Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

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Publié le 21 juillet 2026

« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés » (Mt 14, 13-21)

Le récit de la foule affamée se poursuit par le constat de la pauvreté : « nous n’avons que cinq pains et deux poissons » à quoi Jésus répond : « apportez-les-moi » ! Nous comprenons que notre profession de foi n’est vraie que si nous donnons à Jésus le peu que nous avons. Évidemment notre « peu » n’est pas capable de résoudre tous les problèmes de l’humanité, de même que les 5 pains semblaient ridiculement insuffisants pour 5000 personnes. Or, « le peu » mis à la disposition de Jésus a suffi ; si chacun met au service du royaume de l’amour son peu de savoir, son peu de temps, Jésus saura en faire la solution pour beaucoup.

Prédication du père Louis Groslambert pour le dix-huitième dimanche du temps ordinaire

Nous sommes en relation avec Jésus ; à tout moment, il nous demande « m’aimes-tu ? ». À cette question, Pierre a répondu : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais ». Et moi, qu’est-ce que je réponds ? Pour affiner notre réponse, il nous faut reprendre l’histoire que raconte saint Matthieu.

Saint Matthieu raconte que les foules ont fait des kilomètres à pied à la recherche de Jésus ; personne n’avait prévu que pour trouver Jésus, il fallait marcher et s’enfoncer dans un endroit désert où il n’y a aucune ressource humaine. Notez cet enseignement essentiel pour nous : nous pouvons trouver Jésus et lui dire « je t’aime » seulement si nous lui disons ‘je te cherche et je te cherche… « toi seul as les paroles de la vie éternelle ».

Ensuite, ces foules n’avaient pas pris la précaution d’emporter des provisions tant leur désir de trouver Jésus s’était imposé comme une urgence ; alors qu’elles étaient comme piégées par l’attrait que Jésus exerçait sur elles, elles ne pouvaient sortir de ce piège que par Jésus. Comme le jour où par obéissance à Jésus, les apôtres sont partis sur le lac ; ils ont été pris au piège de la tempête, ils ne pouvaient survivre à la tempête que par Jésus, c’est pourquoi ils ont crié « sauve-nous ». Notons donc que l’obéissance aux appels de Jésus, aux appels de l’amour, peut nous mettre pas dans des pièges mais dans des situations difficiles. Nous disons à Jésus « je t’aime » si nous lui disons « je suis sûr que dans toutes nos difficultés, ta grâce ne nous manquera pas ; tu es le seul qui puisse nous offrir une issue ». Et c’est vrai : seul l’amour ouvre un passage là où la violence ou la jalousie ont dressé des murs.

Saint Paul a même écrit que « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ » Si nous repassons le film de notre vie, nous apparaissent des moments où nous étions prêts à vaciller et même où nous sommes tombés. Or le Seigneur a continué de nous soutenir. A Jésus qui demande « m’aimes-tu ? » je peux répondre ‘Tu sais bien que je t’aime » puisque je te suis reconnaissant de m’avoir relevé mille fois.

Le récit de la foule affamée se poursuit par le constat de la pauvreté : « nous n’avons que cinq pains et deux poissons » à quoi Jésus répond : « apportez-les-moi » ! Nous comprenons que notre profession de foi « je t’aime » n’est vraie que si nous donnons à Jésus le peu que nous avons. Évidemment notre peu de savoir, notre peu de pouvoir semble ne pas être capable de résoudre tous les problèmes de l’humanité, de même que les 5 pains semblaient ridiculement insuffisants pour 5000 personnes. Or, le peu mis à la disposition de Jésus a suffi ; si chacun met au service du royaume de l’amour son peu de savoir, son peu de temps, Jésus saura en faire la solution pour beaucoup. Quand le Christ me demande « m’aimes-tu ? » puis-je répondre « je t’aime » si je ne mets pas ma vie à sa disposition ?

Le prophète Isaïe qui nous a parlé dans la 1ère lecture, nous suggère aussi un critère pour répondre à la question : ‘m’aimes-tu ?’ Il disait « vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ; même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas ? » Il a raison de dire que le Christ nous a donné toute sa sagesse, tout son pardon, toute son espérance sans rien nous demander en contrepartie. Il a donné sa vie, il a décidé de mourir plutôt que de nous abandonner à notre vie sans but. Vraiment nous avons reçu gratuitement, et cela nous conduit à rendre grâce. Une personne peut dire qu’elle aime le Christ si elle vit dans l’action de grâce pour tout ce qu’elle a reçu gratuitement, sans contrepartie. Cette action de grâce exclut évidemment qu’elle marchande avec le Christ en lui disant « récompense-moi ; vois mes mérites ». La personne qui ferait des actes d’amour pour recevoir une récompense serait intéressée et ne ferait pas vraiment des actes d’amour.

M’aimes-tu ? Puissions-nous, durant cette messe en particulier, répondre : Oui je t’aime puisque je te cherche et que je n’ai que toi ; je t’aime parce que j’ai testé que ta grâce ne me manquera pas ; je t’aime parce que je te suis reconnaissant pour tous tes dons ; je t’aime puisque je mets à ta disposition ma vie, mon savoir, mon temps… je t’aime puisque je n’attends pas d’autre récompense que celle de savoir que je fais ta sainte volonté.

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