Premier dimanche de Carême
Et voici que Jésus est conduit par l’Esprit pour être tenté par le diable : au désert.
Pourquoi l’Esprit conduit-il Jésus au désert, dans un endroit sans repères ?
Lieu où il est difficile de se diriger. Pas de véritable sentier, chemin balisé comme dans nos forêts. Impossible de se fier à une dune qui quelques heures après a disparu.
Car nous en faisons tous à un moment ou à un autre l’expérience, lorsque nous sommes dans un endroit inconnu, comme il nous est parfois dure de trouver notre chemin, même fléché. Comme ce fut mon cas mardi lors d’une visite auprès d’un malade de notre paroisse en réanimation et soin intensif à l’HNFC de Trévenans.
Dans un endroit qui peut nous paraître hostile ou au moins bien différent que nos lieux habituels, nous pouvons être déstabilisés. Et Jésus se trouve dans cette situation-là. Il ne perd pas pour autant son sang-froid, il reste bien lucide et pleinement conscient de ce qu’il doit répondre, à celui qui porte le nom de diable, diabolos : diviseur ! Jésus répond du tac au tac aux diverses remarques du diable, même « après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits », symbole des quarante ans du peuple hébreux au désert. Symbole que Dieu par son Fils Jésus nous rejoint dans les déserts de notre vie. Lieu où nous perdons pour un instant pied. C’est ce que je l’évoquerai mercredi soir lors de la visioconférence qui se tiendra de 19h00 à 20h30 à la maison de la paroisse.
Dans ce pays de l’hémisphère sud qui est le Paraguay : pays frontalier au Brésil, à l’Argentine, à la Bolivie, à l’Uruguay. C’était une terre inconnue à mes yeux et culture bien différente de la nôtre. Lieu où je perdais avec mes compagnons de voyage d’immersion dans ce pays, à la rencontre d’associations soutenues par le CCFD Terre Solidaire, mes repères.
Il nous a fallu un temps d’adaptation, nous n’étions pas comme Jésus, faisant face avec efficacité et rapidité à la situation et face au diable.
Juste une anecdote sans véritable conséquence, mais qui en dit long, sur notre besoin de temps pour comprendre les éléments de notre vie qui nous entourent.
Je n’ai pas eu quarante jours et quarante nuits pour le faire, car ce voyage dans cette terre inconnue n’a duré qu’une petite quinzaine de jours. Nous étions dans un village en construction à la rencontre de ses habitants. Le soleil comme en ces jours d’hiver, car c’était au mois de juillet, mois d’hiver au Paraguay, le soleil était piquant, comme il nous arrive parfois de le dire. Avec d’autres personnes, nous l’avons de face. Gardant mes références de l’hémisphère nord, je croyais être bientôt à l’ombre d’un arbre et ainsi protégé des rayons qui m’aveuglaient quelque peu.
A ma grande surprise, le soleil tourna bien, mais à l’inverse de ce que je pensais, j’en avais oublié le lieu où je me trouvais. Je me trouvai donc toujours en plein soleil, l’arbre était bien là, mais en aucun cas il ne venait à mon secours !
Anecdote, sans véritable répercussion, mais qui en dit long sur ce qui peut arriver lorsque nous y perdons nos repères.
En ce début de Carême, nous voici avertis. Nous savons vers qui nous tourner.
Auprès de Celui qui même après avoir été « conduit au désert… avoir jeûné », garde toute sa capacité pour affronter l’adversité.
Prenons appui sur Lui, sur Jésus Christ, le Fils de Dieu le Père que nous prions ainsi : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. »