Dans cet Évangile lu lors des célébrations du dimanche 27 septembre 2026, Jésus compare les déclarations et les gestes de deux fils invités à aller travailler à la vigne. Dire « Oui » à Dieu mais ne pas faire, ou dire « Non » mais se laisser convertir… Et puis, il y a le troisième Fils, le Christ, qui dit Oui et qui fait la volonté du Père.
Homélie du père Louis Groslambert pour ce 26ème dimanche du Temps Ordinaire
On pourrait dire que cet évangile enseigne que l’on peut changer et évoluer. Mais je pense que nous n’avions pas besoin de l’évangile pour constater qu’untel qui d’habitude est plein de douceur peut se montrer capable de blesser cruellement ; et donc que le juste n’est pas à l’abri de dévier. Et puis, sans l’évangile, nous avons constaté qu’untel réputé égoïste se montre un jour capable d’une belle disponibilité...
Nous l’avions constaté sans l’évangile, mais en décrivant Zachée le voleur en train de distribuer tous ses biens, Pierre le renégat prêt à être martyr, Paul le persécuteur devenant apôtre, et le larron professant la plus belle confiance, l’évangile dit que si un homme est transformable, c’est parce qu’il est travaillé par l’amour de Dieu. Dieu est à l’œuvre : voilà la bonne nouvelle, l’évangile ! Frères et sœurs, nous sommes tous pécheurs, mais notre situation n’est pas définitive, notre accès à la sainteté est et sera toujours possible parce que Dieu est à l’oeuvre. Après avoir dit « non », nous pouvons nous raviser et changer.
Alors, cette page des deux fils nous aide à comprendre le mystère du passage de l’Ancien au Nouveau Testament. Dans le fils qui dit oui et ne fait pas, on peut reconnaitre le peuple Juif qui avait dit « oui à Dieu » et qui a dit « non » à Jean Baptiste et à Jésus, les envoyés du Père ; dans le fils qui avait dit « non », on peut reconnaitre les publicains et les prostituées et à leur suite les païens convertis parce qu’ils ont reconnu l’amour qui leur était offert. Saint Matthieu plaide pour une Eglise qui dise « oui » au Père en accueillant des personnes en situation imparfaite ou irrégulière : l’amour de Dieu les transfigurera.
Cela nous intéresse et nous donne beaucoup d’espérance : les gens qui adorent les idoles modernes peuvent parvenir à tourner le dos à ces idoles. C’est d’ailleurs cette espérance qui nous fait dire « que ton règne vienne »
Mais, en parlant d’un fils qui dit « oui » à Dieu, saint Matthieu nous interroge : avons-nous dit « oui à Dieu » ? Et d’abord, savons-nous identifier les appels de Dieu ? Dans la parabole, l’ordre du maître était précis « va travailler à ma vigne ». Or, dans certaines situations, la feuille de route n’est pas aussi claire et nous disons même à Dieu « que veux-tu que je fasse ? ». Mais dans d’autres situations, la feuille de route est claire : « pardonne, partage, paie de ta personne, sois artisan de paix, fais comme le samaritain » ; et même si la lettre de mission est claire, avons-nous assez d’amour pour obéir à la volonté d’un autre et sommes-nous assez persévérants pour durer dans cette attitude d’obéissance ?
La parabole met en scène deux fils ; celui dit « oui » et ne fait rien ; et celui qui dit « non » et se repent. Mais la famille s’est agrandie d’un troisième fils. Tout l’évangile fait le portrait d’un troisième fils qui dit « oui » et qui, en tout, fait la volonté du père. C’est le Christ. Et pour aller à la vigne, il s’est abaissé, au plus bas. En nous aimant sans limite, le Christ nous fait savoir que Dieu nous dit un oui définitif. Saint Paul écrit que « en Christ Dieu nous a dit un oui définitif, il n’a été que « oui » (2 Co 1,18) Frères et sœurs, quand Jésus est venu dans notre monde compliqué pour y être Emmanuel, Dieu nous a dit « oui, je suis avec vous dans les complications de votre vie ! » Quand Jésus est entré librement dans la tragédie des tortures, Dieu nous a dit « oui, je suis avec vous dans vos situations de souffrance » Et quand Jésus est arrivé à la mort irréversible, nous avons compris que Dieu nous disait un ‘oui’ irréversible.
Célébrons l’alliance définitive, éternelle ! Et si nos oui à Dieu sont mal assurés, écrits sur le sable, réjouissons-nous, car le « oui de Dieu » est gravé sur le roc.
A Reppe avec les enfants
Les enfants, vous grandissez. Et vous vous apercevez que des enfants qui n’ont pas été sympa peuvent un jour devenir très sympa ; et vous vous apercevez que des enfants très sympa peuvent un jour faire quelque chose qui n’est pas sympa. On peut changer
Vous savez comme Zachée a changé… et comment Pierre a changé après avoir renié Jésus. Ils avaient eu un comportement honteux, et ayant rencontré Jésus, leur cœur s’est converti. Donc, notre Eglise doit accueillir des personnes qui ont été méchantes, parce que l’amour de Dieu les transfigurera. Cela nous intéresse et nous donne beaucoup d’espérance : C’est d’ailleurs cette espérance qui nous fait dire « que ton règne vienne »
Et vous y penserez quand vous serez à l’école ! Surtout ne dites pas « untel, on ne pourra jamais lui faire confiance » ; et ne dites pas plus « moi, on pourra toujours me faire confiance » (car il vous arrivera de faire du mal)
La parabole met en scène deux fils ; celui dit « oui » et ne fait rien ; et celui qui dit « non » et se repent. Mais tout l’évangile fait le portrait d’un troisième fils qui dit « oui » et qui, en tout, fait la volonté du père. C’est le Christ. Et pour obéir au Père, il s’est abaissé, au plus bas.
En résumé, Dieu nous demande de lui dire « oui », parce lui nous dit un oui définitif. « oui, je suis avec vous dans les complications de votre vie ! dans votre parcours scolaire, dans vos jeux, dans vos devoirs et dans vos peines » Quand Jésus est entré librement dans la tragédie des tortures, Dieu nous a dit « oui, je suis avec vous dans vos situations de souffrance » Et quand Jésus est arrivé à la mort irréversible, nous avons compris que Dieu nous disait un ‘oui’ irréversible.