Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

Actualités

Publié le 23 août 2023

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus demande à chacun « qui suis-je pour toi » ? Comment ta vie est-elle colorée, charpentée, modifiée… par le fait que tu me connais ? Et une réponse impersonnelle est exclue. Il faut répondre en disant « je », en parlant de nous-mêmes.

Prédication du père Louis Groslambert pour le vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

A chacun de nous, comme aux disciples, Jésus demande : « Pour toi, qui suis-je ? Que dis-tu de moi ? » Attention, Jésus ne demande pas « qui suis-je ? » Donc il ne faut pas répondre en citant GOOGLE. Si je dis, selon mon dictionnaire Larousse : « Jésus, tu es le fondateur du christianisme », je fais comprendre que ma relation avec Jésus est aussi distante et impersonnelle que ma relation avec Jules César ou Ramsès. Jésus demande : « qui suis-je pour toi ? » Ce qui signifie : « qu’est-ce qui est changé dans ta vie depuis que tu me connais ? Qu’est-ce qui est changé dans ta vie à cause de moi ? ». Même les mots du catéchisme ne suffisent pas à répondre, car si je dis « Jésus est fils de Dieu, Jésus est sauveur », je ne dis pas ce que ça apporte à mon espérance personnelle ou à ma vie en société. Je reviendrai bientôt sur les mots du catéchisme.

Frères et sœurs, Jésus demande à chacun « qui suis-je pour toi ? Comment ta vie est-elle colorée, charpentée, modifiée… par le fait que tu me connais ? Et une réponse impersonnelle est exclue. Il faut répondre en disant « je », en parlant de nous-mêmes.

Que répondrais-je, moi ? Je peux répondre ceci : Jésus, je t’admire parce que tu es libre face aux pouvoirs des hommes, face aux règlements des hommes, face aux peurs des hommes, face au succès, face aux échecs… Par toi, j’apprends à être davantage libre face aux pressions, face aux rancunes, aux échecs. Je répondrais aussi : Jésus, tu es pour moi l’amour fidèle : je contemple ta croix et je vois que pour aimer à ce point, -aimer des hommes peu aimables – tu as une fidélité extraordinaire : du coup, je sais que ton amour me sera absolument fidèle et que je peux regarder l’avenir avec espérance. Je répondrais aussi : Tu es extraordinaire, car tu es le seul qui regarde chacun avec miséricorde ; c’est pourquoi ta manière d’être en relation est la seule manière de construire la paix, et la justice, etc… Moi, j’ai répondu en disant « je ». Et vous, frères et sœurs, que diriez-vous quand Jésus vous demande « pour vous, qui suis-je ? »

Frères et sœurs, quand Jésus vous pose-t-il sa question ? A tout moment de la vie. Si des personnes tiennent des propos racistes, Jésus nous interroge : « il y a des racistes ; mais toi, me tiens-tu pour le frère universel ? » Si se présente une situation injuste, Jésus nous demande : « il y a de l’injustice ; mais toi, veux-tu être comme moi, assoiffé de justice ? » Des personnes sont-elles cataloguées, condamnées ? Jésus nous questionne : « ils sont sans miséricorde ; mais toi, veux-tu pratiquer ma miséricorde ? » Bref, chaque jour, le Christ nous dit « Par bien des aspects la société est inhumaine ; mais parce que tu me connais, me prends-tu pour celui sur qui on peut construire des relations saines et une société humaine ? ». Toute situation conduit à préciser qui est Jésus pour nous.

Je reviens sur les mots du catéchisme. Ils sont précieux ; mais il faut les expliciter, les casser comme on casse une noisette pour accéder à l’intérieur. D’abord le catéchisme dit que Jésus est vrai homme, le vrai homme. Cela revient à dire qu’il a réussi sa vie d’homme, que son invitation à accueillir, à partager, à pardonner… fait grandir en humanité, qu’il me donne le goût de m’élever au-dessus des vaines idoles (la plus redoutable des idoles étant le « moi »), que le don qu’il a fait de lui est un sommet d’humanité… Bref, quand le catéchisme dit « Jésus est vrai homme », cette expression me fait comprendre qu’il est l’homme tel que je me sens appelé à être homme, l’homme qu’il serait urgent d’imiter en tournant le dos à tous les péchés qui dévalorisent la noblesse humaine.

Le catéchisme dit aussi que Jésus est vrai Dieu. Cela revient à dire qu’il a manifesté l’amour sans limite … qu’il libère de tout ce qui emprisonne comme Dieu avait libéré d’Égypte, … et puis qu’il n’est pas un être du passé mais qu’il est vivant aujourd’hui, qu’étant vivant, il est actif et que son activité, c’est d’être créateur de vie comme Dieu le Père, de donner à chacun sa force de vie, sa résurrection, comme Dieu le Père. Saint Paul dit « tout est de lui, tout est pour lui, tout est en lui ». Tout est de lui, car s’il y a des hommes c’est parce que le Christ a voulu que la multitude bénéficie de l’amour du Père autant que lui ; « tout est pour lui », car il ouvre les bras pour tout rassembler dans son amour ; « tout est en lui » car il saisit l’humanité dans sa fidélité et son amour. Frères et sœurs, nous avons la chance d’être baptisés – plongés dans le Christ. Qui est-il pour nous ? Celui qui nous baigne de son amour. A lui la gloire pour les siècles.

Rejoignez-nous

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque semaine toute l'actualité catholique en Nord Franche-Comté

Je recherche