Samedi Saint Veille Pascale
Alors que plus de 50 % de personnes de notre pays se déclarent sans appartenance religieuse, nous nous rassemblons ce soir dans cette église au nom de notre foi en ce Jésus crucifié mais ressuscité.
Cela peut paraître pour bien de nos contemporains une folie comme le souligne l’apôtre Saint Paul dans certaines de ses lettres adressées à plusieurs de ses communautés de croyants en Jésus-Christ.
Oui, cela peut paraître fou aux yeux de bien des gens.
Se rassembler le soir dans la nuit pour célébrer son Seigneur, un Seigneur ressuscité d’entre les morts.
Impensable, inconcevable pour bien de ceux et celles que nous côtoyons quotidiennement. Et pourtant, vous êtes venus répondre à cet appel de notre Dieu. Vous êtes venus autour du feu nouveau, affirmer avec foi et ferveur que la nuit de la mort ne l’emportera pas. Le Vivant, rendu visible en Galilée auprès de ses premiers disciples, n’est plus visible à l’œil nu. Même avec de bonne jumelle ou un très bon microscope. Dieu n’est pas visible dans notre champ de vision.
Mais nous le croyons, Il est là présent ce soir au milieu de nous.
Il vient encore nous réunir autour de Lui.
Il nous invite à l’image de ces femmes près du sépulcre.
Il nous invite à sortir de notre crainte, de notre peur, de notre timidité, pour entrer dans cette joie qui fait de nous avec notre Seigneur, des Vivants.
Il vient nous précéder sur nos chemins, ce ne sont pas ici ceux de Galilée.
Mais Il vient nous ouvrir à une perspective nouvelle.
La nuit est bien là, mais Jésus le crucifié ressuscité nous appelle à vivre en sa Lumière : « Je suis la Lumière du monde. » Cette Lumière que nous accueillons non seulement par ce cierge Pascal ou nos petits cierges, mais aussi par le Christ vivant en chacune et chacun de nous.
Nous avons toutes et tous cette responsabilité d’être lumière pour nos frères et sœurs.
Lumière du monde, Lumière du Dieu Vivant en nous et au milieu de nous.
Oui nous avons cette lourde charge à faire comme ses femmes de la première heure, à aller dire à celles et ceux qui font notre vie, que « Jésus est ressuscité d’entre les morts. » Et sa Résurrection préfigure déjà la nôtre. En cette nuit pascale, où nous célébrons ce passage de la mort à la vie de notre Seigneur Jésus, c’est aussi notre propre passage que nous célébrons. Nous voici appeler à entrer dans cette démarche de nous mettre à la suite du Ressuscité, pour ne pas en rester au séjour des morts, auprès du tombeau de Celui qui « n’est pas ici, car Il est ressuscité. »
Entrons dans ce temps pascal en redressant la tête, fiers d’être disciples du Christ et dans la Joie de vivre en Lui, dès maintenant et pour l’Éternité.