Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 9 septembre 2022

Celui qui fait bon accueil aux pécheurs

Il n’est pas sûr que la brebis perdue cherche le berger : mais il est sûr que le berger cherche la brebis perdue ! Il n’est pas sûr que nous cherchions le Christ, (d’autant qu’il faut le chercher non pas là où l’on réussit, mais là où l’on est dépouillé), mais il est sûr que lui nous cherche, aussi loin que nous aient portés nos égarements. Dieu prend parti pour ses enfants même si ses enfants n’ont pas été au top. Dieu, chaque fois que vous l’avez blessé ou déçu, court pour se jeter à votre cou et vous couvrir du baiser de la miséricorde.

Prédication du père Louis Groslambert pour le vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Avant la 1ère lecture :

Notre maman nous a appris à dire merci. Eh bien, chaque dimanche, la messe consiste à dire à Dieu notre reconnaissance, notre merci. Nous avons mille raisons de dire merci à Dieu ; mais aujourd’hui, nous disons notre reconnaissance à Dieu parce qu’il pardonne tout à tous et, plus encore, parce que son pardon précède la conversion du pécheur.
On va relire l’épisode du veau d’or. Pourquoi était-ce un péché de faire le veau d’or ? Parce que, si on représente Dieu, ou si on l’imagine, on le réduit à ce qu’on comprend de lui, à ce qu’on aime dire de lui : on le réduit en le faisant à notre image. Parce que le peuple fait ce péché, Moïse prie pour ce peuple pécheur. Moïse qui n’a pas participé à la construction du veau d’or, qui est donc innocent, se solidarise avec les coupables et prie pour eux ; Moïse se comporte déjà comme Jésus qui se solidarise avec les pécheurs, mange avec eux, et prend sur lui leurs fautes. Et puis, quand implore le pardon, nous entendrons quel argument il avance : Moïse prie pour Dieu, pour que Dieu soit reconnu fidèle à ses promesses, bienveillant en toute circonstance, admirable de miséricorde. Dans la prière de Moïse, il y a déjà « que ton nom soit sanctifié ! »  

Avant la 2ème lecture :

Comme à chaque messe, nous rendons grâce à Dieu parce que nous sommes sûrs qu’il accueille les pécheurs en leur pardonnant. Écoutons comment Saint Paul s’est émerveillé du pardon qu’il a reçu de Dieu. Et notons cette phrase centrale : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs »


Après l’Évangile :

Nous sommes venus dire notre reconnaissance à Dieu. Eh bien, nous nous réjouissons grandement que Dieu soit aux cieux, c’est à dire qu’il ne soit pas comme nous tatillon, rancunier, à cheval sur son bon droit.

Comme les pharisiens, comme le fils aîné, beaucoup pensent que Dieu est du côté des purs. S’il vous plait, par fidélité à Jésus, ne croyez pas que Dieu ne peut pas se mêler aux pécheurs.. Jésus montre en effet que Dieu est très malheureux quand il voit que l’homme s’égare… plus malheureux qu’un berger qui a perdu une bête, qu’un étourdi qui a perdu ses clefs ou ses papiers… Dieu souffre tellement du malheur où s’enfoncent les pécheurs qu’il envoie son fils, comme disait saint Paul, pour sauver les pécheurs, déjà en se faisant proche d’eux, en mangeant avec eux, mais même en descendant lui-même dans les angoisses et dans la mort pour que les pécheurs en soient retirés. Alors, je vous en prie, croyez à ce Dieu là, qui se met en quatre pour les hommes, qui prend parti pour ses enfants même si ses enfants n’ont pas été au top, qui, chaque fois que vous l’avez blessé ou déçu, court pour se jeter à votre cou et vous couvrir du baiser de la miséricorde. Croyez à ce Dieu là et dites-lui un grand merci.

On peut penser que bien des gens ont tourné le dos à la foi parce qu’on leur a annoncé un Dieu qui n’aimerait que les purs ; on peut penser qu’on a favorisé l’athéisme en présentant la foi non pas comme une confiance mais comme un système culpabilisant où l’évangile n’est pas une bonne nouvelle. Sans doute, en revanche, bien des gens sont intéressés par l’annonce du Dieu miséricordieux, Dieu qui est comme ce père à qui on demandait « de tes nombreux enfants, lequel préfères-tu ? » et qui répondait : « celui que je préfère, c’est celui qui est malade, jusqu’à ce qu’il guérisse ; celui à qui je suis particulièrement attentif, c’est celui qui a un problème jusqu’à ce qu’il le résolve ».

Vous comprenez pourquoi à nos yeux le vrai visage de Dieu, c’est Jésus. Ceux qui croient en Dieu sans référence à Jésus (et sans se référer à lui par la messe hebdomadaire) courent le risque de se faire de Dieu l’image d’un super contrôleur… un faux dieu. Remercions Dieu de s’être révélé par Jésus.

Alors, Jésus définit sa mission en se comparant à un berger qui cherche sa brebis, à une femme qui cherche sa pièce. Jésus aujourd’hui passe son temps à nous chercher : « voudrais-tu bien être miséricordieux ? Accepterais-tu de te mettre au service des autres ? Imagines-tu la joie que tu aurais si tu pardonnais ? » Jésus nous cherche pour nous donner ses manières, parce que, tant que nous n’avons pas les manières de Jésus, nous sommes égarés sur un mauvais chemin. Comprenons bien : il n’est pas sûr que la brebis perdue cherche le berger : mais il est sûr que le berger cherche la brebis perdue ! Il n’est pas sûr que nous cherchions le Christ, (d’autant qu’il faut le chercher non pas là où l’on réussit, mais là où l’on est dépouillé), mais il est sûr que lui nous cherche, aussi loin que nous aient portés nos égarements.

Dernier mot encourageant : Saint Augustin écrit que Jésus lui a dit : « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé » Comme saint Augustin, nous flairons la piste de Jésus parce que le parfum de sa justice et de sa miséricorde nous a déjà mis en appétit.

Méditer avec l’émission Parole pour un dimanche sur RCF

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