Vingt et unième dimanche du temps ordinaire
Les lectures de ce jour nous invitent à nous poser des questions sur la pratique de notre foi. De notre relation au Seigneur. Nous venons manger et boire en sa présence et nous mettre à l’écoute de son enseignement, mais qu’en faisons-nous ?
Le gardons-nous que pour nous-mêmes ou le communiquons-nous autour de nous ?
Cette question jalonne depuis toujours la vie en Église.
Dès ses débuts, l’importance des premiers disciples a été de se retrouver entre eux. Mais par la suite ils ont compris, que le Seigneur les envoyait « à l’orient et à l’occident, au nord comme au sud. »
C’est ce que nous appelons dans le jargon de l’Église le duo : communion et mission, ou mit aussi dans l’autre sens mission et communion.
Nos papes qui se succèdent mettent l’accent parfois différemment.
Le pape Saint Jean-Paul II en venait à mettre l’accent sur l’importance de la communion, des rassemblements eucharistiques au risque d’en négliger l’appel à aller dans la Paix du Christ et de vivre l’annonce de la Bonne Nouvelle qui nous fait devenir et demeurer chrétien.
Un de ses successeur, le pape François jusqu’au bout a plutôt mis l’accent sur la mission. Dès les débuts de son pontificat, il nous a appelé à aller « aux périphéries. » Jusque dans « les îles lointaines, les nations les plus éloignées » pour reprendre le prophète Isaïe. Mettant ainsi l’accent sur la mission, avant de voir, la communion comme un aboutissement logique de ce retour en mission.
Venir se ressourcer auprès de notre Seigneur en vivant en Église dans un rassemblement formant notre assemblée, c’est un élément qui nous aide à vivre personnellement notre foi, notre lien avec notre Seigneur.
Cela nous est nécessaire pour garder confiance en Celui qui nous ouvre la porte.
Mais il est aussi de notre devoir de vivre cela dans tout le reste de notre vie.
Comme nous l’entendions à une époque : « Il ne suffit pas d’aller à la messe ».
Même si cela n’est plus vraiment dit, cela reste d’actualité.
C’est pourquoi la liturgie nous donne encore d’entendre ce verset extrait du psaume six : « Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice ». Vivre la communion nous demande de vivre la mission, jusque dans ce qui fait notre vie de tous les jours.
Pas uniquement lors d’une liturgie à célébrer, qu’elle soit eucharistique ou pas !
L’évangéliste Saint Luc, ne nous demande pas seulement de vivre en présence de notre Seigneur, mais bien davantage.
Que faisons-nous de cette relation que nous avons avec notre Seigneur ?
Manger, boire, écouter son enseignement, c’est un début. Un bon début, mais cela nous appelle à sortir de cette relation uniquement personnelle avec notre Seigneur, pour vivre cela dans un lien vrai et fort avec nos frères et sœurs.
Nous risquer sur le terrain de la mission. Car notre Seigneur tient « à rassembler toutes les nations, de toute langue ». Un appel à croire que nous ne nous rassemblons pas pour nous-mêmes, mais bien pour l’humanité tout entière.
Là est, je crois, notre mission première.