Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 7 octobre 2026

Dans l’Évangile de ce 11 octobre, le Roi invite largement pour les noces de son Fils. Si les invités prévus délaissent l’invitation, le Maître fera venir ceux que personne n’invite jamais : les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux… Et quand à la messe nous disons: « heureux les invités au repas du Seigneur », dans quelle catégorie nous inscrivons-nous ?

Homélie du père Louis Groslambert pour ce 28ème dimanche du temps ordinaire

A chaque messe, nous entendons « heureux les invités au repas du Seigneur », cela veut dire que les invités dont parle la parabole, c’est nous. Et puis à chaque messe nous reconnaissons que nous n’avons pas le vêtement convenable et nous disons « Agneau de Dieu, prends pitié de nous », « donne-nous la tenue de la noce… fais nous revêtir le Christ ». 

A chaque messe, nous sommes dans la salle des noces… alors que nous sommes un ramassis de bons et de mauvais, de pécheurs qu’on a trouvés au coin de la rue et à qui on n’a pas fait passer un examen de vertus ! Voilà qui nous sommes ! Mais, si décevants que nous soyons, à chaque messe et n’importe quand, nous avons un grand motif d’action de grâce : c’est que Dieu épouse l’humanité sous le régime de la communauté de biens : Jésus -l’époux- donne à l’humanité -son épouse– toute sa sagesse, sa miséricorde, et il prend sur lui tout ce qui pèse sur l’humanité, à savoir les péchés et la mort. Ainsi, au vu de cette belle alliance, nous concluons que rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu. Frères et sœurs, avec toute l’humanité, c’est vous que Dieu veut épouser : il vous donne toute sa richesse et il prend sur lui tout ce qui pèse sur vous.

Alors, en prévision des noces, Dieu fait des invitations. Il invite d’abord les ayants-droits, les fils ainés, les héritiers, les Juifs… mais ceux-là récusent l’invitation parce qu’ils veulent se consacrer prioritairement à leur champ et à leur commerce (comme certains qui laissent tomber la pratique religieuse pour prioriser leurs projets plus ou moins matérialistes). Alors Dieu lance son invitation aux laissés pour compte, boiteux, aveugles, pécheurs… Dimanche dernier st Matthieu parlait des ouvriers de la dernière heure (nous pouvons être de ceux là) ; aujourd’hui il parle des invités de la dernière heure : à coup sûr, nous sommes de ceux-là. 

Parce que Dieu se montre bouleversant quand il nous appelle dans son alliance, nous lui donnons notre foi. Mais, quand même, nous nous interrogeons : avons-nous raison de lui donner notre foi puisqu’il se révèle sous les traits d’un roi qui fait massacrer les invités qui négligent son invitation et donnent la priorité à ce qui va enrichir leur portefeuilles (les champs et les commerces) ? Avons-nous raison de croire à un Dieu qui a des manières totalitaires puisqu’il fait massacrer ceux qui choisissent de vivre sans lui ? Avons-nous raison de croire à un Dieu qui fait éjecter un pauvre bougre tellement surpris par l’invitation qu’il n’a pas pris le temps de mettre le vêtement adéquat ?  

Effectivement ce roi qui prononce la peine de mort nous heurte. Mais interrogeons-nous : est-ce vraiment lui qui condamne à mort ? n’est-ce pas nous qui nous condamnons à prendre le chemin de la mort, dès lors que nous refusons de marcher sur le chemin de vie où Dieu nous invite. Notre histoire – notre liberté - comporte cet aspect tragique. Aller aux noces du Christ est la condition pour aller vers la vie ; or, quand nous n’entrons pas dans l’alliance de Dieu, nous allons vers la mort, nous nous condamnons nous-mêmes. 

Dieu tient à notre dignité et notre bonheur

Sachant qu’il nous arrive de refuser l’invitation à la joie et à la vie, l’Église nous redit chaque dimanche « heureux les invités ! ». Et le pape François relayait cette invitation à la joie en écrivant un livre, la joie de l’évangile, et un autre livre, la joie de l’amour,… Chacun de vous approuverait le pape en racontant qu’il a eu de la joie à aider quelqu’un à vivre, à ouvrir un passage pour quelqu’un qui ne s’en tirait pas... bref, en racontant la joie d’être facteur de vie, comme Dieu.

Vous serez sans doute d’accord avec moi ! Ce qui impressionne, c’est de voir que le roi fera les noces de son fils même si ses invités s’en désintéressent. Donc si les premiers invités récusent l’invitation, eh bien, il fera venir ceux que personne n’invite jamais : les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux… bref des gens considérés comme impurs. Les mauvais comme les bons. Avec de tels invités, le marié sera entouré de gens sans honneur ni dignité !  On reconnait là la situation de Jésus entouré de deux malfaiteurs. La bonté de Dieu s’exprime toujours par une invitation large. La joie de Dieu, c’est de dire à tout homme si pécheur qu’il soit «  tu n’es pas exclu de mon amour ».


L’Église, certains rêvent qu’elle soit faite de gens irréprochables ; certains craignent de se salir en fréquentant des marginaux… Mais l’Eglise de Dieu est une table ouverte où Dieu a la joie de voir siéger les pauvres, les laissés pour compte, les indésirables… où Dieu a la joie de voir ses enfants salis avoir enfin des comportements d’amour… puissent revêtir le vêtement de noce et trouver la véritable dignité humaine. De sorte qu’on dise d’eux ce que Pilate disait du Christ « voici l’homme »

Puisqu’une telle perspective de salut va de pair avec la foi au Dieu de l’évangile, nous avons raison de donner notre foi à Dieu ! Puisque Dieu tient à notre dignité et à notre bonheur plus que nous, nous avons raison de croire en lui. 

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