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Publié le 19 juillet 2026

Je suis pour la peine de vivre !


N° 244 | 16 juillet 2026 – Je suis pour la peine de vivre !

C’est tout de même incroyable, cette manière que nous avons dans ce pays de cocher toutes les cases dès qu’il s’agit de “culture de mort” ! Le débat sur la fin de vie a pris un tour passionnel. Pour édulcorer la gravité du débat, une fois de plus, on a brouillé les cartes et inversé les sens (tout en anesthésiant nos sens !) : donner la mort à quelqu’un qui souffre, ce serait une preuve d’amour. Il ne s’agit plus de l’accompagner “jusqu’au bout” (sans qu’il soit question d’acharnement thérapeutique) – avec tout ce que cela suppose de présence, de patience, d’amour, d’abnégation – mais d’abréger sans délai ses souffrances. Dans une tribune cosignée par trois autorités morales, Jean-Marie Le Mené (Président de la Fondation Jérôme Lejeune) dénonce l’imposture : « donner la mort s’appellerait “prendre soin” ; abandonner se dirait “accompagner” ; le médecin qui guérit deviendrait celui qui injecte ; et l’interdit de tuer, socle de toute civilisation, se muerait en “ultime liberté” ».
Dans la perspective du respect de la dignité humaine face à la souffrance, la loi Clayes-Leonetti de 2016 renforçait le droit d’accès aux soins palliatifs, ce qui n’excluait pas le recours à la sédation profonde, mais dans un cas par cas qui respectait la déontologie médicale et la sensibilité raisonnée du patient et de son entourage. Et il n’était pas question de “suicide assisté”.
Il y a “nazi” dans euthanasie. Ce n’est pas seulement un hasard euphonique : euthanasie – État nazi. La diffusion du darwinisme social (survie des espèces) et de l’eugénisme (recherche d’une “élite” biologique) a servi de socle à l’idéologie nazie et à sa politique d’assassinat, avec des éléments de rhétorique étonnamment proches de ceux de nos députés : « accorder une mort miséricordieuse (Gnadentod) aux malades jugés incurables », révélant la volonté de détourner les idées morales chrétiennes d’amour et de compassion au profit de l’eugénisme. Ainsi, le vrai compassionnel devient celui qui tue ! Le terme « aide à mourir » n’est pas une avancée contemporaine : il a déjà été inventé par les nazis dans un projet de loi méconnu de 1940. L’Aktion T4, de sinistre mémoire, correspondait au programme d’extermination des personnes handicapées par le IIIe Reich, qui fit entre 200 000 et 300 000 morts pendant la Seconde Guerre mondiale.
Au moment où l’on est obnubilé par la fin de vie, qui se préoccupe de la faim de vie ? Face à la “culture de mort” qui hante ceux qui nous gouvernent, comment s’étonner du désenchantement contemporain, avec une courbe exponentielle du taux de mortalité par suicide, des burn-out banalisés et des services psychiatriques débordés ? Quand notre société mortifère,  de plus en plus fracturée et vouée à l’individualisme matérialiste, placera-t-elle au sommet de ses préoccupations les valeurs d’empathie et de compassion, l’épanouissement, la solidarité au profit des plus vulnérables, l’entraide, la cohésion d’un peuple heureux – sans se payer de mots avec le “vivre ensemble” ou le prétendu “lien social”, qui ne sont que mantras électoraux ?
Pays inintelligible qui a aboli la peine de mort pour les pire criminels, et qui l’autorise pour les plus vulnérables… 
Je suis pour la peine de vivre !

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