« Je peux compter sur les membres de l’EAP et une équipe dynamique des paroissiens »

Père Gérard Tsogbé, curé à l’Isle-sur-le-Doubs
Père Gérard Tsogbé, originaire du Togo, est curé, depuis septembre 2024, de la paroisse Sainte-Bernadette où une hausse significative du Denier a été enregistrée en 2025. Nous l’avons rencontré pour parler de la mission et du sens pastoral du don.
Père Gérard, quelles priorités vous êtes-vous données dans votre mission ? Qu’est-ce qui anime votre sacerdoce ?
Parmi les charismes que donne le Seigneur, j’ai reçu celui d’un contact très fraternel avec les personnes. Aussi, dans mon sacerdoce à la suite du Christ, j’essaie de mettre en valeur les liens humains que Jésus cultivait avec les gens, son goût des rencontres. J’ai commencé ma mission à l’Isle-sur-le-Doubs en me rendant à des repas des anciens de plusieurs communes de mes paroisses. J’ai voulu y aller, non pas en tant que « clerc », mais pour discuter librement avec les gens, les connaître, les écouter et même danser avec les grands-mères, lorsque j’y suis invité ! Cela marque et déconstruit l’image d’un prêtre inaccessible. Ces repas m’ont valu plusieurs belles amitiés, même avec des personnes non-pratiquantes.
En parallèle, j’ai demandé aux paroissiens de m’aider à entrer en lien avec des personnes qui ne viennent plus à la messe pour des raisons d’âge et de santé. Je suis allé leur porter la communion. C’étaient certains d’entre eux, qui, voyant mon attention, m’ont parlé des enveloppes du Denier. De même, des personnes qui viennent aux enterrements, parfois des non-pratiquants, souhaitent contribuer au Denier car elles ont reçu une espérance.
Comment sensibilisez-vous les plus jeunes à la question du Denier ?
Là aussi, c’est cette même « pastorale de contact » qui est en jeu. Je leur dis combien l’Église a besoin d’eux en leur parlant du Denier. J’accompagne personnellement les familles qui demandent le baptême pour leurs enfants et les couples qui se marient. L’accompagnement est très riche – il n’y a pas de barrières entre nous, nous parlons de tout. Vu le lien qui s’établit, je peux librement leur dire que l’Église a besoin d’eux pour vivre, pour payer ses prêtres. Certains me questionnent d’eux-mêmes : de quoi vis-tu ?
Y a-t-il eu des initiatives qui ont permis de faire augmenter le Denier ?
Toutes les initiatives qui rapprochent le diocèse des paroissiens sont importantes. Dans mes homélies, j’explique le rôle du diocèse dans la vie d’une paroisse et j’insiste sur le soutien que les paroissiens ont à apporter à l’Église diocésaine pour que tous les prêtres reçoivent un traitement. Je compare le Denier à l’entraide que nous pouvons avoir au sein de nos familles. J’ai pu compter aussi sur les membres de l’EAP avec quelques paroissiens qui ont formé une équipe dynamique pour une distribution élargie des enveloppes. Ils ont beaucoup œuvré !
L’année dernière, nous avons eu la chance d’accueillir dans notre doyenné la fête du diocèse. Ce fut un moment qui a aidé à faire grandir la conscience diocésaine. J’y ai invité en particulier les jeunes de tous les groupes. La marche festive du doyenné organisée à Lomont pour la première fois en septembre dernier, pour lancer l’année pastorale, a rendu la réalité du doyenné plus tangible à tous. Cette démarche a fait aussi grandir un esprit de famille. En septembre 2026, nous poursuivrons du côté de l’Isle-sur-le-Doubs, entre Étrappe et Geney.