Vingt-septième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 29 septembre 2026

Dans les textes de ce dimanche 4 octobre, se profile en arrière-fond l’éternelle question: pourquoi Jésus a-t-il été mis à mort ? Quelqu’un qui dit la vérité, avec sagesse et de manière juste, dérange. Pourtant Dieu attend patiemment que nous nous convertissions, et que nous produisions du bon fruit.

Homélie du père Louis Groslambert pour ce 27ème dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs, cette parabole décrit Dieu sous les traits d’un maitre de la vigne qui a une patience incroyable : pendant des millénaires, ses vignerons lui sabotent sa récolte ; il pleure mais ne prend aucune sanction : il se contente de plaider sa cause en envoyant des ambassadeurs sachant que les vignerons les assassineront. Prenons conscience que Dieu a des enfants terribles et qu’au lieu de les sanctionner, il a envoyé des prophètes que personne n’a écoutés…

Quelle patience, la patience de Dieu ! Prenons conscience que se joue toujours le même scénario : au lieu d’être féconds, artisans de justice et d’amour, nous ne portons pas de fruits ; Dieu nous envoie des prophètes que nous faisons taire… et il renvoie des prophètes dont il sait que nous les ferons taire. Plus encore, bien que ses enfants tuent les prophètes, Dieu les croit capables de respect et il leur garde une réelle confiance puisqu’il dit : « ils respecteront mon fils ». Il nous faut louer Dieu pour sa patience et la confiance qu’il nous garde. (Vous les parents, vous avez eu mille occasions d’être patients et espérants, comme Dieu !)

Seulement voilà, nous n’avons pas respecté le fils. Plusieurs fois, on m’a demandé : pourquoi Jésus a été mis à mort ? J’ai répondu en disant qu’entre l’homme juste tel que le concevaient les responsables du peuple juif et l’homme juste tel que le présentait Jésus, il y avait un abime ; en effet alors que les chefs du peuple disaient que l’homme est l’homme juste s’il offre des animaux en sacrifice et respecte 613 commandements, Jésus disait que l’homme est juste s’il s’offre lui-même en pratiquant l’amour mutuel, la fraternité, jusqu’à donner sa vie. On a fait taire Jésus parce qu’il dérangeait. Or tout homme qui dit à d’autres que leur conduite n’est pas bonne dérange tellement qu’il se fait jeter sans ménagement.

La parabole d’aujourd’hui dit que Jésus est mort parce que, comme les prophètes assassinés, il demandait la conversion. Je ne peux pas m’approcher du Christ sans entendre « convertis-toi » Pauvre humanité qui pense qu’elle vivra mieux si elle fait taire la voix de la sagesse, qui pense qu’elle aura des bases plus solides si elle éjecte la pierre angulaire, qui pense qu’elle boira une eau pure si elle obstrue la source ! Pauvre humanité où les ténèbres repoussent la lumière. Il faut nous convertir.
Pour chacun, la conversion consiste à retrouver sa vocation. Or la vocation de tout homme est de porter du fruit ; inversement, le péché c’est de se rendre stérile. Israël était comme une vigne bien soignée dont Dieu attendait de bons fruits.

Nous sommes, comme le peuple de la Bible, comme une vigne dont Dieu prend soin amoureusement. Dieu attendait d’Israël la fidélité et la miséricorde ; il attend des hommes de 2026 qu’ils produisent des fruits de fraternité : il se réjouit de dire à chacun « j’avais faim tu m’as donné à manger… », et il constate qu’il est obligé de dire « j’avais faim et tu ne m’as pas donné à manger ». Dieu constate que nous rejetons la Parole de la vie, Jésus-Christ.

Il constate que, voulant construire la vie familiale, la vie municipale, la vie en société, nous n’écoutons pas les prophètes qui plaident pour la justice, pour l’accueil du frère étranger, pour l’attention à celui qui peine, pour le respect de la création… Il constate que, rejetant les prophètes, nous supprimons celui qui a la Parole de vie, le Fils. Frères et sœurs, elle parle de nous, cette parabole qui annonce ce qui arrive quand chacun et quand les peuples ne portent pas les fruits que Dieu attend. Comme le peuple juif, l’Église de ce temps sera jugée et si elle n’écoute pas les appels à la fraternité et à la justice, si elle s’aligne sur les réflexes de la société matérialiste. Si au lieu de verser le vin dans les verres pour la fête, la société verse le sang, Dieu « louera sa vigne à d’autres vignerons ».

Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu en lui disant « tu as avec moi, avec nous, une patience bouleversante, merci ! Sans interruption tu envoies des prophètes, merci ! Tu maintiens ton projet d’amour universel, bien que ton peuple ne produise guère de bons fruits, merci ! Et puis, tu nous as convaincus que ton fils est la pierre d’angle, merci ! Et tu confies la richesse de la foi à des nouveaux, merci ! Dans tous les pays, il y a des gens qui produisent de bons fruits, merci ! »
Disons notre joie d’être la vigne de Dieu et ses modestes ouvriers !

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