Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 21 juillet 2026

À chacun de nous, comme aux disciples, Jésus demande : « Pour toi, qui suis-je ? » Ce qui signifie : « En quoi ta vie est-elle modifiée par le fait que tu me connais ? Si je suis le fils de Dieu, le Sauveur, qu’est-ce que ça apporte à ton espérance personnelle, à ta vie en société, à ta manière de regarder le monde ?

Prédication du père Louis Groslambert pour le vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

À chacun de nous, comme aux disciples, Jésus demande : « Pour toi, qui suis-je ?» Attention, ne répondez pas en citant le dictionnaire ; cela indiquerait que votre relation à Jésus est aussi distante que votre relation à Ramsès ou à Vercingétorix. Ne répondez pas même en citant le catéchisme, car la formulation du catéchisme ne vous implique pas. Jésus demande : « qui suis-je pour toi ? » Ce qui signifie : « En quoi ta vie est-elle modifiée par le fait que tu me connais ? Si je suis le fils de Dieu, le Sauveur, qu’est-ce que ça apporte à ton espérance personnelle, à ta vie en société, à ta manière de regarder le monde ? En un mot, pourquoi continues-tu d’être chrétien ? Peux-tu me dire « je t’aime » ? »

Pour vous aider à réfléchir à la question ‘qui suis-je pour toi’, permettez-moi de dire ma réponse.
            Jésus, je me suis attaché à toi d’abord parce que je t’admire. J’admire ta liberté face aux pouvoirs des hommes souvent méchants, face aux règlements des hommes souvent blessants, face aux peurs des hommes, face aux succès, face aux échecs… En contemplant ta liberté, j’apprends à être plus libre face aux pressions, aux rancunes, aux échecs.
            Jésus, je me suis attaché à toi au point de t’aimer parce que ta fidélité dans l’amour m’apparait plus grande qu’un océan : je contemple ta croix et je vois que pour aimer à ce point des hommes peu aimables, tu as une fidélité extraordinaire : je t’aime parce que tu m’as aimé et tu t’es livré pour moi alors que j’étais attaché à mes caprices, hésitant à afficher ma foi en toi… Ta fidélité dans l’amour change tout au point que je peux regarder l’avenir avec espérance.
            Jésus, je me suis attaché à toi au point de t’aimer parce que tu es le seul qui regarde chacun avec miséricorde, et parce que tu es le seul capable d’apporter la paix et la justice dans ce monde où les hommes donnent la priorité à leur droit et non pas à leurs devoirs… La contemplation de ta miséricorde me conduit à visiter les malades.

À votre tour, frères et sœurs, il vous faudra répondre quand Jésus vous demande « pour vous, qui suis-je ? » Soyez avertis, il vous pose sa question à tout moment de la vie. Si des personnes tiennent des propos racistes, Jésus vous interroge : « il y a des racistes ; mais toi, me tiens-tu pour le frère universel ? » Si se présente une situation injuste, Jésus vous demande : « il y a de l’injustice ; mais toi, veux-tu être comme moi, assoiffé de justice ? » Des personnes sont-elles cataloguées, condamnées ? Jésus vous questionne : « ils sont sans miséricorde ; mais toi, veux-tu pratiquer ma miséricorde ? » Bref, chaque jour, le Christ nous dit « Par bien des aspects la société est inhumaine ; mais parce que tu me connais, me prends-tu pour celui sur qui on peut construire des relations saines et une société humaine ? ». Toute situation conduit à préciser qui est Jésus pour nous.

Frères et sœurs, il est indispensable de dire qui est Jésus pour nous ; mais Jésus a une personnalité si riche qu’une seule personne ne peut prétendre le connaître ; il est donc indispensable d’entendre comment les frères – c’est-à-dire l’Église – parlent de lui.

Puissions-nous dire comme l’Église que Jésus le Christ est l’amour fait homme, l’amour qui s’exprime dans la faiblesse commune des hommes. Puissions-nous l’aimer parce que son invitation à accueillir discrètement, à partager fraternellement, à pardonner humblement est à la portée des plus modestes… En disant « Jésus est Dieu fait homme », puissions-nous ressentir l’appel  à être humain, l’appel à tourner le dos à tous les péchés qui dévalorisent la noblesse humaine, l’appel à nous élever au-dessus des vaines idoles… l’appel à faire cette prière : ‘Seigneur, humanisez-moi’,

Puissions-nous dire comme l’Église que Jésus est le vrai Dieu, parce qu’il a manifesté l’amour sans limite … et qu’il le manifeste chaque jour, puisqu’aujourd’hui, il est vivant, actif, qu’il nous baigne de son amour et qu’il travaille à l’œuvre de vie, la résurrection.

Puissions-nous dire, sans mentir, tout ce que dit le Credo de l’Église !

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