026

Le pardon selon le cœur de Dieu

Plus de soixante femmes ont marché ensemble ce samedi 30 mai sur les chemins autour de Trévenans et Bermont. Lors du pèlerinage, le Père Louis Groslambert a invité les participantes à réfléchir à l’une des réalités les plus exigeantes de la vie chrétienne : le pardon. Un thème qui ne relève pas d’une théorie abstraite, mais qui rejoint les blessures, les déceptions, les injustices et parfois les drames qui traversent les existences.

Le pardon est un chemin profondément humain avant d’être un commandement évangélique. La conscience elle-même nous murmure que la haine ne guérit pas les blessures et que l’enfermement dans le ressentiment finit par empoisonner celui qui le nourrit. Dans la révélation biblique, à travers l’histoire du peuple d’Israël, Dieu apparaît comme celui qui ne se lasse jamais d’ouvrir des chemins là où les hommes ont créé des impasses. Malgré les infidélités, les refus et les révoltes, il demeure fidèle à son projet : faire vivre.

« Dieu est entêté à faire vivre », a résumé le Père Louis. Toute la Bible témoigne de cette obstination divine à sauver plutôt qu’à condamner. Là où l’homme voit une faute, Dieu voit encore une possibilité de relèvement. Là où nous serions tentés de fermer la porte, Dieu ouvre un passage. Cette attitude atteint son sommet en Jésus-Christ. Dans l’Évangile, Jésus ne réduit jamais une personne à son péché. Il ne voit pas seulement la femme adultère, le collecteur d’impôts, le brigand ou le renégat ; il voit en chacun un avenir possible. Jusqu’à la Croix, il demeure celui qui ouvre un chemin : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Le Père Louis a souligné que le pardon n’est ni l’oubli, ni la négation du mal, ni le refus de la justice. Pardonner ne signifie pas dire que l’offense n’était pas grave. Le pardon consiste plutôt à refuser que le mal ait le dernier mot. Il est un acte de liberté par lequel l’offensé choisit de ne plus laisser sa vie être gouvernée par la blessure reçue. Ainsi, le pardon est toujours tourné vers l’avenir. Il est une œuvre de création. Celui qui pardonne accomplit, à sa mesure, quelque chose du geste même de Dieu : il ouvre une possibilité nouvelle là où tout semblait bloqué. Ce chemin demande souvent du temps. Il passe parfois par la colère, par la souffrance, par un lent travail intérieur. Il ne peut être imposé à personne. Mais chaque pas vers le pardon est déjà une victoire de la vie sur la mort, de l’espérance sur le découragement.

En conclusion, le prédicateur a rappelé que les chrétiens puisent cette capacité de pardonner dans l’expérience même du pardon de Dieu. Celui qui découvre qu’il est aimé, relevé et sans cesse accueilli par le Seigneur devient peu à peu capable d’offrir à son tour ce don précieux.

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