Jour de Pâques
Quoi de plus terrible face à la mort de ne plus avoir de corps.
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » vient à dire Marie-Madeleine à Simon-Pierre et à Jean !
En effet, face à la mort, tout corps disparu est une tragédie qui s’ajoute au départ d’un être cher. Et c’est ce que subit de plein fouet notre sœur Marie-Madeleine.
Elle ne peut garder cette double peine, elle se doit de la dire et c’est ce qu’elle fait envers deux disciples de la première heure : Simon-Pierre et Jean.
Le corps disparu de Jésus le Seigneur, entraîne une course effrénée, jusqu’au tombeau. Hormis les linges et le suaire tout bien rangés à leur place, c’est le vide, l’absence. Plus de corps, le Seigneur Jésus n’est plus à chercher dans ce tombeau. Qui de nous pourrait entrer dans cette démarche ?
Ne plus chercher, ne plus aller et venir.
La course va prendre une autre direction, Loin du lieu de la mort, loin du tombeau, mais sur les chemins de Césarée et de toute la Palestine, puis du bassin méditerranéen.
Heureusement pour les premiers disciples, comme nous l’entendrons au cours de ce temps pascal, Jésus va se rendre présent à leur côté. Il va leur apparaître.
Son corps n’est plus dans le tombeau, dans le séjour des morts, dans le cimetière, lieu où sont endormis dans la mort celles et ceux qui reposent dans la Paix de Dieu. Non, Jésus est sur les chemins de notre vie de chaque jour, comme Il l’a promis à ses disciples :
« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
D’une tragédie atroce va naître une espérance nouvelle.
Dans le vide, l’absence va se révéler la Présence de Dieu à nos côtés.
Étrange situation où Dieu prendre distance avec son humanité, comme pour mieux y être présent en son sein !
Il n’y a rien à voir au départ, et pourtant l’apôtre Jean dans ce tombeau vide vient à voir et à croire : « Il vit, et il crut. »
Il vit que Celui qu’il cherche n’est plus dans les ténèbres et l’obscurité d’une vie inerte. Il vient à comprendre et à croire les paroles de Jésus le Seigneur.
Elles viennent à en prendre corps en lui.
En effet, « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »
Il fallait que Jésus entre dans cette Résurrection offerte par Dieu le Père, pour à son tour nous entraîner en ce chemin, loin du tombeau, là où jaillie la vie. Celle annoncée par Jésus Lui-même :
« Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
La pierre a bien été enlevée du tombeau. En effet Jésus n’est plus à chercher là où séjourne les morts. Il est Vivant, il est Ressuscité, il est la Vie.
Qu’il en soit ainsi pour chacune et chacun de nous en ce tout début de temps Pascal.